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Kédougou : Lancement du projet de soutien contre l’abandon scolaire des jeunes filles

L’APECEK s’engage sur le terrain de la communication pour le changement de comportements.

A Kédougou, l’éducation des filles reste encore compromise par différents facteurs dont le niveau de pauvreté de certaines familles et les mauvaises pratiques culturelles (mariages précoces). Cette situation est souvent à l’origine de cas de grossesses précoces constatées chez bon nombre de filles qui finissent par abandonner l’école.


Rédigé par leral.net le Lundi 11 Novembre 2013 à 13:18 | | 2 commentaire(s)|

Kédougou : Lancement du projet de soutien contre l’abandon scolaire des jeunes filles
C’est dans ce cadre que l’Association pour la Promotion de l’Education la Culture et les Echanges avec Kédougou(APECEK) a décroché un projet de soutien contre l’abandon scolaire des jeunes filles au collège1 de Kédougou commune.

Une étude réalisée par Enda Graf, bras technique d’APECEK pour apprécier le phénomène d’abandon scolaire des filles dans le collège 1 de Kédougou commune a révélé les résultats suivants :

« De 2010 à 2012 234 filles sur 323 apprenantes étaient concernées par le phénomène d’abandon scolaire des filles soit 72.5% .Les principales causes d’abandon scolaire des filles sont les mariages précoces35,8% ,les grossesses( 31,7%,la pauvreté des parents(15,5%) et les travaux domestiques(3,9%) .Les filles des quartiers Dinguessou (17,3%), Mosquée (17,3%) et Dalaba (12,2%) sont les plus affectées. Sur 323 apprenantes, 187 risquent d’abandonner le collège soit 57,9%. »

Les principales solutions préconisées par les enquêtées portent sur la sensibilisation des élèves, des parents d’élèves et de la communauté, le soutien aux parents, l’organisation de cours de renforcement, la lutte contre les mariages et grossesses précoces, l’allégement des travaux domestiques.

Pour exécuter cet important projet, APECEK /France a porté son choix sur un comité de pilotage local composé des membres d’APECEK Kédougou, des professeurs du collège 1 de Kédougou commune et des représentants de la communauté issus des quartiers de provenance des filles ciblées.

Un atelier de partage

abandon scolaire kédougou 2Dans le souci de favoriser une bonne appropriation de ce projet par les différents acteurs, APECEK Kédougou a mobilisé l’ensemble des membres du comité de pilotage dans un atelier de partage. Cela a permis à chaque participant d’avoir des informations sur les points saillants du projet.

« Le projet va soutenir 20 jeunes filles (10 qui ont déjà abandonné l’école et 10 qui risquent d’abandonner). Ce soutien se matérialisera par des cours de soutien et des bourses aux bénéficiaires. Les 10 filles qui sont hors du système seront encadrées et réintégrées dans le système ou orientées vers des filières qu’elles voudraient suivre (couture, hôtellerie, coiffure…) » a précisé M Mamoudou Oumar Guèye, inspecteur de l’Education par ailleurs président de l’APECEK Kédougou.

Les participants ont cette occasion pour magnifier à sa juste valeur cette initiative de l’APECEK.

« Nous saluons APECEK qui fournit de gros efforts pour développer l’Education dans la région de Kédougou. Nous accueillons ce projet à bras ouverts. Nous allons soutenir ce projet et encourager les élèves qui voudront étudier » a laissé entendre M Diéry Dembélé le délégué de quartier Mosquée.

Une large fenêtre a été ouverte sur certains comportements qui handicapent la scolarisation des filles dans la commune de Kédougou en particulier.

Le manque d’éducation de base

abandon scolaire kédougou uneA Kédougou, beaucoup de parents d’élèves ne reconnaissent plus leurs enfants à travers des comportements qu’ils adoptent.

« Les fils des riches ne sont jamais gâtés. Nous les pauvres, nos enfants sont souvent gâtés. Il y a manque d’éducation de base chez nous les pauvres » a précisé M Dembélé.

La pauvreté crée souvent un fossé entre les membres d’une même famille. Il n’y a plus de communication entre père et fils mère et fille. Les enfants sont laissés à eux- mêmes.

Le déficit de communication entre parents et enfants

Il y a une certaine fuite de responsabilité de certains parents qui n’ont plus le temps de contrôler ce que font leurs enfants.

« . L’entourage aussi a un rôle à jouer dans le sens de la conscientisation des filles. Autrefois l’éduction de la fille était dévolue à chaque membre de la communauté, maintenant la société est devenue individualiste, personne n’ose pas dire mot à l’enfant d’autrui. Nous devrons retourner à nos valeurs traditionnelles et religieuses. » a laissé entendre Mme Bintou Founé Danfakha.

L’action des médias anéantit une bonne partie des efforts consentis par les parents dans l’éducation des enfants qui n’ont de références que les acteurs des films vus à la télé.

L’influence des médias

« C’est grave, les enfants ne cachent plus leurs corps parce qu’ils copient tout sur la télé. Certaines jeunes filles s’habillent correctement en sortant de chez leurs parents. Une fois dans la rue, elles sont nues. Nous devrons agir contre ces téléfilms qui modifient les comportements de nos enfants. L’Etat doit nous soutenir dans ce combat pour faire respecter cette réglementation selon nos religions » a préconisé M Mahmoud Diallo, religieux.

Dans sa mise en œuvre ce projet de soutien contre l’abandon scolaire des jeunes filles au collège 1 de Kédougou commune va s’attaquer à tous ces problèmes évoqués à travers des activités de communication pour le changement de comportements .il appartiendra à tous les acteurs de s’impliquer activement dans la résolution des différents problèmes soulevés.

Adama Diaby Kédougou xibaaru.com






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