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Kenya - Elle est bannie pour avoir accouché six fois de jumeaux

le 18 Juin 2012 à 12:30 | Lu 703 fois

Sa vie est un véritable chemin de croix. Et son calvaire, c'est le quotidien kényan Daily Nation qui le raconte, dans un article publié le 18 juin.


Kenya - Elle est bannie pour avoir accouché six fois de jumeaux
Tout commence alors que Gladys Bulinya est encore jeune. Elle donne naissance à ses premiers jumeaux, qu'elle a eus avec un lycéen. Or, a Baengele, à l'ouest du Kenya, d'où elle est originaire, les jumeaux sont porteurs de malchance, et il faut des rites de purification pour briser le mauvais sort. Mais Gladys est chrétienne, et refuse de se livrer à ces rites, dont un consiste à se faire uriner dessus par un mouton.

Ses parents ne veulent pas accueillir les nourissons, et c'est le père des jumeaux qui prend leur garde.

«Ils ont aujourd'hui 19 ans et étudient à l'université», raconte le quotidien.

Peu après, Gladys vit une nouvelle histoire avec un autre homme, dont elle obtient une nouvelle fois des jumeaux. Ce dernier prend le maquis, aussitôt qu'il apprend la nouvelle.

Pour trouver une issue honorable, les parents de Gladys, qui ne veulent toujours pas accueillir de jumeaux, décident de la marier à un homme de vingt ans plus agé qu'elle et avec qui elle donne rapidement naissance... à un nouvelle paire de jumeaux, puis à une autre encore.

Mais ce n'est pas tout:

«Après confirmation par des tests, mes pires craintes étaient confirmées: j'étais encore enceinte... de jumeaux. Nous avons discuté avec mon mari, et avons décidé de mettre fin à la grossesse», raconte-t-elle à Daily Nation.

Pour payer l'opération, Gladys doit vendre les terres dont elle est propriétaire, et c'est le mari qui est en charge de la transaction. Comme un malheur n'arrive jamais seul, l'époux prend la poudre d'escampette, sitôt que l'argent est dans ses poches. Et Gladys se retrouve seule avec fratrie à charge, et seulement des petits boulots pour les nourrir.

«J'étais malade et faible, et il n'y avait personne pour m'aider. Les factures s'accumulaient», se souvient-elle.

Jusqu'à ce qu'un «bon samaritain» s'aperçoive de cette femme, qu'il fait suivre. Il découvre les conditions dans lesquelle elle survit avec ses enfants, fait prendre des photos, et les poste sur Internet.

L'Eglise s'empare de l'affaire, et accueille Gladys et ses enfants dans un orphelinat, où elle subvient à ses besoins grâce aux aides qui affluent pour cette femme, dont l'histoire touche beaucoup de monde.

L'accueil doit au départ être de courte durée, puisqu'un Américain a même proposé de racheter sa propriété pour qu'elle puisse y vivre à nouveau. Mais de nombreuses personnes de son village d'origine s'y opposent, «jaloux de la nouvelle vie qu'elle aurait vécu».

L'Américain disparaît, et Gladys vit toujours dans cet orphelinat, depuis des mois maintenant, en attendant que la chance la rattrappe.

Lu sur Daily Nation