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Kouthia s’empare de l’audimat

Sans conteste Kouthia a imposé son style. Le comédien est devenu incontournable dans le paysage médiatique sénégalais et il ne cesse de progresser. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, ses ambitions et sa manière de travailler. Voyage dans l’univers caustique d’un humoriste qui n’arrive pas encore à se prendre trop au sérieux…


Rédigé par leral.net le Vendredi 4 Juin 2010 à 16:08 | | 6 commentaire(s)|

Kouthia s’empare de l’audimat
Présentez-vous à nos lecteurs.
Je m’appelle Samba Sine, mais on m’appelle Koutia depuis l’âge de 14 ans. Cependant mon véritable nom qui se trouve sur mes papiers d’identité, c’est Samba Sine.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la comédie ?
Je dois dire que j’ai attrapé le virus depuis ma tendre enfance. J’étais souvent en compagnie de mes grands frères qui aimaient raconter des blagues et je prenais bonne note. Par la suite, j’ai fréquenté les troupes des Asc comme Mom Sa Réw. J’avais aussi des grands frères qui étaient membres de la célèbre troupe théâtrale Unapes de l’Université Cheikh Anta Diop et je les suivais souvent. Je regardais aussi la troupe de Mboty Pom. Il se trouve aussi que de fil en aiguille, j’étais très souvent sollicité pour animer les différents plateaux qui étaient organisés dans notre quartier. Je racontais alors des blagues pour détendre l’atmosphère et c’est parti comme cela.

Comment pouvez-vous expliquer le fait qu’il vous arrive d’imiter la voix de différents personnages avec une réelle justesse ?
Je crois que c’est parce que je dispose d’une oreille attentive. Cela requiert beaucoup de temps et d’écoute. A mes débuts, je n’arrivais pas à restituer des voix comme celle d’Abdou Diouf et d’autres personnages. Il me faut donc quelquefois beaucoup de temps avant d’arriver à un résultat probant. J’écoute beaucoup la personne, je regarde ses tics et sa manière de parler, sa gestuelle pour mieux m’imprégner. Il faut combiner des facteurs comme sa diction, son débit, ses expressions favorites et tout le cérémonial. Pour tester le résultat, je l’expérimente devant mes amis. En réalité, je dispose d’un public test sur lequel j’expérimente toutes mes créations avant de le proposer au grand public. C’est après avoir recueilli leur avis que j’effectue le grand saut.

Il est vrai que vous étiez un imitateur reconnu mais votre succès a véritablement augmenté quand vous êtes devenu animateur radio. Pouvez-vous nous expliquer ce fait ?
Pourtant j’ai eu à sortir des cassettes avant de fréquenter les stations de radio. J’ai commencé par la cassette «Dal Yi». Je l’avais sortie avec la structure Xippi de Youssou Ndour en 1997. Par la suite, j’ai sorti une autre cassette avec Talla Diagne, «Xorom Si». Après j’ai travaillé avec El Hadji Ndiaye sur le produit titré «Intégration Africaine». C’est par la suite que j’ai commencé à évoluer au niveau des radios depuis 1999. Les radios sont très différentes des cassettes qui ne sortent qu’une fois après des années de travail. Tandis que le travail à la radio est forcément plus éprouvant car il faut créer tous les jours et, dans ces conditions, il faut travailler un peu plus.

Vous avez aussi apporté un nouveau style à la radio avec une mise en scène, des adaptations, des voix off et tout un arsenal. Comment préparez-vous tout cela ?
J’étais dans une radio qui a fini par disposer de sa propre chaîne de télévision. Par la suite, j’ai intégré une radio qui n’avait pas de télévision et il me fallait m’adapter. C’est donc pour combler ce vide, et prouver au public qu’il y avait une certaine évolution, que j’ai créé une autre manière de faire de l’animation, en donnant l’impression à l’auditeur d’être devant son poste téléviseur. Pour les combats de lutte, par exemple, nous faisons le bruitage approprié avec le son des tam-tams et la clameur des spectateurs. Tout cela, c’est pour permettre au public d’imaginer le réalisme de la scène. Comme ma radio ne dispose pas encore de télé, cela me permet de proposer cette télé imaginaire.

Pour arriver à ce résultat, il faut que vous disposiez de soutien d’autres personnes certainement. Comment cela se passe-t-il concrètement ?
Il s’agit plutôt d’un travail de recherches. Il faut consacrer beaucoup de temps à la recherche de sons et d’archives. Actuellement avec Internet et les nouvelles technologies aussi, on peut réussir des merveilles. Il faut donc beaucoup de travail derrière avant d’en arriver à ce résultat. Comme mon émission passe à une heure où les téléfilms sont diffusés à la télévision, il faut donc faire preuve d’imagination pour pouvoir captiver son auditoire et faire en sorte qu’il se croit devant son poste de télévision et qu’il puisse faire un choix.

Comment préparez-vous vos émissions avant de passer à l’antenne ?
Avant de passer à l’antenne, je commence par lire les journaux tôt le matin et ensuite, j’écoute les revues de presse de quatre ou cinq stations de radio de la place. Après cela, je note les faits saillants que je me propose de traiter le soir à l’antenne. Je note alors les principaux faits du jour aussi bien au niveau de l’actualité du sport que pour l’actualité politique. Donc c’est après avoir pris possession de toutes ces informations que j’essaye de les peaufiner à midi avant de tout mettre en œuvre pour le soir à l’heure de mon passage à la radio.

Comment faites-vous pour réaliser les différents bruitages ?
Au début, j’avais de sérieux problèmes pour arriver à mes fins. C’est par la suite que je me suis entouré d’un groupe de personnes avec qui je travaille. Et à chaque fois que je sentais le besoin de disposer d’un bruit d’accélérateur d’avion ou de bateau par exemple, je faisais appel à leur service. Après avoir collecté tous les sons indispensables, je me rendais au studio avant 18h pour faire la réalisation. Il s’agit d’un groupe de trois à quatre personnes avec qui je travaille. C’est à partir de 15h que je les appelle pour leur demander la matière et après avoir réceptionné les sons, j’improvise là-dessus une fois au studio.

Avez-vous étudié la réalisation pour pouvoir mettre en évidence les différents sons ?
Je ne l’ai jamais appris, mais je parviens à faire la réalisation moi-même. Comme celui qui doit s’en occuper n’est pas toujours disponible tout le temps. Je lui fournis la liste de mes besoins sonores et, une fois sur place, j’arrive à intégrer les bruits à l’heure et au moment propice de mon show. J’arrive donc à situer dans le temps, les différents moments où la bombe doit exploser, ou quand l’avion doit décoller. J’arrive donc à tout mettre en œuvre et, une fois au studio, je fais le reste tout en improvisant. C’est ce qui fait l’attrait de la chose et l’auditeur est obligé de suivre pour savoir comment va se dérouler la suite.

Actuellement vous êtes incontournable à la radio. Qu’est-ce que cela vous fait ?
C’est tout simplement le fruit d’un long travail. Depuis 1999 j’évolue dans ce milieu. Avant tout, je suis un artiste comédien, ce qui est donc un atout. Ensuite, je suis un animateur et je maîtrise le micro. Troisièmement, je suis un intellectuel et je connais les limites à ne pas dépasser. Je prends aussi en compte le public qui me suit. Il y a des enfants, des adultes et aussi des personnes du troisième âge qui m’écoutent et je fais attention à tous ces facteurs. C’est par la suite que je fais une réalisation, tout en improvisant car je n’écris rien au préalable.

Comment faites-vous pour choisir vos personnages ? Est-ce en fonction de l’actualité ?
Je parle d’abord de ceux qui font l’actualité, à l’image du chef de l’Etat qui est toujours au-devant de la scène. Donc il est facile de l’imiter. Idem pour Baldé. Quant à Me El Hadji Diouf, les gens pensent qu’il est naturellement intéressant et sa manière de parler est un peu comique. C’est pourquoi je l’ai choisi comme le personnage presque central. Je pense qu’il s’agit d’un don. À un moment donné, j’avais des problèmes pour imiter Baldé et El Hadji Diouf, mais par la suite, c’est venu naturellement. C’est pourquoi je pense que c’est avant tout un don car je ne l’ai appris nulle part. Je dois reconnaître que je privilégie certaines personnalités parce que je les maîtrise mieux. Si je prends le cas de Macky Sall que je n’ai pas encore totalement cerné, j’évite de l’utiliser trop souvent car je ne veux pas donner l’impression de rater mon intervention. Mais le jour où j’arriverais à le camper parfaitement, je l’utiliserais un peu plus souvent et il en est ainsi pour tous les autres qui sont dans la même situation. Pour ceux que je maîtrise, je les utilise souvent même s’ils ne sont pas concernés par le thème. C’est le cas de Karim, Me Wade, El Hadji Diouf, Baldé et Dansokho. J’ai aussi réussi une prouesse avec le problème du Monument car j’ai fait intervenir plus de dix personnages comme Alioune Tine, les imams, le clergé, Sindjily, Mme Wade etc. Cela m’avait vraiment surpris car l’enchaînement était parfait.

Avez-vous rencontré vos modèles ?
Depuis que j’ai commencé, c’est deux personnages que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Il s’agit de Dansokho que j’ai rencontré dans un restaurant et il m’a assuré qu’il n’a pas souvent l’occasion de m’écouter mais les échos favorables qu’il a de mes prestations, prouvent que son personnage est très suivi. Quant à Me El Hadji Diouf, il est venu me rendre visite à la radio le jour de mon anniversaire après m’avoir téléphoné. Pour les autres, à part la soirée où j’ai rencontré Baldé qui m’a demandé de passer le voir, je ne les vois pas. Je suis sûr que leurs proches leur font savoir que je les imite souvent et certainement un jour, on arrivera à se voir et ils auront l’occasion de m’écouter en direct.

Est-ce que vous rencontrez les proches de ceux que vous imitez ?
Une fois les enfants de Madické Niang m’ont contacté pour me passer leur mère qui croyait parler à son mari. Cela avait tellement réussi que la femme est tombée dans mon piége. Ce qui prouve que j’ai vraiment réussi. À part cette situation exceptionnelle, il m’est arrivé de rencontrer une fois une fille de Djibo Ka qui m’a gentiment demandé de laisser son père en paix.

Comment tes enfants apprécient ton travail ?
J’ai une fille et je lui fais comprendre qu’elle doit prendre en compte ma situation et je lui demande d’être à l’aise. Mes enfants sont à l’aise et s’il y a une manifestation culturelle, je vais jouer en ma qualité de parent d’élèves. Je les ai bien préparés et ils en sont fiers.

Et votre femme ?
Ma femme préfère ne pas m’écouter. Elle est consciente que si elle écoute la radio cela ne lui fera pas plaisir de m’entendre déclarer ma flamme à Sindièly Wade et aux autres. Elle a bien compris mon jeu et elle sait que je suis un artiste et je dois poursuivre ma voie.

Avez-vous un jour rencontré un problème après avoir frustré quelqu’un ?
Les gens me remercient sur mes performances et ils m’expriment leur sympathie. Je n’ai rencontré qu’un seul cas où un chauffeur de taxi m’a affirmé qu’un couple qui était en train de se disputer dans son véhicule s’est déridé après m’avoir écouté. Je rencontre souvent ces cas de satisfaction et je touche un très large public. Je n’ai que des réactions positives.

Qu’est-ce qui fâche Koutia ?
Ce qui me désole c’est de me promettre de l’argent et de ne pas me le remettre. Sinon les piques qu’on m’adresse concernant mon gros ventre ou que je suis moche ne me touche pas. Je suis conscient que je suis un comédien et cela ne peut pas m’ébranler, en aucun cas.

Vous arrive-t-il d’aller à des funérailles ?
Il m’est arrivé quatre fois d’aller à un décès et de pleurer, mais je faisais rire les gens. Pour aller au cimetière aussi j’évite de suivre la grande foule. De manière générale, je préfère attendre une heure discrète pour aller présenter mes condoléances dans l’optique d’éviter de faire rire les gens en de pareilles circonstances.

Avez-vous des problèmes avec Sa Néekh ?
Au début on avait des problèmes. Maintenant tout est rentré dans l’ordre. Il y avait quelques malentendus, mais comme on travaille dans la même radio, il a fallu se retrouver autour de l’essentiel et fumer le calumet de la paix.

Après ton départ mouvementé de Walf, as-tu vu Sidy Lamine ?
Depuis cette date, on ne s’est pas vu, ni parlé au téléphone. On n’a pas encore eu l’occasion de se voir.


Kouthia s’empare de l’audimat
Y a-t-il des comédiens qui vous font rire ?
Il y a des comédiens au Sénégal qui me font rire. Il m’arrive de les sentir. Il y a un comédien qui me fait vraiment rire mais malheureusement, ’ai oublié son nom. Il évolue dans une troupe à Thiaroye et il me fait rire car il est très naturel. Il est dans le clip Six heures de Ouza. C’est lui qui joue le rôle du mari et vraiment j’aime beaucoup ce qu’il fait.

El Hadji Mansour Mbaye fait parti de vos premières victimes ? Comment a-t-il réagi ?
Il fait partie des personnages que j’ai imités en premier. A la RTS, je demandais s’il était sur place avant de l’imiter car j’éprouvais une certaine gêne. C’est par la suite que je l’ai rencontré et il m’a beaucoup encouragé et un de ses enfants qui travaille dans une banque de la place est devenu mon ami. Il m’a beaucoup rendu service car il m’a encouragé à poursuivre sur cette voie.

Et as-tu vu Oumar Péne après avoir évoqué son gros ventre ?
Il faut savoir que c’est en imitant Omar Péne que j’ai fini par avoir ce gros vendre. À force d’ingurgiter de la bouillie, j’ai fini par avoir ce gros bidon. Vraiment Péne est un ami et à chaque fois qu’il me voit, il s’empresse de me taquiner. C’est un ami de même que sa femme.

Qu’allez-vous dire à Karim si vous le rencontriez ?
Je serais vraiment à l’aise, mais je lui demanderais de suivre des cours en wolof pour que les gens puissent au moins se familiariser avec sa voix. Les gens n’ont pas l’habitude de l’entendre parler. Il lui faut parler plus souvent. Il en fut ainsi avec Ousmane Tanor Dieng. Il est plus facile d’imiter ceux qui parlent le plus souvent. Malheureusement certains ministres de Wade ne parlent pas souvent, c’est ce qui fait qu’il est très difficile de les imiter.

Kouthia est-ce que vous vous intéressez à la politique ?
Il y a un grand marabout politicien qui m’a proposé de m’occuper de la cellule nationale de son parti. Il voudrait me mettre au-devant pour m’occuper des sportifs et des comédiens au sein de son parti. Il fera prochainement une déclaration en ce sens et après je serais obligé de donner ma réponse. Cependant je suis convaincu que je serais député un jour et il faut que j’entre au palais.

Que pensez-vous du monument de la renaissance ?
Vraiment, j’aurais voulu connaître le nom des trois personnages. Deuxièmement, j’attendais autre chose que ces trois personnages. Ça aurait pu être plus significatif que ces trois personnages. Surtout que l’enfant est plus dodu que les parents. La mère est chétive et le père ressemble à un rachitique peul de Mbacké.

Il paraît que vous êtes un polygame et un homme à femmes ?
Je le revendique haut et fort, je suis un polygame convaincu car sans cela les femmes vont tous avoir des fibromes ou une ménopause accélérée.

Source: Branche Magazine / Xalima.com



1.Posté par BILAL le 04/06/2010 16:36 | Alerter
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Il est bon pour l'enfer ce satanique monsieur qui a galvaudé le titre de elhadj avec ses singeries surtout ceux dirigés envers notre sainte réligion tout ça par la faute de sidy lamine niasse le faux dévôt.
Ecouter cet individu de sais pas koi koutia c'est manquer de respect à l'islam

2.Posté par niass kourous le 04/06/2010 20:59 | Alerter
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Il est un comédien complet Ce qui me plait chez lui c'est sa modestie
En avant notre °Koutia national nous sommes fiers de vous

3.Posté par fall italie le 04/06/2010 23:31 | Alerter
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il faut remplacer audimat par madimat.

4.Posté par SY le 05/06/2010 00:48 | Alerter
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C'est le meilleur comédien à côté de amdy mignon et saneex

5.Posté par jogob le 05/06/2010 07:13 | Alerter
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senegal bëggunu ludul ab caaxaan kat , kune xamna kii nit la ku amul benn respect ci boppam waxumala ci diine ji , waaye warnaa yeewu te xamni nit ci lumu dund ca loola lay dee, te lumu dee loola calay dekki. amalul societe benn njariñ ,ludul di dajale ay kàcc ngir mana am dara . cim ñàkk jom

6.Posté par secka le 05/06/2010 23:31 | Alerter
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