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L’Afrique, ce « grand monstre » qui dévore ses enfants dans l’émigration clandestine

Les migrations, qu’elles soient forcées ou volontaires sont un fait social total ancré dans l’esprit des Africains. «Le mal développement », l’incurie des pouvoirs publics et la mal gouvernance poussent bien des personnes à chercher ailleurs des conditions de vie qui leur ouvrent des perspectives qui chez elles leur semblent impossibles.


Rédigé par leral.net le Mardi 13 Mai 2014 à 13:30 | | 8 commentaire(s)|

L’Afrique, ce « grand monstre » qui dévore ses enfants dans l’émigration clandestine
D’autre part, les conflits armées continuent de pousser les populations victimes ou menacées sur les chemins des migrations car il faut le rappeler toute l’Afrique est minée depuis plus de 40 ans par des crises qui ont fait plus de 4 millions de morts entre 1991 et 2000 et ont touché plus de 500 millions de personnes. Ces crises d’une grande complexité sont dues à un enchevêtrement de facteurs endogènes et exogènes qui n’échappent pas aux tensions géopolitiques et géo-économiques mondiales. Ces migrations forcées touchent plus de 45 millions de personnes dont la moitie en Afrique.

Malheureusement de désir de migrer vers les pays les plus riches ou stables socialement s’accompagne avec un grand risque qu’acceptent de courir les candidats à la migration. Ce risque se chiffre avec ces drames continus en méditerranée avec plus de 30.000 morts depuis 1989. Immigrer, parfois clandestinement, c’est frayer avec la mort et presque tous les survivants sont rapatriés chez eux dans des conditions humiliantes et inhumaines.

Mais aujourd’hui qu’est ce qui pousse ces jeunes qui représentent plus de 50% des populations dont des femmes qui comme les hommes, sont aujourd’hui touchées par l’émigration pour des raisons économiques et la NEM (Nouvelle économie de la migration) le démontre, depuis 2010 on assiste à une féminisation des flux migratoires car les femmes représentent plus de 48.6% des migrations internationales. Ces femmes et enfants (couche vulnérable) qui migrent clandestinement ne bénéficient d’aucune protection en matière de droit international.

Cependant la question qui se pose aujourd’hui est de savoir pourquoi ces gens tentent leur vie en mer ou dans le désert et quelles sont les solutions pour au moins réduire ces risques à des proportions tolérables ?

Les causent principales sont la pauvreté car l’Afrique n’offre aucune perspective d’une vie digne actuellement et dans l’avenir le plus lointain. Chaque jour qui se lève les conduit vers une mort lente et atroce. Ce qui fait que pour fuir cette pauvreté cyclique, ces jeunes africains préfèrent entrer même morts dans le « paradis » européen que de rester vivant dans l’enfer africain.

Pour trouver des solutions il faut s’attaquer aux causes principales, il faut se livrer à une bataille farouche contre la pauvreté.

Les 90% des richesses mondiales sont détenues par les européens et il faut créer cette richesse dans les zones pauvres par ceux la mêmes qui sont pauvres afin qu’ eux-mêmes puissent en profiter. Il ne s’agit pas de construire des murs, ou renforcer le Frontex (doté d’un budget de 2 milliards d’euros). Il s’agit de lutter impérativement contre la pauvreté, changer les textes et pour une meilleure gestion des flux migratoires dans le monde qui malgré les lois répressives et oppressives, augmentent de 2% chaque année.

Malheureusement toute l’aide destinée au développement tombe dans un tonneau sans fonds. Car, l’immigration est un soupape de sûreté pour les états africains qui utilisent cet argent à d’autres fins, raison pour laquelle ils refusent tous de se prononcer sur ces drames.

Les véritables acteurs que nous sommes ne sont pas impliqués dans le débat et les négociations et c’est ce qui explique ces échecs dans le dossier migratoire.
Horizon sans frontières pense que la solution n’est ni d’ordre sécuritaire ou ni régionale, elle est intégrée et il faut l’urgence d’une conférence internationale pour lutter farouchement contre l’émigration clandestine et recadrer le débat dans un contexte mondiale de mobilité croissante des populations car la paix, la stabilité et la sécurité en vue d’un développement durable influent dans les flux migratoires .

Aujourd’hui le temps des analyses et les solutions toutes faites est dépassées et il faut mettre l’accent sur la formation et la création d’emploi pour retenir les jeunes en Afrique.

Le droit à l’immigration et le renforcement des processus d’intégration culturelle e structurelle sont les solutions pour la paix dans le monde.

Boubacar Seye

Président d’Horizon sans frontières









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