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L'Afrique réagit à la mort de Michael Jackson

Rédigé par leral .net le 28 Juin 2009 à 18:40 | Lu 514 fois

Les réactions se multiplient sur le continent africain suite à la mort de Michael Jackson, jeudi, aux Etats-Unis. La plupart saluent la grandeur de l'artiste mais certains, notamment en Côte d'Ivoire, peinent à lui pardonner ses frasques.


L'Afrique réagit à la mort de Michael Jackson
Tristesse, regret, déception: de Michael Jackson, décédé jeudi, beaucoup en Afrique retiennent surtout l'artiste de génie, engagé contre la faim sur le continent et considéré comme un "fils", même si certains peinent à lui pardonner ses frasques.

En Ethiopie, l'émotion est particulière, car Jackson fut à l'origine d'une mobilisation internationale contre la famine grâce au morceau "We Are The World" (1985), co-écrit avec Lionel Richie et interprété par plus de 20 chanteurs.

"Dans les grandes villes éthiopiennes, beaucoup de gens auront une pensée spéciale après son décès", a commenté le ministre éthiopien de la Culture Mahmoud Dirrir.

"Mickala", son surnom gabonais

De Nairobi à Dakar, les témoignages émus et commentaires élogieux sont nombreux sur Michael Jackson, fils d'une famille noire pauvre du nord des Etats-Unis et, par ses ancêtres esclaves déportés, un "fils" d'Afrique où il s'est rendu dans les années 1970 et 1990.

"Welcome home Michael !" (Bienvenue à la maison, Michael !), était-il écrit sur une énorme banderole à son arrivée en 1992 à Libreville, où l'attendaient des dizaines de milliers de fans.

Depuis, il a un nom local au Gabon: Mickala, et sa famille est réputée proche de celle du président Omar Bongo, décédé début juin.

"C'est le premier artiste qui s'est imposé dans le monde entier, à toutes les races. Il a prouvé que la musique n'a pas de frontières", a déclaré Ali Ben Bongo, fils du président défunt et ministre de la Défense, qui avait organisé son voyage au Gabon.

Au Kenya, Eric Wainaina, un des chanteurs les plus populaires, a renchéri: "Il faisait des choses extraordinaires, d'abord simplement en fissurant la barrière entre musiques noire et blanche".

Mort "incroyable et choquante"

"Ce n'est que tristesse et regret qui entourent sa disparition", a affirmé le chanteur sénégalais Ismaïla Tidiane, du mythique groupe Touré Kunda. "C'est un monument de la musique qui a fait beaucoup de choses pour le temps qu'il a vécu".

En Afrique du Sud, où Michael Jackson avait assisté en 1999 à l'anniversaire d'une autre icône, l'ex-président Nelson Mandela, la Fondation Mandela a déploré une perte "prématurée".

Pour la chanteuse sierra-léonaise Janet Wills qui prévoyait de se rendre à Londres pour son prochain retour sur scène, le décès de "Bambi" a été une nouvelle "incroyable et choquante". Elle a appelé son pays à faire observer "une semaine de deuil, au nom de la solidarité des Noirs, puisque le défunt nous avait rendus fiers".

"Michael Jackson a révolutionné la musique et nous faisait rêver depuis notre tendre enfance", a dit le Camerounais Roger Samnig, du groupe afro-pop X-Maleya, alors que son compatriote Ruben Binam Bikoï, du groupe Macase retient son côté "exigeant, professionnel" et sa capacité à "innover tout le temps".

Critiques ivoiriennes

Si le génie de l'artiste fait l'unanimité, l'homme est critiqué pour son "comportement" ou des aspects de sa vie privée, comme en Côte d'Ivoire, où le roi de la pop avait été fait chef traditionnel à Aboisso (sud-est) lors de sa tournée de 1992.

A sa descente d'avion à Abidjan, "il s'est pincé le nez. Cela avait fâché les Ivoiriens, parce qu'ils estimaient que Michael Jackson voulait dire que la Côte d'Ivoire sentait mauvais", se souvient le journaliste Tiburce Koffi.

DJ Luciano, musicien ivoirien ayant imité Jackson dans sa jeunesse dans les boîtes abidjanaises, a regretté la fin de son idole, parti "très endetté avec une image ternie par des scandales de pédophilie".

"A l'exception de son comportement personnel, il laisse le souvenir d'une icône, surtout pour sa chanson nous invitant à laisser un meilleur monde pour les générations futures", a résumé le ministre éthiopien de la culture.