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L'Amérique craint le scénario d'un président mal élu

le 6 Novembre 2012 à 14:02 | Lu 533 fois

À l'heure du vote, ce mardi, les sondages ne permettent toujours pas de départager clairement Obama et Romney. Et les élections au Congrès pourraient compliquer la donne.


L'Amérique craint le scénario d'un président mal élu
On a trop souvent tendance à penser que le candidat qui sera élu (ou réélu) mardi soir président des États-Unis deviendra aussitôt «l'homme le plus puissant de la planète». La réalité politique des quatre dernières années - avec un président Obama pourtant porté à ses débuts par une vague d'euphorie inédite - a révélé un tout autre tableau. Malmené par le Congrès, paralysé sur bien des sujets, le chef de l'État a eu du mal à imposer le changement qu'il avait porté en 2008.

Comme le soulignent les spécialistes de l'histoire politique américaine, l'omnipotence du locataire de la Maison-Blanche est, dans une large part, un mythe. Quand il change les choses, c'est en général à la marge, péniblement, millimétriquement. Sans la coopération du Congrès - cette branche législative ultrapuissante conçue par les Pères fondateurs comme un corset visant à tempérer les fougues de l'exécutif -, le président est constamment menacé d'impuissance. Il peut être privé des instruments du pouvoir, les parlementaires détenant en particulier les cordons de la bourse. Un scénario qui deviendrait réalité si le vainqueur du scrutin était élu dans un mouchoir de poche, et sans majorité claire au Congrès. En ce sens, les élections parlementaires qui mettent en jeu ce soir 33 sièges de sénateurs sur 100 et la totalité de la Chambre des représentants seront aussi importantes à observer que le duel Obama-Romney.

Le scénario catastrophe d'un président mal élu, que redoutent maints experts, reste une possibilité crédible, vu le lourd suspense qui pèse sur la course, avec des sondages au coude-à-coude et des différentiels de voix qui restent dans la marge d'erreur dans les États pivots. Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l'université de Virginie, qui croit toujours à la victoire d'Obama, est de plus en plus nerveux à ce sujet. Si le président l'emporte de justesse, le politologue affirme qu'«il y a de quoi s'inquiéter pour la suite».

Vu le manque d'enthousiasme de la base démocrate, le président sortant serait promis, au mieux, à une victoire plus courte qu'en 2008 et ne serait pas en mesure de changer la composition du Congrès. Dans le meilleur des cas - pour lui -, le Parlement américain resterait divisé entre une Chambre des représentants républicaine et un Sénat démocrate, sans la majorité des 60 voix nécessaires pour passer les réformes. «Cela veut dire le blocage. Le président deviendrait un canard boiteux», dit Sabato. Les républicains seraient forcés d'accepter une forme de compromis pour le vote du budget afin d'éviter le chaos budgétaire qui se profile début janvier, avec des coupes massives obligatoires en cas d'échec des négociations. «Mais pour le reste, il ne se passerait plus grand-chose…», prédit le politologue.

L'enjeu du Wisconsin

Il redoute notamment une victoire d'Obama tellement étroite que les républicains se sentent légitimés à poursuivre «la destruction de l'action du président» comme pendant son premier mandat. Le scénario «de cauchemar» serait une victoire du démocrate au collège électoral (qui décide du résultat final) et une victoire du républicain au niveau du vote populaire. «Dans un tel cas, bon courage au président, ils pourraient lui couper les vivres», dit Sabato. Il rappelle combien la présidence de George W. Bush avait été affaiblie par les circonstances de son élection en 2000, avec un vote contesté devant les tribunaux durant des mois. «Le 10 septembre 2001, son mandat était en morceaux. C'est le 11 Septembre qui l'a sauvé et l'a remis en selle», rappelle le professeur.

La relative «surprise» d'une victoire de Romney offrirait une configuration fort différente. Larry Sabato explique que son triomphe entraînerait sans doute dans son sillage un retournement de situation au Congrès. Il pourrait du coup rafler le Sénat et s'installer à la Maison-Blanche avec une majorité au Capitole. Un point de départ plus propice à l'action que celui envisagé pour Obama… C'est le pari que fait John Gizzi, chroniqueur au quotidien conservateur Human Events. Pour lui, les républicains vont gagner la présidentielle, grâce au basculement de la Pennsylvanie et du Wisconsin. Il prévoit aussi un gain de 7 sièges au Sénat, notamment grâce à Tommy Thompson dans le Wisconsin. «Les gens ne savent plus trop ce qu'ils veulent, reconnaît Sabato. Ils sont déçus par Obama mais n'ont pas totalement adopté Romney. Et pourtant, ce mardi, il faudra bien qu'il y ait un vainqueur.»

Le Figaro


1.Posté par Toobalist le 06/11/2012 17:12 | Alerter
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