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L'Espagne frappée par un chômage record

le 27 Avril 2012 à 14:00 | Lu 456 fois

Il a atteint 24,44% à fin mars dans ce pays qui est retombé en récession. Certains économistes craignent qu'il ne touche un quart de la population active à la fin de l'année.


L'Espagne frappée par un chômage record
L'Espagne détruit toujours plus d'emplois, de plus en plus vite. Le taux de chômage atteint 24,4% à fin mars, révèlent les statistiques publiées ce vendredi par l'institut espagnol de la statistique (INE). Un record depuis 1996, date à laquelle ces chiffres ont commencé à être publiés. Si cette détérioration du marché de l'emploi n'est pas vraiment une surprise, c'est une mauvaise nouvelle de plus dans un pays qui est retombé en récession ce trimestre et qui s'est vu dégradé de deux crans par l'agence de notation Standard & Poor's jeudi soir.

D'autant plus que le rythme des destructions d'emplois, qui s'accélère, inquiète. 374.000 personnes ont perdu leur emploi durant les trois premiers mois de 2012, contre 295.300 durant les trois derniers de 2011. Les destructions d'emplois, qui concernaient surtout, jusqu'à présent, les CDD, commencent à concerner les employés en CDI. «C'est le cœur du marché du travail qui est maintenant attaqué», insiste Jesus Castillo, économiste chez Natixis.

«Les conditions devraient encore empirer cette année», prévient Ricardo Santos, de BNP Paribas. D'après lui, un quart de la population active devrait être au chômage d'ici à fin 2012. En Grèce, pays qui se trouve dans une situation économique bien pire, le taux de chômage s'élevait à 21% en décembre.

Les analystes ont beau chercher, l'Espagne présente peu de raisons d'espérer sur le terrain de l'emploi. Le gouvernement est en effet engagé dans un effort de redressement sans précédent de ses finances publiques. Une rigueur qui plombe l'économie, alors que les banques, torpillées par un marché immobilier en chute libre, sont plus fragiles que jamais et ne prêtent plus. «Il n'y a pas besoin d'être un génie pour se rendre compte qu'une stratégie d'austérité budgétaire combinée avec un effondrement du crédit ne peut se révéler tôt ou tard qu'inacceptable politiquement et socialement», prévient Pierre-Olivier Beffy, économiste en chef chez Exane BNP Paribas.

Marché du travail rigide
L'Espagne présente un des marchés du travail les plus rigides au monde, figurant en cette matière au 132e rang sur 144 pays, selon BNP Paribas. Le gouvernement de centre droit a décidé de s'attaquer au problème. Les conditions de chômage partiel seront allégées, les entreprises seront incitées à embaucher des temps partiels, des jeunes de moins de 30 ans et des chômeurs de longue durée, a annoncé Madrid le 10 février dernier.

«L'Espagne peut certes mettre en place des réformes structurelles pour relancer la croissance, particulièrement pour éliminer le clivage du marché du travail, note Pierre-Olivier Beffy. Mais, en période de faible activité, l'OCDE a montré qu'il n'y avait pas d'effet positif des réformes structurelles du marché du travail avant au moins cinq ans. Une éternité aujourd'hui.»