Leral.net | S'informer en temps réel



L'Inde veut entrer dans le club des grands

le 20 Avril 2012 à 11:18 | Lu 1220 fois

New Delhi, qui s'est engagée dans un vaste programme d'acquisitions militaires, frappe à la porte du Conseil de sécurité de l'ONU.


L'Inde veut entrer dans le club des grands
En réussissant son premier tir d'essai d'un missile longue portée à capacité nucléaire, l'Inde a marqué jeudi une avancée majeure, qui place ce pays émergent aux portes du club très fermé des pays détenteurs de missiles balis­tiques intercontinentaux, pouvant atteindre des cibles à plus de 5 .500 kilomètres. C'est-à-dire ceux du Conseil de sécurité de l'ONU: Chine, Russie, États-Unis, France et Grande-Bretagne.

Avec Agni V, l'Inde peut désormais atteindre des objectifs sur tout le territoire chinois, dans d'autres pays asia­tiques et dans certains États européens. Le chef de l'agence indienne chargée des technologies militaires ne s'y est pas trompé: «C'est un événement historique qui honore notre pays dans le domaine de la technologie des missiles», a-t-il dit.

C'est aussi le couronnement de vingt ans d'efforts. «L'Inde est le pays qui a le plus avancé dans ce domaine depuis le lancement de son programme, dans les années 1980, destiné à acquérir la capacité de frapper le territoire chinois. C'est un succès exceptionnel», commente Bruno Gruselle, spécialiste de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

Prolifération
La troisième puissance militaire d'Asie, qui s'est engagée dans un vaste programme d'acquisitions militaires pour moderniser son armée, frappe à la porte du Conseil de sécurité de l'ONU et rêve de s'asseoir à la table des grands, n'a pas seulement comblé l'une de ses lacunes stratégiques vis-à-vis de son immense voisin. Elle s'est également dotée ainsi d'une nouvelle carte diplomatique. Et ce, d'autant plus facilement que, n'étant pas un pays proliférant, elle n'a subi aucune des critiques proférées la se­maine dernière à l'encontre de la Corée du Nord.

C'est pour lutter contre la prolifération et les progrès réalisés par plusieurs pays dans le domaine balistique que le sommet de l'Otan à Chicago mettra sur la table, fin mai, un projet de bouclier antimissile, jugé indispensable par certains pour protéger les populations et les territoires des pays européens.

Parmi les pays proliférants considérés comme une menace par le Nord, Pyong­yang et Téhéran font la course en tête. L'Iran a réalisé, ces dernières années, «de grands progrès» dans le domaine balistique, confirme Bruno Gruselle. Quant à la Corée du Nord, l'échec du lancement de sa dernière fusée, la semaine dernière, ne l'a pas empêchée d'annoncer son intention de mettre au point un lanceur encore plus puissant qu'Unha 3.

Parmi les pays qui investissent dans le domaine des missiles stratégiques figure également la Russie, qui s'est lancée dans une «modernisation à cadence accélérée», rappelle l'expert de la FRS. Et la Chine travaille à la mise au point d'un nouveau système de missiles intercontinentaux (ICBM) pour porte-avions qui inquiète les Américains.

Les États-Unis ont leur missile stratégique Trident, qui équipe également les sous-marins britanniques. Quant à la France, elle a récemment mis en service son M51, dont les performances technologiques sont considérables. En tout cas pour l'instant. Car, alors que l'ensemble du monde réarme et augmente ses dépenses militaires - plus 11,2 % pour la Chine -, les pays européens, étranglés par la crise, baissent chaque année un peu plus leurs budgets de défense.