Leral.net | S'informer en temps réel



L'Iran accuse Israël d'avoir assassiné un de ses ingénieurs

le 11 Janvier 2012 à 11:46 | Lu 792 fois

Un scientifique qui travaillait sur le principal site d'enrichissement nucléaire du pays a été tué mercredi matin par l'explosion d'une bombe placée sur sa voiture, à Téhéran.


L'Iran accuse Israël d'avoir assassiné un de ses ingénieurs
Une bombe a explosé mercredi matin dans l'est de Téhéran. Selon les médias iraniens, elle était placée sur la voiture de Mostafa Ahmadi Roshan, tué dans la déflagration. Ce scientifique, explique l'agence Fars, travaillait à Natanz, le principal site d'enrichissement d'uranium d'Iran, qui compte plus de 8000 centrifugeuses. Pour Téhéran, aucun doute: l'attentat porte la marque de l'État hébreu.

«Israël est responsable de cet attentat, la méthode ressemble à celle utilisée dans les (autres) attentats contre les scientifiques iraniens», a déclaré le vice-gouverneur de Téhéran. Une méthode redoutablement efficace: un motard rattrape la voiture et y colle une bombe magnétique qui explose dans les secondes suivantes. Deux autres passagers du véhicule auraient été blessés.

Selon l'agence Fars, citant un de ses collègues, Ahmadi Roshan travaillait à Natanz sur un projet de membranes polymères utilisées pour la séparation de gaz. L'ingénieur «a obtenu il y a neuf ans une licence en chimie à l'université Sharif, (et) était le vice-directeur pour les affaires commerciales du site de Natanz», précise l'agence.
Quatrième scientifique tué en deux ans

Trois autres scientifiques iraniens ont été tués depuis janvier 2010 par l'explosion de bombes. Deux d'entre eux travaillaient pour le programme nucléaire du pays. L'actuel chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Fereydoun Abbasi, a réchappé de justesse à un attentat similaire en 2010 ; il avait eu le réflexe de sortir de sa voiture après qu'un homme en moto y avait collé une bombe. Les dirigeants iraniens accusent Israël et les États-Unis d'être responsables de ces attentats, ainsi que d'une attaque informatique par le virus Stuxnet qui semble avoir perturbé l'activité d'enrichissement d'uranium du pays à l'automne 2010.

Son programme nucléaire, dont les grandes puissances redoutent qu'il n'ait un objectif militaire en dépit des dénégations répétées de Téhéran, vaut à l'Iran d'être sous le coup de six condamnations du Conseil de sécurité de l'ONU et de sanctions internationales. Ce qui ne l'a pas empêché cette semaine de démarrer une autre usine d'enrichissement, celle de Fordo, située à 150 km au sud ouest de Téhéran. L'annonce a été condamnée par les pays occidentaux, qui cherchent à renforcer les sanctions économiques pour faire plier l'Iran.

«Aujourd'hui, ceux qui prétendent combattre le terrorisme visent nos scientifiques, mais ils doivent savoir que ceux-ci sont plus déterminés que jamais (...) à avancer sur le chemin du progrès scientifique», a prévenu mercredi le vice-président iranien Mohammad Reza Rahimi.
Le Figaro