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L’affaire Lamine Diack-Macky Sall: Du vent !


Rédigé par leral.net le Vendredi 25 Décembre 2015 à 15:52 | | 43 commentaire(s)|


Il est des principes auxquels on s’arrime ardemment mais en regrettant parfois de devoir y tenir. Ainsi de la liberté et, singulièrement, de la liberté de la presse.
La liberté n’est pas vertueuse en soi. L’usage qu’on en fait, parfois. A l’instar de la langue d’Esope, elle peut aussi être la pire des choses.

Les réactions concordantes et outrées de la presse sénégalaise aux propos récents de Lamine Diack me dictent ces remarques désabusées. Qu’a dit M. Diack ? Il a soutenu, à en croire le journal le monde, avoir reçu de l’argent de la Russie qui lui a servi à financer la campagne de l’opposition sénégalaise en 2012. Je ne sache pas que ledit journal ait jamais cité le nom du président de la République dans cette affaire. Il ne le cite ni ne l’incrimine directement. Or, voilà que, par un détournement singulier, la presse sénégalaise en décide autrement. Unanimement. Ce n’est pas un de mes moindres étonnements que de voir, malgré la pluralité des titres, l’identité de pensée de la presse et des médias, tous journalistes confondus. Tous, sans exception, s’en prennent nommément au président de la République. Au mépris de la déontologie la plus élémentaire.
C’est ce qu’on appelle des journalistes politiques, je crois. Des « chiens », selon l’expression mitterrandienne. Certains de nos folliculaires indigènes ont mis leur point de déshonneur à être de cette horde là. Hélas !

Originellement, la presse avait vocation à rendre compte, à dire le réel avec fidélité. Son impunité l’a enhardie. Elle s’est mise à l’inventer, à le recréer au gré de ses caprices et partis pris. Sa liberté s’est pervertie en licence, puis s’est dégradée en pouvoir. Sans censure, ce qui est heureux, sans déontologie réelle et sans contre-pouvoir, les journalistes façonnent désormais notre regard sur le monde plutôt que de le refléter.
Maîtres à penser de nos esprits inermes qu’ils ballottent au vent de leurs foucades.

Cette polémique autour du financement de la campagne du candidat Macky Sall n’a, à mon sens, pas de raison d’être. Le candidat Macky Sall eût-il reçu de l’argent de Lamine Diack qu’il ne saurait lui en être fait reproche. Le code électoral sénégalais autorise les candidats à recevoir des dons, sans plafonnement aucun. De surcroît, aucun candidat ne peut, à priori, connaître la provenance des sommes, à lui versées, par ses donateurs.
Alors, pourquoi tant d’agitation médiatique ?
J’ai esquissé une première hypothèse : nos journaleux s’ennuient. Dans l’actualité politique, c’est l’ennui qui mène le bal. Rien ne convoque leur possible intelligence ou leur énergie dans le champ de notre actualité politique monotone. Alors, faute de matière, ils l’inventent. Pour échapper à la quotidienneté et à la banalité de leurs jours. Dure nécessité d’exister. C’est ainsi que de l’affaire Diack, on est passés à l’affaire Lamine Diack-Macky Sall.
Les journalistes ont droit de vie et de mort sur l’évènement. Ils l’inventent, ils le font naître en le faisant connaître, lui donnent son ampleur par le commentaire et jugent en dernière instance.

Il n’y a pas d’affaire Lamine Diack-Mack Sall. Plus précisément, il n’y aurait pas eu d’affaire Lamine Diack-Macky Sall si des journalistes oisifs n’avaient décidé, à l’occasion d’un rien, de tromper leur ennui : enfin un sujet possible à l’horizon de leur morne plaine.
La presse en ligne a initié la curée ; les chaines de télévision ont sonné l’hallali. En un samedi soir d’ivresse médiatique, le journaliste Mansour Diop, sur le plateau de la Sentv, prononça son réquisitoire contre le président Macky Sall. A quelque esprit rebelle près, tout le monde acquiesça. Par docilité, lâcheté ou intérêt politique.
Irréversiblement, le sort du président Macky Sall s’est ainsi joué…sur un plateau.
Et comme souvent, hélas, ce sont les journalistes qui ont fait rouler les dés.

EL HADJI MALICK SALL ELIMANE DONAYE








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