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L’argent ne fait pas le bonheur

Sept disciplines engagées pour 15 athlètes sans compter Mor Ndiaye (javelot) et Dagué Diop (vitesse – fauteuil roulant) devant prendre part aux Jeux paralympiques. N’empêche, le Sénégal est rentré bredouille des Jeux olympiques « Beijing 2008 ». Après Séoul avec Amadou Dia Bâ, médaillé d’argent en 1998, le pays de la Téranga s’est contenté d’une « participation honorable ». Une situation qui ne peut plus durer. Le Cnoss a graissé les athlètes pour ces olympiades. Mais l’argent seul ne fait pas le bonheur. Une autre stratégie devrait être mise en place dès maintenant pour Londres 2012.
Par Abdoulaye THIAM | SUD QUOTIDIEN


Rédigé par leral.net le Samedi 23 Août 2008 à 12:36 | | 0 commentaire(s)|

L’argent ne fait pas le bonheur
Khatia Bâ, éliminée. Assane Dame Fall, éliminé. Hortense Diédhiou, éliminée. Gisèle Mendy, éliminée. Cécile Hane, éliminée. Diéguy Bathily, éliminé. Abdoulaye Wagne, éliminé. Abdoulaye Thiam, éliminé. Mamadou Keita, éliminé. Nafy Touré, éliminée. Malick Fall, éliminé. Binta Zahra Diop, éliminée. Adama Diatta, éliminé. Ndiss Kaba Badji, éliminée. Et Binta Diédhiou, éliminée. Le Sénégal n’oubliera pas si vite « Beijing 2008 ». Hécatombe, déroute, déconvenue. Aucun mot n’est de trop pour qualifier la piètre participation des athlètes Sénégalais aux 29èmes Jeux olympiques. Si dans l’esprit de Pierre De Courbertin, « l’essentiel est de participer », toutes les nations se battent aujourd’hui pour entendre leurs hymnes nationaux retentir dans les JO, ne serait- ce qu’une seule fois.

D’où certains investissements nécessaires dans la qualification mais surtout dans la préparation. Dans la souffrance et la privation, les athlètes se battent des années durant pour atteindre le fameux slogan « plus vite, plus fort, plus vite ».

Et pour ces olympiades, les autorités sénégalaises n’ont pas lésiné sur les moyens. En premier ligne, le Comité national olympique et sportif sénégalais (Cnoss) qui a « graissé » les athlètes comme ils en ont jamais eu auparavant. Les camarades de Mamadou Diagna Ndiaye avaient établi trois rubriques. Les qualifiés boursiers, les qualifiés non-boursiers et ceux qui étaient à la recherche du sésame pour Pékin.

Ainsi en dehors de la bourse de la solidarité olympique ou de la Confejes qui varie de 1200 à 1500 dollars par mois, instaurée depuis 2007, le Président du Cnoss a mis à la disposition des athlètes boursiers un soutien de 500 euros (soit 327.500 F Cfa) sans compter la prise en charge pour la préparation. Quant aux athlètes qualifiés et qui ne bénéficient pas de bourses, ils ont eu droit à 1000 euros (655.000 F Cfa) par mois jusqu’en juillet 2008.

En revanche, pour ceux qui étaient à la recherche d’une qualification, le Cnoss leur a apporté un appui global de 500.000 F Cfa par athlète. Une fois la qualification acquise, ils ont intégré la rubrique des qualifiés en bénéficiant automatiquement des 1000 euros mensuel.

Une stratégie mise en place, disait Mamadou Diagna Ndiaye, pour “hisser le drapeau sénégalais aux JO 2008“. Malheureusement même la prime de 25 millions F. Cfa promue pour chaque médaille d’or n’a pas permis aux athlètes sénégalais à se faire remarquer. Ils sont tous rentrés bredouille avec à la clef l’expulsion du Directeur technique national d’athlétisme. Ce qui pose encore un sérieux problème de gestion de l’athlétisme au Sénégal.

Faut-il privilégier le nombre ou la qualité des participants. N’est-il pas plus judicieux d’encadrer quelques athlètes jusqu’à la victoire finale au lieu d’amener plus d’une douzaine juste pour amuser la galerie ?

Les dirigeants n’ont-ils pas failli dans la préparation ? N’ont-ils pas privilégié une forte présence d’athlètes qui ont cherché les minimas jusqu’à quelques jours du démarrage des JO ? Ce qui les aurait empêchés de faire une bonne préparation.

Le 18 dernier d’ailleurs, Sud quotidien avait donné l’alerte en titrant : « Sauver » l’athlète Binta Diédhiou. L’étoile du taekwondo sénégalais, véritable chance de médaille pour ces JO, avait du mal à prendre part aux compétitions et autres stages de mise en jambe.

Sociétaire du Centre d’éducation populaire et sport (Creps) de Toulouse depuis 2007, Bineta Diédhiou souhaitait tout simplement participer à la Coupe de la Francophonie le 26 avril dernier dans la capitale gabonaise. “Les mêmes raisons (argent) l’avaient privée de l’Open de Belgique“, regrettait alors notre source.

A Pékin, elle est tombée en quarts de finale allongeant ainsi la liste déjà longue des athlètes sénégalais éliminés.

Pour les olympiades de Londres, le Cnoss a mis en place un groupe de performance appelé “Génération 2012“ pour préparer 30 athlètes. Ce que son Secrétaire général, Santi Agne, qualifie “d’innovation de taille“. Pourvu que cette fois, le Sénégal ne se trompe d’objectif. Parce que l’argent seul ne fait pas le bonheur.






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