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L'auteur présumé d'une tentative de coup d'Etat arrêté en Gambie GUINÉE-BISSAU

Rédigé par Senegal Leral le 14 Août 2008 à 10:12 | Lu 1327 fois

L'auteur présumé d'une tentative de coup d'Etat en Guinée-Bissau la semaine dernière, le chef d'état-major de la marine, s'est évadé de Bissau et a été arrêté en Gambie voisine, a annoncé mardi la présidence gambienne. "Le gouvernement de Gambie annonce l'arrestation du contre-amiral Jose Americo Bubo Na Tchute, chef présumé du coup d'Etat déjoué en Guinée-Bissau le 6 août", indique un communiqué de la présidence transmis à l'AFP.


L'auteur présumé d'une tentative de coup d'Etat arrêté en Gambie GUINÉE-BISSAU
"Il est arrivé en Gambie par mer lundi 11 août et est depuis cette date détenu par les autorités gambiennes", précise le texte. Il était accompagné de Papis Jammeh, un ancien membre de la rébellion indépendantiste casamançaise (sud du Sénégal) entré dans l'armée bissau-guinéenne.

"Le gouvernement de Guinée-Bissau, les représentants en Gambie de l'ONU et de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) ont été informés de ces développements", a conclu le texte.

Lors d'un point de presse organisé mardi à Bissau, le porte-parole de l'armée bissau-guinéenne, le colonel Arsene Balde, a déclaré que M. Bubo Na Tchute avait "profité de la défaillance de la garde postée à son domicile pour prendre le large dans la nuit de lundi à mardi vers la Gambie".

Selon lui, le contre-amiral Bubo Na Tchute "n'était pas en prison mais en résidence surveillée en attendant la conclusion des enquêtes".

L'évasion du chef de la marine a suscité beaucoup de commentaires à Bissau. Selon certains observateurs, le contre-amiral n'a pu s'évader qu'après avoir bénéficié de complicités.

Le nom du contre-amiral revient très souvent dans les affaires de drogue en Guinée-Bissau, qui est devenu ces dernières années un important point de transit dans le trafic de cocaïne d'Amérique du sud vers l'Europe.

Selon les spécialistes, "il ne cache pas son opulence" récente, avec l'acquisition de plusieurs véhicules 4X4 et la construction de deux villas de luxe, près de l'aéroport de Bissau. Le contre-amiral a toujours démenti tout lien avec les trafiquants de drogue.

Lundi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'était dit inquiet de la montée des tensions en Guinée-Bissau, après la tentative de coup d'Etat.

Aucune raison n'a été avancée pour expliquer ce coup de force contre le président Joao Bernardo Vieira. Arrivé au pouvoir par un putsch en 1980 puis lui-même renversé par une rébellion militaire en 1999, il avait finalement été élu à la présidence en juillet 2005.

La Guinée-Bissau, petit pays lusophone d'Afrique de l'ouest et classé parmi les plus pauvres au monde, traverse depuis une décennie un période d'instabilité politico-militaire. Et cette tentative de coup d'Etat accroît encore un peu plus les tensions internes.

Le président bissau-guinéen, âgé de 69 ans, avait prononcé le 5 août la dissolution de l'Assemblée nationale, qui avait été suivie de la chute du gouvernement.

Il avait rapidement nommé un nouveau Premier ministre, Carlos Correia, 72 ans, qui avait occupé les mêmes fonctions de 1991 à 1997, et qui a formé un gouvernement devant théoriquement mener le pays aux élections législatives du 16 novembre.

Fin juillet, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et les îles du Cap-Vert (PAIGC, ex-parti unique, comptant 45 députés sur les 100) avait quitté le Pacte de stabilité politique national signé en mars 2007 entre les principales formations pour soutenir le gouvernement.