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L'embargo sur Cuba vit-il ses dernières heures ?

le 19 Décembre 2014 à 11:43 | Lu 515 fois

L'embargo sur Cuba vit-il ses dernières heures ?
Le plus vieil embargo encore en place vit-il ses dernières heures ? En annonçant mercredi 17 décembre, à la suite des libérations de prisonniers cubains détenus aux États-Unis et d’un ressortissant américain emprisonné à Cuba, une révision des relations entre Washington et La Havane, le président Barack Obama a porté le coup de grâce à un régime mis en place progressivement à partir de 1960, après le début du rapprochement entre Cuba et l’Union soviétique, puis consolidé en 1962.
L’objectif de cet embargo, accompagné dès 1961 de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, était de précipiter la chute du régime cubain mis en place après la révolution de 1959, les États-Unis étant le débouché traditionnel de l’économie cubaine. Mais les décennies ont passé sans que les restrictions économiques et financières ne produisent de résultats probants.
Inscrit au début des années quatre-vingts sur la liste noire du département d’Etat des pays soutenant le terrorisme (en référence à l’appui apporté aux guérillas luttant contre les régimes sud-américains alliés à Washington), Cuba avait été la cible de nouvelles mesures restrictives américaines en 1992 et en 1996 après que deux avions privés américains avaient été abattus par l’armée cubaine.
L’une des dispositions de la loi Helms-Burton adoptée par le Congrès visait à combler une faille béante dans le dispositif : le fait que les États-Unis soient en fait le seul pays à imposer ce blocus. Mais les présidents américains ont toujours suspendu le volet prévoyant des sanctions contre les autres nations commerçant avec Cuba.
Porté à bout de bras par l’allié russe
Des Cubains fuient le régime de Castro, direction Miami, en 1980.
Pendant des décennies marquées par un étatisme envahissant, le régime autoritaire de Fidel Castro avait été porté à bout de bras par son allié russe, jusqu’à la dislocation de l’Union soviétique, à partir de 1990. Le Venezuela de Hugo Chavez et les autres pays de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) allaient prendre le relais une décennie plus tard, sans pour autant parvenir à préserver le régime cubain d’une douloureuse remise en cause, après le remplacement de Fidel Castro par son frère Raul, et une timide ouverture économique et politique.
Le constat largement partagé à Washington de l’inefficacité des mesures adoptées contre Cuba s’est cependant longtemps heurté à un puissant lobby d’exilés cubains chassés par la révolution et installés en Floride. Barack Obama, qui avait fait campagne pour le Sénat en 2004 en prônant la suppression de l’embargo, avait révisé son jugement quatre ans plus tard, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2008, et adopté la doxa présentant les mesures coercitives américaines comme un levier efficace pour forcer Cuba à se réformer.
Revirement de l’opinion
Mais le temps a fini par également peser sur les convictions de cette communauté américano-cubaine. En juillet, un sondage de la Florida International University montrait qu’en son sein, une majorité (52 %) des personnes interrogées se disait désormais favorable à une levée d’un embargo qui était soutenu à 87 % en 1991.
La même étude montrait que 68 % souhaitaient le rétablissement de liens diplomatiques entre Washington et La Havane et que 81 % se disaient prêts à voter pour un candidat prêt à remplacer l’embargo par des mesures permettant une amélioration des droits de l’homme.
Comme par anachronisme, l’arrestation de l’Américain Alan Gross, libéré mercredi, avait coïncidé en 2009 avec des mesures d’allégement décidées par M. Obama qui s’ajoutaient à celles déjà prises par Bill Clinton en 1998. Les États-Unis sont de fait déjà redevenus l’un des premiers partenaires commerciaux de Cuba, notamment pour l’agroalimentaire, et près de 100 000 Américains visitent l’île chaque année. Le 28 octobre, l’Assemblée générale des Nations unies avait voté pour la 23e fois une motion demandant la levée de cet embargo américain que seul le Congrès américain peut décider. Deux pays s’y étaient opposés : les États-Unis et Israël.




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