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L'exigence du débat contradictoire au PDS

Il y a quelques jours, je m'attaquais au refus systématique de la contradiction dont fait montre l'Alliance Pour la République (APR) et les injures adressées à Idrissa Seck qui, avec ses camarades du REWMI, avaient dénonçaient la situation sociale difficile des sénégalais. La cohérence me commande de ne pas me taire sur le débat actuel dans mon propre parti politique, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS).


Rédigé par leral.net le Vendredi 29 Mai 2015 à 11:32 | | 4 commentaire(s)|

L'exigence du débat contradictoire au PDS
Des militants du parti ont soulevé la question de la restructuration et du renouvellement du PDS. Ils ont allé même jusqu'à proposer Modou Diagne Fada à la tête du PDS. La levée de bouclier qui s'en est suivie est révélatrice de l'immaturité de la culture démocratique interne à notre parti et d'une volonté affichée par certains à vouloir imposer la pensée unique.

Chaque militant a le droit d'être ou de ne pas être d'accord sur telle ou telle question intéressant la vie du parti. Les militants ne sont pas toujours obligés de partager les propositions ou positions du Secrétaire Général National. Il est aussi vrai que chaque militant peut être porteur de propositions qu'il juge nécessaires au bon fonctionnement du parti. Cette posture, si elle est saine, a des vertus progressistes et participe à l'instauration du débat contradictoire caractéristique des grands partis démocratiques. C'est pourquoi je n'ai pas compris les attaques violentes formulées contre ces porteurs de propositions et les accusations (de taupes de Macky) dont ils font l’objet me semblent exagérer.

Je suis persuadé que la meilleure réponse à une proposition politique (aux desseins avouées ou non) d'un frère du parti est l’acceptation d’une discussion interne ne mobilisant que des arguments intellectuellement solides et non des procès d'intention. Les injures et les accusations ne sont une solution à rien. La pensée unique ne saurait prospérée dans les partis politiques modernes, qui regorgent de militants libres, progressistes et résolument opposés à "l'unanimisme" et au "suivisme" qui du reste demeurent les pratiques les mieux partagées. Nos partis politiques ont besoin de débats et non d'injures...Le PDS ne peut se soustraire des débats contradictoires. Il en a besoin pour assumer son caractère démocratique.

En réalité, je suis convaincu que le PDS de 2015 a besoin de toilettage de ses textes et du renouvellement de ses instances pour deux raisons principales.

La première est que c'est une honte pour la nouvelle génération de devoir toujours compter sur un homme d'un âge aussi avancé que Wade. Au sortir de la défaite de 2012, La priorité du parti, devrai être de travailler à créer les conditions d’un repos politique bien mérité à Maitre Wade eu égard à la longévité de son combat, aux sacrifices faits, aux énergies mobilisées et aux représailles subis. Ce combat de plus de 30 ans ne manque sans doute pas de conséquences dont le repos est le meilleur remède. Le parti devrait très rapidement créer une alternative gagnante au point qu'on aurait plus besoin de Wade ni à la tête du parti ni sur le terrain politique, seulement ses précieux conseils et son influence mobilisatrice des masses. L’alternative existe, il suffit juste d’oser la rendre opérationnelle.

La deuxième raison, est que la désorganisation du parti semble profiter à un petit groupe. Les jeunes et des responsables qui par honneur et par principe refusent de se soumettre à un système "injuste" n'ont aucune chance d’assumer des responsabilités. Il s'y ajoute que le renouvellement du parti lui permettra de s'accorder, dans son fonctionnement, aux réalités démocratiques modernes. La distribution des responsabilités répondra moins aux pratiques lobbyistes et opportunistes mais à la taille de la représentativité et/ou à l'utilité intellectuelle des responsables.

Les critères de choix étant clairs et fondant la mise en place d’une équipe issue du choix des militants, les pratiques obscurs pour exercer des responsabilités non méritées resteront une réalité insignifiante et le militantisme sincère ainsi que le mérite seront primés. Il permettra aussi aux nouveaux adhérents qui sans doute sont déboussolés par la situation de désorganisation actuelle de trouver des raisons de continuer leur militantisme dans le parti.

Cependant, il faut clairement dire que les promoteurs du renouvellement ont tort de s’attaquer à Omar Sarr, coordonnateur du PDS. Pour ce dernier, ni sa conviction, ni sa constance encore moins son courage ne peuvent être mis en doute. Il mène un travail difficile à la limite de ses prérogatives que le contexte d’agression perpétuelle ne facilite. L'attaquer me semble être un acte de lâcheté car le problème est moins lui que la situation de désorganisation du PDS.

Il nous faut apprendre à ne pas être d'accord, à débattre de nos désaccords et à chercher à les faire évoluer dans l’intérêt exclusif du parti. Le PDS est un patrimoine national, un symbole de liberté et de démocratie. Par conséquent, dans ses positions et son fonctionnement de tous les jours, il doit être une référence de pratiques démocratiques pour toutes les autres formations politiques.

Serigne Nd. Dieng
Chirurgien dentiste
Secrétaire administratif de la fédération PDS de France







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