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L’instinct de survie et le vieil homme


Rédigé par leral.net le Jeudi 29 Mars 2012 à 18:34 | | 0 commentaire(s)|

Le concert de louanges que nous a valu la fin heureuse et pacifique de notre élection présidentielle ne doit pas nous endormir. Des éloges à l’endroit du peuple sénégalais dans son ensemble on peut dire qu’ils sont très amplement mérités. Les félicitations envoyées au Président élu sont, elles aussi, tout à fait normales et même obligatoires. Quant aux lauriers tressés, ici et là, autour du crane chauve d’un président si sèchement remercié et si largement battu, je ne peux qu’émettre mes plus vives réserves. Car quoi ? Qu’a-t-il donc fait pour mériter, je ne dis pas une couronne, mais une seule feuille de laurier ? Si c’est d’avoir téléphoné à son adversaire pour lui concéder la victoire, c’est très loin d’être une «Première» dans ce pays. Abdou Diouf, dans cet exercice, l’avait déjà précédé, il y a douze ans de cela.

Ce qui rend assez banal, somme
toute, ce geste que d’aucuns ont cru bon de magnifier de façon outrancière. Il n’y a pas là, donc, de quoi fouetter un chat. Surtout qu’avant de reconnaitre sa défaite et d’appeler son vainqueur, Wade avait préalablement convoqué les deux chefs de l’Armée et de la Gendarmerie pour se «concerter». Et je n’ai aucun doute que l’avis de ces deux officiers-généraux qui savaient les tendances sinon les résultats pour le gendarme tout au moins, aura été d’un poids décisif dans sa décision finale. C'est-à-dire capituler, en rase campagne, abdiquer. Adieu fusils, adieu gourdins et tentation de coup de force ! On peut dire que c’est bien contraint et forcé et non pas visité par la sagesse et conseillé par son oreiller qu’Abdoulaye Wade a passé le coup de fil que l’on sait. Celui-ci at- il préservé la paix civile ? On peut le penser et je veux bien le croire. Encore que n’ayant avec lui ni les gendarmes ni les soldats, cette espèce de baroud d’honneur se serait très rapidement transformé en un «Fort Chabrol» mortel pour lui, sa famille et ses derniers compagnons. Un sort donc encore moins enviable que celui qui est fait aujourd’hui
à son ancien collègue Gbagbo ! Quand on vous disait que l’instinct de survie est la chose la plus commune de tout le règne animal ! C’est cet instinct qui est sorti de ses profondeurs animales pour s’emparer de lui et lui dicter sa conduite. Simple comme bonjour. Ainsi Wade n’a mérité ni félicitations ni louanges tout au plus un peu de commisération à la lumière de l’état où son grand âge l’a conduit. Il suffit de repenser au spectacle qu’il a donné de lui-même dans on bureau de vote au Point E le jour de l’élection. Mais voici que moins de trois jours après, l’on doit assister au retour en force du Vieil Homme qui n’a rien appris, rien compris ni de ce qu’il a fait ni de ce qui lui est arrivé. «Par où Macky est-il passé pour gagner ?» s’est-il interrogé à Tivaouane. Mais par les urnes et la volonté du peuple sénégalais monsieur ! Lequel, par la même occasion, vous a montré en quelle piètre estime il vous tenait en vous attribuant le pire score qu’un président en exercice ait jamais obtenu dans une élection. La veille déjà, à Touba, il se disait victime de l’ignorance (autant dire de la bêtise) de l’opposition qui, en le vainquant le dimanche dernier, l’a empêché de mener à bien ou même d’entamer les mirifiques projets qu’il nourrissait pour le Sénégal. Quelle chance donc avons-nous d’avoir une opposition aussi bête et ignare. Elle vient de nous éviter bien des malheurs et des déconvenues. Car les «projets» passés comme futurs ne sont jamais que des gouffres à milliards que nos enfants et nos petits-enfants se tueront à rembourser cependant qu’à travers des commissions, des rétro-commissions et des circuits opaques, quelques rares privilégiés se seront goinfrés, empiffrés jusqu’à l’étouffement. Après avoir proféré toutes ces sottises, Wade en est venu à vouloir prendre la défense de son fils, le meilleur ci, le meilleur ça, qui sait tout et peut tout mieux que tous et qui serait tout blanc comme neige. Et il aurait même pu ajouter : d’autant plus que sa mère est blanche ! Voilà donc quelqu’un qui, en dépit de la gifle magistrale que nous venons de lui administrer, continue de nous prendre encore pour des imbéciles, des demeurés, des crétins. Il veut, le cas échéant, reprendre sa robe et se faire l’avocat de son fils. Eh bien, bienvenue au prétoire parce que Macky Sall ferait l’erreur de sa vie s’il se laissait embrouiller dans le nuage de brume et de fumée dans lequel son prédécesseur
voudrait le noyer. La chasse aux sorcières, ce n’est peut-être pas très joli, très bon, mais la chasse aux sorciers, elle, est nécessaire et de salubrité publique, en quelque sorte. Il n’est absolument pas possible de faire comme si rien de répréhensible n’avait été perpétré ici au cours de ces douze dernières années. Parce que le peuple, lui, a de la mémoire et beaucoup plus qu’un éléphant. Au cas où le Président nouvellement élu en viendrait à l’oublier, il ne tarderait pas à ce peuple de lui rafraîchir la sienne et à se rappeler à son bon souvenir. M. Macky Sall a eu une élection aux allures de plébiscite, selon ses propres termes et cela est vrai. Dieu fasse que par pudeur, gêne, modestie ou que sais-je encore, il n’en vienne pas à manquer au premier de ses devoirs qui est de rendre justice. Et de la rendre, d’abord, à ce magnifique peuple qui l’a élu contre ceux qui l’ont volé, spolié, mis en quasi-faillite pour, ensuite, le narguer.


SOURCE:Populaire






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