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L’introspection - Par Wagane Faye


Rédigé par leral.net le Jeudi 28 Mai 2015 à 14:35 | | 0 commentaire(s)|

L’introspection - Par Wagane Faye
Dans l’histoire des hommes et des peuples, malgré les vicissitudes de la vie, il doit nécessairement arriver un moment où l’on doit se définir. Savoir qui on est, d’où on vient, où on va (ce qu’on veut) et avec qui y aller. Cela nous permet, chaque fois, de repartir sur de nouvelles bases. Des bases claires et objectives parce qu’ayant nécessité une introspection totale.

Il est, cependant, vrai que toute introspection qui ne placerait pas l’homme (l’alpha et l’oméga dans toutes les politiques) par rapport à son idéal, son vécu quotidien, son environnement serait erronée. Mais qui dit introspection, dit voyage à l’intérieur de soi-même. Et voyager à l’intérieur de soi-même en toute objectivité requiert un courage que tout le monde n’a pas.

En tout état de cause, il doit y avoir une bonne harmonie et une interaction de ces trois concepts : homme, société, environnement. L’homme devant être le point autour duquel s’articule cette dynamique.

L’intelligence, maître mot dans ce domaine, viendra faire la différence. Or qui dit intelligence dit aussi savoir être et savoir vivre. En la matière il y a, malheureusement, plus de démunis que d’élus. Le problème, dans notre pays, est que les citoyens, pour la plupart, ont perdu la faculté d’écoute. Et tiennent coûte que coûte à faire passer leurs idées.

Compte non tenu de leur pertinence ou de leur actualité. Cela nous amène, souvent, à gérer des problèmes dont on pourrait, aisément, se passer.

L’intelligence n’ayant, malheureusement, pas réussi à faire l’unanimité autour d’elle, les errements et les égarements ne seront jamais que des problèmes dus à des personnes ou à des situations qui refusent sa gouverne. Il ne reste, alors, à l’homme, dans cette situation, qu’un expédient : rejeter ses incompétences sur les autres ou sur son environnement. L’honnêteté sera, hélas, dans ses petits souliers. Alors qu’elle, seule, aurait suffi pour sortir de l’impasse.

Le problème est, là, posé. Problème qu’on assimile souvent à un abcès. Or, tout le monde sait que tant qu’un abcès n’est pas crevé la douleur reste pérenne

On nous catégorise comme pays en voie de développement depuis 1960. Et depuis plus de cinquante, si on n’a pas reculé, on est toujours dans cette situation. Nous pensons que pour nous en sortir il faudrait une élite techniquement compétente et politiquement consciente. C'est-à-dire des citoyens qui réfléchissent et agissent dans le sens de l’intérêt supérieur du pays. Même si des sénégalais, politiciens ceux-là, agissent autrement.

Il n’en demeure pas moins que le monde, en ce XXIème siècle, ne laissera plus la place à l’improvisation ou au pilotage à vue.

Certes, des névrosés et même des paranoïaques ont, quelques fois, eu la part belle dans pas mal de situations antérieures.

Les névrosés, parce que, d’une certaine manière, on aura masqué leurs tares pour préserver des intérêts bassement matériels ou des situations confortables. Au détriment du grand nombre

Les paranoïaques, pour la bonne et simple raison que ce sont des gens difficilement battus si on les combat en surface. Car le parano a un raisonnement tellement séduisant que si l’on n’y prend garde on risque d’être emporté par sa « logique. » Seulement sa base est complètement erronée. Un édifice sans fondement peut être esthétiquement beau, mais il ne pourra pas affronter le temps.

Nous ne reviendrons pas, ici, sur les différentes étapes de la naissance d’un Etat au Sénégal. Mais sachons que nous sommes en présence d’un Etat hybride : avec une logique mondiale dominante (modernité) et qui traîne encore des tares héritées de valeurs sociologiques qu’il n’a pas historiquement détruites. Parce que participant de la logique de maintien et de préservation de son pouvoir

Notons, par ailleurs, une société civile à plusieurs composantes : les chefs religieux, les chefs coutumiers, les lobbies, les groupes de pression (organisés en fonction de ceci ou de cela)…… L’Etat se sert, dans la logique de son maintien, de ces entités organisées à des fins multiples, chaque fois que de besoin. Ces mêmes entités, aussi, se sentant très puissantes, exercent leur pression sur l’Etat chaque fois que leurs intérêts ou ceux de leurs affidés sont menacés. Et cela nous a menés à la situation où chacun, pour peu qu’il se sente protégé, fait ce qu’il veut.

Cet état de fait, entretenu avec un certain cynisme, conduit à des écarts qui entravent, d’une manière certaine, notre développement.

Nous avons, inconsciemment, peut-être, érigé un système où tout le monde se moque éperdument de tout et de tout le monde. Au nom de la liberté. Au nom de la démocratie.

Il se trouve que, malheureusement, dans un tel scénario, il arrive un moment où la coupe est pleine. Et c’est en ces moments qu’on prend conscience de tous les écarts qui peuvent conduire à une catastrophe. De sinistres exemples en la matière ont rythmé le quotidien des Sénégalais ces dernières années.

Cependant, pour notre survie, on doit tourner la page des incertitudes et des errements pour nous tourner vers l’émergence. Emergence d’un pays aux multiples atouts. Atouts qu’on doit 3éme millénaire devons comprendre qu’une autre vision de notre développement s’impose. D’autant plus que jusqu’alors on nous montrait la voie à suivre. Et ceux qui nous l’indiquaient n’étaient ni imprégnés de notre culture ni soucieux de nos intérêts.

Les actes que nous posons tous les jours doivent s’inscrire dans la logique d’un SENEGAL debout et digne. L’heure est au travail pour un développement harmonieux. Même si des inepties sont souvent créées par des individus qui, tout en étant conscients de leur décrépitude, peuvent encore servir des intérêts occultes. Mais ils se font, redécouvrir, au fil du temps, par le commun des sénégalais qui les croyait sincères dans leur repentir après tant d’atrocités commises sur un peuple qui, pourtant, leur avait tout donné.


Wagane FAYE
Professeur d’Anglais
Email : ngenbale@hotmail.fr








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