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L’université de Dakar entre contestation et résignation


Selon le classement de Shanghai, l’université Cheikh Anta Diop de Dakar est la première université francophone et la 29e des universités du continent toutes langues confondues ; cependant loin, derrière les universités sud-africaine, égyptienne et tunisienne. Cette performance tient moins aux résultats académiques des étudiants qu’la qualité des travaux de recherche. Les professeurs qui se sont particulièrement distingués dans ce domaine ,s’empressent d’aller monnayer leur talent en Europe ou aux Etats-Unis, oubliant que c’est grâce à l’argent du contribuable sénégalais qu’ils doivent leur notoriété.


Rédigé par leral.net le Samedi 31 Mai 2014 à 09:25 | | 4 commentaire(s)|

L’université de Dakar entre contestation et résignation
Cet espace fertile pour l’apprentissage et la recherche, conçu pour accueillir 25000 étudiants, étouffe du trop plein d’apprenants : 80500 confiés à seulement 1350 profs assistants et vacataires, qui dispensent le plus souvent, leurs cours dans des amphithéâtres surpeuplés.
Alors que partout dans la sous-région, les étudiants se préparent aux examens de fin d’année, et qu’ailleurs aux Etats-Unis et en France, ils s’apprêtent à prendre leurs vacances ; ici les inscriptions se sont poursuivies jusqu’au 30 mai.
En plus des insuffisances des infrastructures, de la pénurie de profs qualifiés, s’ajoutent le manque de matériel didactique, les retards énormes dans le paiement des bourses, et les critères sélectifs pour aller en master.
C’est déjà assez insuffisant pour faire le lit aux perturbations ponctuées de grèves alternatives des profs et des étudiants avec comme pic le saccage des bureaux du COUD, aggravé cette fois par des affrontements entre casseurs et éléments du GMI. Et les ténèbres de la violence reviennent au galop.
Dans un point de presse, Amadou Abdou Sow , doyen de la FLSH (Faculté des lettres et des Sciences Humaines) est formel « Nous avons demandé la présence des Forces de l’ordre pour garantir la sécurité des enseignants ».
Quant au ministre de l’enseignement supérieur, à qui on semble avoir vendu une histoire, il pointe du doigt accusateur Abdoulaye Wade, une relique politique pour les nostalgiques d’un passé révolu.
Pour autant, Mary Tew mène sa réforme au fil de l’eau. sa marge de manœuvre est faible
Enfin le cartel des principaux syndicats d’enseignants, a condamné ce qu’il a qualifié de «violations flagrantes des franchises universitaires ». A chacun sa vérité.
Certes, l’Etat consacre à l’enseignement supérieur 12% du PIB contre 0,6% pour la moyenne sub-saharienne, mais les crises cycliques continuent à plomber notre système. Pour autant les autorités peinent à dépasser 120.000 étudiants, loin de la recommandation de l’UNESCO qui est de 250.000.
Le problème se complexifie, car l’université a cessé depuis belle lurette d’offrir des débouchés à ses étudiants, ceci est particulièrement vrai au niveau des facs de lettres et sciences humaines d’une part, d’autre part des sciences juridiques, économiques et de gestion. Pendant ce temps, dans l’enseignement secondaire trouver un prof de maths de formation, relève du miracle.
La balance entre l’enseignement général et l’enseignement technique et professionnel se compte dans les doigts d’un e seule main. Cependant l’adéquation entre la formation et l’emploi comme la clé de voûte est incontournable.
Ainsi donc, l’université n’est plus la solution, mais le problème. Le concours d’entrée s’impose pour arrêter le surpeuplement, effacer les frustrations, et reconstruire un véritable temple du savoir. Or le gouvernement s’interdit de franchir le Rubicon.
Toutefois un bon nombre de bacheliers n’ont pas le niveau requis pour poursuivre avec succès des études supérieures. Ils sont légion à l’université.
En vingt ans, le niveau de nos écoles élémentaires, moyennes, et secondaires à beaucoup baissé.
Les disciplines instrumentales à l’école de base n’occupent pas la place qui leur revient. Le quantum horaire n’a jamais été atteint. Les grèves, débrayages et absences fantaisistes sont passés par là. Le président Sall a raison de fustiger le peu d’ardeur des sénégalais au travail.
La refondation de l’école sur la base de la production s’impose, or il est impossible de réformer l’université sans l’articuler avec les nécessités économiques fondées sur la science et la technologie.
En clair, c’est tout le système éducatif qu’il faut revoir. La population scolaire et universitaire, bien formée, peut engager le Sénégal dans l’élan industriel par la maitrise de l’outil technologie.
En attendant, les grandes entreprises de la place : Sonatel, SDE… Port autonome, qui sponsorisent des lambs et autres courses hippiques, feraient mieux d’appuyer les bibliothèques, la documentation et la recherche dans les universités.
Mamadou Ndiaye Ndouck-Fatick
Email: m.ndiaye33@yahoo.fr






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