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LA POLITIQUE OU LES LIMITES D’UN EXERCICE EFFICACE DU POUVOIR.

Une fois installé au pouvoir, le souci d’un parti ou d’une coalition de partis c’est de se maintenir. L’idée en soi est acceptable, en ce sens que notre charte fondamentale permet à un président, une fois élu, de briguer un second mandat. Mais, le problème réside dans la manière de procéder.


Rédigé par leral.net le Jeudi 26 Décembre 2013 à 13:45 | | 0 commentaire(s)|

Au Sénégal, on observe avec désolation, depuis 2 000, la psychose de perdre le pouvoir au bout de cinq ans, frisant parfois la parano. Pourtant, que ce soit en 2000 ou en 2012, il s’agit bien d’une alternance, un mandat de rejet d’une politique au profit  d’une nouvelle démarche plébiscitée par le peuple. Une occasion d’analyser la situation et d’entreprendre des ruptures et des réformes profondes.
Hélas, les promesses de rupture et de changement ne durent que le temps d’une rose, avant  d’être rattrapées par la « realpolitik » sénégalaise. Une culture politique qui consiste à se maintenir au pouvoir par la massification en pratiquant la transhumance et le débauchage, la rhétorique permanente dans les médias et parfois même la menace.  Se suffire à l’idée de bien travailler et de présenter un bilan aux populations n’agrée pas nos hommes politiques. Ils ont peur du caractère imprévisible  du jugement du peuple sénégalais,  et pensent pouvoir l’anticiper et surtout l’influencer par la pratique de la politique politicienne. Ainsi, une fois au pouvoir,  le régime tolère difficilement une opposition dynamique, pourtant indispensable à toute démocratie. Il ne s’imagine pas ne pas posséder des mairies, des conseils régionaux avant la prochaine présidentielle. Il s’emploie énergiquement à s’emparer de bastions électoraux par la transhumance, le débauchage à coup de postes ou de millions dans le seul but, nous dit-on de massifier le parti. Pire, il va jusqu’à imposer, avec l’aide d’une majorité parlementaire, des lois ou réformes impopulaires.
Ce qui est écœurant, c’est que des personnes jusque là inconnues, sans leadership politique, affichent leur ambition de diriger une collectivité par le seul fait qu’elles occupent une station de député, DG ou de ministre avec une suffisance qui n’a d’égal que leur arrogance ou leur activisme démesuré.
Ce qu’ils ignorent, c’est qu’être ministre ou DG membre de l’APR ne suffira pour détrôner un maire comme Khalifa Sall. Il force l’admiration par sa cohérence, son élégance, en somme son efficacité. Au lieu de l’encourager et de consolider son travail pour le rayonnement de notre capitale, on nous sert pour le bousculer, des politiciens impertinents, dégoûtants qui n’ont que le verbiage, l’insulte, la menace comme programme de campagne.
La presse ne fait pas mieux. Elle se plait à diffuser pour la énième fois, dans des émissions de dimanche comme « Sortie » ou « Face to Face », les mêmes politiciens qui ne sont d’aucun apport intellectuel pour la société. Les animateurs de ces émissions sont allergiques aux propos pertinents de Souleymane  Bachir Diagne. Ils préfèrent  les balivernes d’un « Cheikh » ou d’un « député », «  d’une notaire » qui a rejoint l’APR. Tout le monde sait que cette dernière hormis des informations confidentielles sur Idy, ne peut faire trembler une mouche politiquement parlant.
 Les tenants du pouvoir préfèrent les garanties politiques offertes par les transhumants sans scrupules et sans représentativité à l’évaluation de leurs performances économique, sociale, institutionnelle, environnementale par le peuple en 2017.
On ne s’étouffe point à s’entourer de conseillers, de ministres conseillers, de chargés de mission sans aucune utilité et qui appauvrissent davantage le contribuable sénégalais. Beaucoup d’entre eux pouvaient rester à l’Université dans le secteur privé ou à la retraite et apporter leur contribution comme c’est le cas du doyen Amadou Moctar MBOW ou de ATTALI en France.
Enfin, on veut des alliés dociles, aphones. Des alliés qui chargent le jour dans les médias et déchargent la nuit au sortir du palais après avoir obtenu un strapontin. Par contre, ceux qui émettent des critiques ou remarques objectives sont embarrassants et menaçants. Ils doivent être combattus au détriment de la rupture prônée. 
Nous faisons partie de ceux qui, sans supporter Idrissa Seck, pensent que ses critiques sont fondées. La situation économique et sociale actuelle ne laisse pas beaucoup de place à une autre analyse. Me Alioune Badara CISSE ne nous démentira pas et nous trouvons sa prise de position juste, courageuse et légitime.
La vision du Chef de l’Etat n’est pas encore bien comprise des sénégalais. Il a beaucoup été diverti par la traque des biens mal acquis. Il n’a même pas eu le temps de bien accélérer le rythme de parachèvement des bons chantiers de Wade. La politique a pris le dessus sur tout et continue malheureusement d’entraver la gouvernance sobre et vertueuse.
Même si le nouveau cap initié par Madame le Premier ministre et la prise de conscience d’une frange de la majorité présidentielle de la transhumance laissent entrevoir une lueur d’espoir, le chemin est encore long. Vous avez raison Me WAR, il se trame un coup d’Etat rampant. Soyez les sentinelles ! Eclairez et Réorientez le Chef de l’Etat avant qu’il ne soit trop tard. Car nous sommes persuadés que nos concitoyens n’auront aucun état d’âme à permettre à la coalition au pouvoir de réaliser un exploit inédit au Sénégal : faire un seul et unique mandat. C’est une réalité universelle très actuelle qui a emporté Sarkozy et qui risque de devenir l’arme fatale à la disposition des sénégalais. La seule arme capable de lever les freins au développement  économique et social en réduisant le politique au simple citoyen qui aspire à participer à la gestion de la Cité dans l’intérêt des populations.  
 


 SILIMA  NIEUMBE DIOUF
 mohalamdiouf@gmail.com







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