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LE «BARRER» OU REFUS DE PRENDRE LES COMMANDES DE DERNIÈRE MINUTE : La trouvaille des tailleurs pour éviter de faire faux-bond aux clients

À une semaine de la fête de Tabaski, les ateliers de couture refusent du monde. Mais pour éviter de faire faux-bond aux clients, les tailleurs adoptent la stratégie du «Barrer». C'est-à-dire refuser de prendre des commandes qu’ils ne pourraient honorer dans les délais.


Rédigé par leral.net le Mercredi 10 Novembre 2010 à 20:32 | | 0 commentaire(s)|

LE «BARRER» OU REFUS DE PRENDRE LES COMMANDES DE DERNIÈRE MINUTE : La trouvaille des tailleurs pour éviter de faire faux-bond aux clients
Une semaine, c'est le temps qui nous sépare de la fête de l'Aïd-el-kébir. Malgré ce délai court, les ateliers de couture continuent à être pris d'assaut par des clients des deux sexes désireux de se faire beau le jour J. Doutant fort de satisfaire correctement cette forte demande, certains tailleurs rejettent beaucoup de clients. Une prudence sous-tendue par ce que les spécialistes de la couture appellent dans leur jargon «barrer», une volonté de ne prendre aucun risque sur le non-respect des délais.
Un tour au marché Sandaga, hier après-midi, nous a permis de constater que les ateliers de tailleurs de la Galerie africaine à la rue Thiong refusaient du monde. Toute une collection de modèles de boubou est exposée, dans une atmosphère de pollution sonore, avec les machines à coudre qui vrombissent sans discontinuer. Visiblement très occupé derrière sa machine, Mamadou Sidibé fait partie des adeptes du «Barrer». «Si on prend beaucoup de commandes, on ne pourra pas tout terminer avant la Tabaski. De plus, il y a les coupures et la fatigue», avance-t-il pour justifier sa stratégie.

De la place faite aux fidèles clients

Il précise toutefois que cette manière de faire existait bien avant la récurrence des coupures d’électricité. «Même quand il n’y avait pas les coupures, on faisait le ‘Barrer’ pour ne pas retarder certains clients, à plus forte raison maintenant», explique-t-il en soulignant que ce traitement n'est cependant pas appliqué à tous les clients. Car des privilégiés échappent à cette mesure. Il s'agit des fidèles clients à qui les tailleurs réservent toujours une place. «Je prévois toujours mes fidèles clients. Parce qu'ils viennent souvent à la veille de la fête. Donc quand des clients occasionnels viennent, je leur dis simplement que j'ai bouclé la liste des commandes depuis quatre ou cinq jours», dit-il.
Abondant dans le même sens, Ousmane Pouye confie : «Si nous nous mettons à la place de nos clients, on n'aimerait pas qu'on nous fasse certaines choses. C'est pourquoi il ne faut prendre que ce qu'on peut terminer. Moi, j'ai l'habitude de boucler tôt mes commandes. Dans certaines circonstances, je prends certains clients parce qu'ils me sont fidèles».

Le «Barrer», certains tailleurs ne le pratiquent pas pour toutes les commandes. C'est le cas de Arona Ndiaye qui continue à accueillir des clients pour des modèles simples. «J'ai arrêté de prendre des clients qui commandent des modèles avec de la broderie. Je ne prends que les modèles simples. Parce que ces derniers sont plus faciles à coudre et prennent moins de temps. Mais quand il s'agit de mes fidèles clients, je les prends sans hésiter», explique-t-il.

À côté de lui, sa cliente, Mami Diédhiou, visiblement contente de voir son boubou en train d'être perlé, lance : «Moi, je suis une cliente fidèle. Donc, même quand je viens à la vielle de la fête, je suis sûre que mon boubou sera prêt. Ceux qu'on rejette doivent comprendre que ce sont les coupures qui fatiguent les tailleurs».

Pour certaines clientes comme Ndèye Khady Fall, il faut venir à temps. «J'ai pris toutes les dispositions pour que mes habits soient prêts avant la fête. C'est depuis le mois de Ramadan que je suis allée chez un tailleur», révèle notre interlocutrice.

Et face au refus des tailleurs, certains clients ont recours aux boubous prêt-à-porter. «Je n'ai pas pu avoir un tailleur pour confectionner mon tissu. Je suis obligée donc d'acheter un boubou prêt-à-porter. Parce que les tailleurs disent qu'ils ont déjà ‘Barré’». Il y en a même qui disent qu'ils ne sont pas sûrs de finir leurs commandes», se désole Marème Sow.

Awa DABO (Stagiaire)
Source Le Populaire






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