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LEADERSHIP DIPLOMATIQUE EN AFRIQUE ; Le Sénégal a perdu sa voix !

Rédigé par (Plus d'informations demain sur leral .net) le 30 Mars 2011 à 21:06 | Lu 1082 fois

La politique étrangère du Sénégal est devenue tristement illisible à cause d’un président soucieux de réussir tout simplement des coups médiatiques et aussi des choix très discutables qui privent notre pays de sa véritable place dans le leadership diplomatique africain.


A L’aube d’une Alternance politique réussie, le chef de l’Etat s’adressait à ses pairs africains avec un ego surdimensionné : « je suis le président le mieux élu de l’Afrique ». Cette phrase prononcée lors des grandes rencontres des présidents d’Afrique constituait bien sûr une fierté absolue pour un homme qui s’est battu pendant plus de 27 ans pour conquérir le pouvoir de façon démocratique. Un mérite indéniable. Cette phrase cruciale, pleine de vérité et de sens, était susceptible de renforcer l’indispensable popularité et la voix prépondérante de notre pays dans le concert des nations. Le début du mandat a été un grand moment pour la diplomatie sénégalaise et a offert au président pressé, une opportunité historique : la médiation réussie dans le conflit malgache était une belle opportunité pour faire de lui l’acteur central de la politique extérieure sénégalaise. Logiquement, il en pouvait espérer une suite heureuse qui lui aurait permis de renforcer son aura sur toute l’étendue du continent déchiré par de nombreux conflits. Après ce coup de maître, ce sera la traversée du désert avant la signature d’un semblant d’accord de paix entre le Soudan et le Tchad en 2008 lors du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) tenu à Dakar après plusieurs reports. Ce grand évènement diplomatique sera cependant entaché par plusieurs soupçons de mauvaises gestions.

La politique étrangère n’a jamais fait réélire un chef de l’Etat mais elle a prouvé également qu’elle peut grossir le flot de l’impopularité. Indubitablement, le Sénégal est devenu aphone sur la scène continentale depuis plus de 10 ans même si on nous annonçait le règne de Wade comme un feu d’artifice. En l’espace de quelques années, le promoteur zélé du panafricanisme et du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) est passé du statut d’un pays qui agit à celui d’une république absente dans la résolution des grands conflits continentaux. Comme anesthésié par son élection historique, la diplomatie sénégalaise enviée pour son dynamisme et son efficacité, se retrouve dans un fatal et inexplicable engrenage. C’est tout le bilan diplomatique du Sénégal, pourtant très conséquent, qui se retourne soudain comme un boomerang et se trouve jeté en pâture à l’opposition, aux médias, à l’opinion publique. En concentrant entre ses mains, toute l’action extérieure, au lieu de fixer le cap et de laisser les diplomates se charger à la fois de la préparation et de la mise en œuvre, le Sénégal est devenu tristement aphone. Il n’est plus sollicité dans les médiations sous-régionale et continentale.

Il crève les yeux que l’espace ouest africain nous échappe, le continent nous est devenu inaccessible. Au profit de Blaise Compaoré à cause de l’impulsivité, l’amateurisme, les préoccupations médiatiques (l’affaire Clotilde Reiss) et le manque de cohérence de la politique extérieure du chef de l’Etat. Aujourd’hui, c’est l’ancien putschiste emmitouflé dans un costume de démocrate reconverti qui rafle toutes les médiations dans l’espace UEMOA. Pourtant, la diplomatie sénégalaise n’a pas connu une succession indéchiffrable de profils ministériels hétéroclites : après le pondéré Cheikh Tidiane Gadio, c’est l’avènement de l’apparatchik du PDS, Madické Niang. C’est Abdoulaye Wade, le principal problème à cause de sa tendance à faire des dossiers internationaux une affaire personnelle avant de se retrouver dans des impasses. Deux exemples : la crise ivoirienne de 2002 a été un grand tournant des relations entre Dakar et Abidjan et a engendré une crise grave après avoir irrité Laurent Gbagbo. Ce dernier a toujours soupçonné Abdoulaye Wade d’être le parrain des Forces nouvelles. En route vers Marcoussis, le patron des rebelles (Guillaume Soro) était de passage à Dakar pour recueillir les conseils de Wade. Dernière en date, l’affaire Alassane Dramane Ouatara prouve une nouvelle fois un étonnant manque de discernement et de recul du chef de l’Etat. En décidant subitement de recevoir le patron du RDR à Dakar dans l’entre deux tours, le président sénégalais ne pouvait que fâcher passablement au plus haut point son homologue ivoirien. Tout en exposant la vie de nos compatriotes et provoquant une ultime fois un blocage incongru entre deux nations particulièrement proches et dont l’alliance constitue un axe essentiel pour toute l’espace de l’UEMOA.

Le chef de l’Etat a noué contre toute attente une amitié personnelle avec un paria de la communauté internationale, le honni Moussa Dadis Camara, qu’il défendait après son putsch. C’est, pourtant, Compaoré qui est venu démêler l’écheveau. Aujourd’hui, la voix du Sénégal est absente et son influence s’effrite dangereusement comme l’illustre l’absence de Sénégalais à la Direction des grandes institutions régionale et internationale. Alors que les autres pays collectionnent les postes internationaux comme le Mali (Commission de l’UEMOA, ASECNA, ONUSIDA…), Wade en prive sciemment aux Sénégalais. Depuis deux ans, le chef de l’Etat peine à faire élire le seul Aziz Sow, après avoir échoué à faire élire Ibrahima Fall à l’Union africaine, Eva Marie Colle Seck à l’Organisation mondiale de la Santé, Amadou Kane puis Aïcha Agne Pouye à la Banque ouest-africaine de Développement. Seul Jacques Diouf, qui a subi les foudres injustifiées du chef de l’Etat, gère un poste prestigieux (FAO). Moussa Touré a perdu son poste à l’UEMOA. Dernièrement, ATT a assuré deux mandats successifs à la tête de l’UEMOA. Wade est le seul chef d’Etat à n’avoir pu exercer deux mandats. Un affaiblissement diplomatique voulu et pensé ?

Bocar SAKHO la gazette


1.Posté par schwarzeraal le 30/03/2011 21:20 | Alerter
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comme le disaient nos parents quand on courait derriere laye ndiombor, bpoe bou atenoule karawe mounoule yoré rewe,cet épouvantail n´inquiete meme pas les oiseaux,cet incapable baye diagale.

2.Posté par boypanam le 31/03/2011 05:47 | Alerter
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Mauvaise foi quand tu nous tiens !
Je ne suis pas un supporteur de Wade mais je trouve que vous êtes bien durs avec lui.
La communauté internationale est en train de faire la même chose avec Khadhafi. Ce monde
est truffé de malhonnêtes qui arrivent à manipuler tout le reste. Incroyable !

3.Posté par Bozz le 31/03/2011 11:38 | Alerter
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C'est une longue histoire, une habitude politique, bien sénégalaise; mais le Sénégal retrouvera sa voix,quand?...

4.Posté par le casacais le 31/03/2011 12:24 | Alerter
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bonjour MR sakho ,il ne faut pas critiquer pour simplement se faire voir ,je suis au moins persuade que votre article est sans objet car comment comprendre qu alleur pour ne pas dire au senegal les pays d afrique consideraient il ya pas lontemps ,Gadio comme l un des meilleurs ministres des affaires etrangeres que l afrique ait connu et venir aujourdhui sotir votre litanie en affirmant que le senegal est absent sur la scene diplomatique depuis 10 ans .mr,tout le SENEGAL sait ce qui oppose votre patron je veux nomme abdou latif coulibaly au PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU SENEGAL SON EXELLENCE Me ABDOULAYE WADE ...cependant l ethique et la deontologie devraient vous permettre de ne mentir sans soursiller .prenez la peine les choses telles qu elles se presentent car il se pourait que vos propres enfants vous lises si bien sur vous aviez reuissi à enfanter ,in fine ces enfants pouraient etre amener a ne pas etre fier de leur pays .cordialement !

5.Posté par Bodian le 11/04/2011 15:30 | Alerter
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Mauvaise foi quand tu nous tiens !
Je ne suis pas un supporteur de Wade mais je trouve que vous êtes bien durs avec lui. Car tout ces gens qui parlent ne nous montrent pas du bon ou une bonne education pour nos enfants. Un Talla qu'est-ce qu'il signifie pour nous. ou quel intelligence a-t.il
La communauté internationale est en train de faire la même chose avec les bavadarts. Ce monde
est truffé de malhonnêtes qui arrivent à manipuler tout le reste. Incroyable

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