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LENDEMAINS DE PUTSCH EN MAURITANIE : Une recomposition politique se dessine

Rédigé par Senegal Leral le 11 Août 2008 à 09:41 | Lu 884 fois

En dépit du ballet diplomatique incessant qui, depuis vendredi, se déroule au palais ocre de Nouakchott et des différentes déclarations faites par les uns et les autres, y compris le nouveau maître des lieux, le président du Haut Conseil d’Etat, le flou politique continue dans la capitale mauritanienne où le climat s’est adouci avec la pluie du vendredi.

Dernière en date, la déclaration du président de l’Assemblée nationale refusant hier soir toute cohabitation et invitant le président Ould Aziz à aller au bout de son action, en dissolvant au besoin l’Assemblée nationale.


LENDEMAINS DE PUTSCH EN MAURITANIE : Une recomposition politique se dessine
Les émissaires de l’Union européenne, de l’Union africaine, des Nations unies et de la Ligue arabe, suivis des ambassadeurs de France, du royaume d‘Espagne, des Etats-Unis et de la République fédérale allemande se sont succédé sur le perron pour livrer à la presse leurs impressions ou réflexion suite à leur rencontre avec le président du Haut Conseil d’Etat, nouveau patron de la junte militaire au pouvoir depuis le six août. Le flou politique est loin d’être levé, les différents acteurs de la scène politique rivalisant d’ardeur de déclarations

Les Mauritaniens de tous horizons favorables aux putschistes comme partisans de la légalité constitutionnelle après avoir, respectivement par meeting interposé, occupé le devant de la scène politique, restent désormais accrochés à Al Jazira la chaîne diffusant en continu en arabe depuis le 10ème étage de l’immeuble Khaïma au cœur même de la capitale D’autres moins chanceux ou tout simplement parce que francophones se contentent de RFI

Les sorties d’audiences et les adresses à la presse fort suivies par ailleurs renseignent sur la fébrilité politique en cours. Elles alimentent tard le soir les causeries et débats dans les états-majors politiques mais aussi dans les foyers. Ces changements politiques majeurs qui ailleurs auraient mis au chômage les opérateurs économiques sont ici vécus au sein des populations dans une sorte d’indifférence ou en tout cas beaucoup de nonchalance.

Ni le commerce ni les activités annexes de la capitale ne sont sérieusement affectés. Le revirement démocratique d’un pays cité en modèle depuis le passage réussi de la transition démocratique alimente cependant bien des conversations. Les condamnations ont été comme qui dirait laissées à la communauté internationale et à une frange de la population. Dans les états-majors politiques, on semble vouloir tourner la page et laisser aux militaires « leur débat » pour se focaliser sur la recomposition politique qui se dessine déjà et sur les séquelles de l’après-putsch perçu ici comme une sorte de « révolution de palais »- n’engageant que les mêmes acteurs militaires.

« Nous sommes désormais dans une nouvelle transition, la première ayant échoué par la faute de l’opposition, avance son du côté de Ajd/Mr, le parti de notre confrère Ibrahima Sarr De l’avis des responsables de ce parti, l’entretien s’est déroulé en présence de Mory Cissé, le Secrétaire général, le problème n’est pas de condamner mais de savoir comment faire pour ne pas « rater la nouvelle donne politique qui consiste, avancent-ils à amener les militaires à aller vers une véritable transition avec un calendrier connu et des modalités. Nous demandons des élections générales et le retour aux casernes des miliaires », ajoutent-ils. (Nous reviendrons sur l’interview accordée). Le problème des réfugiés politiques dont le sort devient plus qu’incertain, le passif humanitaire que le régime déchu était en voie de régler, sont autant de questions revenant souvent lors des discussions. Nombre de responsables politiques impliqués dans ces dossiers fort brulants se sont sentis irrités par la démarche courageuse de Sidi, indique un de nos interlocuteurs.

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L’Ua, l’Onu, la Ligue arabe et l’Uma : au chevet de Nouakchott

A leur sortie d’audience, les émissaires comme ambassadeurs ont révélé à la presse leurs impressions. Pour Saïd Djinnit, envoyé spécial de l’Onu en Afrique de l’Ouest :« la question qui est à l’ordre du jour, c’est le retour à l’ordre constitutionnel et les conditions dans lesquelles ce retour se fera le plus rapidement possible ». Précisant sa pensée, il a ajouté avoir « fait état de la grande préoccupation de la communauté internationale par rapport à la suite des événements, c’est-à-dire le retour de l’ordre constitutionnel ».

Pour sa part, la délégation de la Ligue des Etats arabes conduite par Ahmed ben Hilli et porteur d’un message du Secrétaire général de la Ligue arabe : « il a été question de l’intérêt accordé par la Ligue à la stabilité de la Mauritanie et à son expérience démocratique pilote ». « Nous souhaitons que la Mauritanie, qui compte parmi les expériences réussies, poursuive celle-ci ». Il a ajouté avoir été rassuré sur la santé de l’ancien président. S’agissant de la question de la suspension de la Mauritanie au sein de la Ligue, Ben Hilli a précisé qu’il n’existe pas dans la charte de cette organisation « de dispositions relatives » à ce sujet et que la Mauritanie jouit donc de sa position naturelle au sein de l’organisation arabe.

Le Secrétaire général d l’Union du Maghreb arabe (Uma) Lehib Ben Yahya a souhaité que les choses aillent dans le bon sens : celui de l’intérêt du peuple mauritanien. L’Union africaine de son côté avait menacé de suspendre la Mauritanie. Même attitude du côté de Washington.

Source : le soleil