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LETTRE 0UVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Monsieur le Président de la République, je profite d’un grand événement de la vie nationale (Présentation de la Politique Générale du PM à l’Assemblée Nationale) pour, en tant qu’éducateur et simple citoyen, rappeler aux représentants du peuple et à tous les Sénégalais l’importance des Langues nationales. De Senghor à vous, ou plutôt, avec Senghor et plus tard avec vous, Monsieur Le Président, les Langues nationales ont eu des défenseurs acharnés. A deux reprises, vous avez personnellement pris l’initiative hardie de réhabiliter nos Langues en
mobilisant les intellectuels de ce pays. Mais où en sommes-nous aujourd’hui? Est-il possible d’espérer qu’un jour, nos langues seront enseignées dans les écoles ou tout simplement bien parlées à la maison ?


Rédigé par leral.net le Samedi 11 Décembre 2010 à 12:14 | | 1 commentaire(s)|

LETTRE 0UVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Monsieur le Président de la République, je profite d’un grand événement de la vie nationale (Présentation de la Politique Générale du PM à l’Assemblée Nationale) pour, en tant qu’éducateur et simple citoyen, rappeler aux représentants du peuple et à tous les Sénégalais l’importance des Langues nationales. De Senghor à vous, ou plutôt, avec Senghor et plus tard avec vous, Monsieur Le Président, les Langues nationales ont eu des défenseurs acharnés. A deux reprises, vous avez personnellement pris l’initiative hardie de réhabiliter nos Langues en
mobilisant les intellectuels de ce pays. Mais où en sommes-nous aujourd’hui? Est-il possible d’espérer qu’un jour, nos langues seront enseignées dans les écoles ou tout simplement bien parlées à la maison ?
En 1937, à la Chambre de commerce de Dakar, Léopold Sédar Senghor tient une conférence durant laquelle il attire l’attention des autorités coloniales sur l’importance des Langues nationales et la nécessité impérieuse de les introduire dans le système éducatif de l’époque. Un homme de culture de sa trempe, héraut de la Négritude de surcroît, a fait alors preuve de courage intellectuel. Mieux, il a été incontestablement un grand visionnaire.
Mais c’est à son avènement à la magistrature suprême qu’un travail véritablement sérieux a été entrepris sur les Langues nationales. Quelques langues (6) ont été codifiées. Nos compatriotes se sont sentis plus fiers d’eux-mêmes, en ayant plus de considération pour leurs langues maternelles. Lors d’une émission télévisée (en compagnie du poète Amadou Sall en 1986), Senghor a rappelé, son attachement aux Langues nationales : devenu Président, il s’est toujours offusqué du fait que les speakers à la radio nationale parlent un wolof (par exemple) trop mâtiné de mots français. « Si c’est ça, disait-il, ce n’est pas la peine ! » Aujourd’hui encore, nos animateurs à la radio et à la télévision, trouvent très naturel de s’exprimer dans une Langue nationale où l’essentiel du discours est en français. Senghor ne dort pas bien à Bel Air. Tout le monde sait que ce sérère bon teint, s’est toujours évertué à bien parler le wolof.
Monsieur Le Président de la République, s’il est vrai que vous êtes un bon disciple Senghor dans beaucoup de domaines, vous l’êtes bien dans celui très précis des Langues nationales. En effet, à votre arrivée à la tête de la Nation, vous avez initié, pendant deux années successives (2001 et 20002, je pense), un stage de formation de tous les fonctionnaires du pays en Langues nationales. Il s’est agi de rendre tout un chacun capable de transcrire sa langue maternelle (ou celle qu’il maîtrise le plus oralement). Le maître en innovations que vous êtes (j’ai l’habitude de le dire), a ainsi montré, de manière concrète la voie à suivre. Vous avez, par cette idée géniale, « désanalphabétisé » la formation en Langues nationales. C’est-à-dire, qu’avant, ce sont surtout des analphabètes qui ont été concernés : femmes et jeunes plus ou moins désoeuvrés. Tout fonctionnaire, conscient et patriote, aurait pu profiter de cette opportunité pour ne plus avoir de difficultés à transcrire dans la langue de son choix. A présent, il est normal de se demander quelle est l’évaluation qui a été faite après les deux sessions de formation évoquées ci-haut.
A notre humble avis, deux constats peuvent être faits :
-la plupart des fonctionnaires n’ont pas suivi les cours avec sérieux c’est-à-dire avec assiduité et intérêt
-une évaluation au niveau national n’a pas été faite- à notre connaissance- pour permettre au Président de la République de faire un bon suivi de ces opérations d’une importance capitale pour l’avenir intellectuel et culturel du peuple.
Or, déclencher des actions d’une telle envergure et ne pas en cueillir les fruits escomptés est tout simplement du gâchis. Les collaborateurs d’un chef ont terriblement tort de ne pas donner corps aux idées généreuses de leur guide .Mon Dieu ! On doit cesser de bien commencer pour ne jamais terminer en beauté ou presque!
L’introduction des Langues nationales à l’école élémentaire avec des classes expérimentales a été timidement amorcée .Il semble donc que, malgré votre amour pour les Langues nationales, une réelle mise en œuvre pour aboutir à l’enseignement de nos Langues n’est pas pour demain. Senghor et vous, c’est sûr, êtes des maîtres à penser et des références pour beaucoup de citoyens de ce pays. Chaque Sénégalais a le devoir de vous imiter dans vos engagements patriotiques. Mais si des représentants du peuple ignorent ou banalisent certaines préoccupations fondamentales pour l’avenir de la Nation, il y a de quoi s’inquiéter.
Rarement j’ai entendu un député (Doudou Wade et Samba Diouldé Thiam mis à part) plaider pour l’introduction rapide de nos Langues à l’Ecole. Plus grave: nos députés parlent mal leurs langues maternelles .Quand, à la tribune, ils déclarent faire leurs interventions en wolof (en pulaar, en sérère.. .), on se rend compte que nos braves députés s’expriment plutôt en Français ou si vous voulez en très mauvais wolof. Cela est tout simplement insupportable. S’il est vrai que nous sommes habitués à « mélanger »le wolof et le français (par exemple), s’il est tout aussi vrai que certains mots techniques sont difficiles à trouver (c’est la faute à nos linguistes !), il est quand même inacceptable qu’un député (du peuple) parle de cette façon au niveau de notre auguste hémicycle : l’Assemblée Nationale. On est en droit de se demander si le député croit vraiment à l’indépendance intellectuelle et culturelle de son pays. Que fait-il de la Négritude? Ne sait-il pas que nos Langues nationales sont aussi très belles ?
Je voudrais, dans la dernière partie de mon propos lancer un vibrant et suppliant appel à vous, Monsieur Le Président de la République : Au secours ! La « FRANCULOSE »envahit dangereusement l’âme de notre patrimoine culturel que constituent nos Langues. Aujourd’hui, Les Sénégalais en général (et même certains de nos marabouts) parlent mal le wolof, le sérère, le diola,… Ils sont toujours fascinés par la langue de leur ancien Maître, le Toubab. Le plus grave est qu’ils se plaisent à le faire, comme si leurs discours seraient insipides sans des mots , des phrases dits en français-en mauvais français du reste. Dans le Sénégal profond, on arrive mal à tenir une causerie avec ces gens de la ville dont la langue maternelle se dilue dans un français plutôt parasite. Certaines personnes (des personnalités !) continuent à se comporter comme du temps de nos ancêtres, déracinés et assimilés, qui ont eu à douter de la valeur de leurs langues maternelles qualifiées de vernaculaires. Les « franculeux » tuent leur langue maternelle ; ils menacent l’existence même de leur ethnie ; ils contribuent à tuer la culture nationale, la culture africaine.
Loin de moi l’idée de penser que nos langues peuvent être préservées de toute interférence linguistique : l’enrichissement mutuel entre les langues est une réalité. Mais abandonner sa propre langue pour une autre est, pour nous Sénégalais, un crime contre la Négritude, un défaitisme inexplicable. C’est surtout une trahison à l’égard des intellectuels africains qui ont œuvré (et continuent d’œuvrer) pour la reconnaissance et la réhabilitation de nos langues nationales, sève nourricière de notre culture nationale, africaine.
Monsieur Le Président de la République, permettez-moi de faire deux suggestions :
1. Reprendre votre belle initiative de former tous les fonctionnaires afin qu’ils sachent écrire correctement au moins une de nos Langues nationales. D’autre part, il faut que tous ceux qui aspirent à une fonction élective (sénateur, député,…) soient également formés. Que penser d’un homme politique totalement analphabète ? Et de grâce, il faut aller jusqu’au bout dans cette formation !
2. Choisir un grand homme de culture pour lui confier un super ministère de la Communication, de la Culture et des Langues nationales. Il s’agira de mieux conscientiser le peuple sur ses valeurs cardinales dont les Langues nationales qui, réhabilitées et enseignées, constitueront un puissant levier d’épanouissement et de
progrès. Les médiats joueront un rôle central dans cette action de grande envergure.
Monsieur Le Président, aucun pays développé ne l’a été en utilisant une langue étrangère comme langue d’enseignement –que je sache. Aucun homme sensé ne doit délaisser sa langue maternelle, sa raison d’être, pour celle d’un autre. Ce mal profond (que j’appelle ici « Franculose ») tue à petit feu notre expression authentique et risque de faire de nous d’éternels « singeurs » au verbe vidé de son essence parce que impardonnablement hétéroclite et à la limite incompréhensible Au secours ! Monsieur Le Président ! Aidez le peuple à éradiquer cette épidémie « linguistique » mortelle !









Monsieur papa Bâ
Surveillant Général au Lycée de
Richard-Toll Dépt de Dagana
Tél. 775730646- 339659032




1.Posté par jules kane le 11/12/2010 22:00 | Alerter
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merci.je prie dieu pour que le presi vous nomme ministre de ce que vous essayez d'expliquer!car la vraie indépendance est intellecto-culturelle ou n'est pas! m.kane depuis dagana

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