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La Chine fait la leçon aux USA dans le monde arabe

le 15 Septembre 2012 à 10:54 | Lu 2409 fois

La presse officielle chinoise regorge d'articles commentant avec une évidente délectation les nouveaux déboires de l'Amérique dans le monde arabe.


La Chine fait la leçon aux USA dans le monde arabe
Sur le thème de «on vous l'avait bien dit», la presse officielle chinoise regorge d'articles commentant avec une évidente délectation les nouveaux déboires de l'Amérique dans le monde arabe. La tonalité est partout la même: les Américains ont joué avec le feu lors des printemps arabes, le retour de flamme est pour eux.

Un éditorial du quotidien officiel Global Times est titré «Le fiasco en Libye illustre la triste réalité de la politique américaine». Pour le journal, l'attaque contre l'ambassadeur a une «signification politique grave». Le «mécontentement du public envers l'occident est en train de monter, sans contrôle», poursuit-il. L'agence Chine nouvelle affirme aussi que la fronde anti-américaine en cours «illustre la mauvaise stratégie» des États-Unis et «montre la nécessité pour Washington de repenser ses politiques dans la région».

La Chine n'a jamais digéré les frappes aériennes déclenchées sur la Libye, estimant avoir été flouée par des Occidentaux qui ont interprété abusivement une résolution de l'ONU. Lors de la fièvre des printemps arabes, les Chinois sont restés fidèles à leur doctrine officielle de non-intervention dans les affaires intérieures d'un autre pays. Une politique qui a conduit à soutenir les régimes en place et à ignorer les mouvements d'opposition. Mais devant l'effondrement du pouvoir en Tunisie, en Égypte et en Libye, les Chinois ont vite craint de se trouver «déconnectés» de ce nouveau monde arabe, de payer le prix pour avoir boudé les révolutionnaires. Leurs intérêts économiques dans la région pouvaient pâtir de ce décalage.

Quitte à ébrécher ses principes, Pékin a fini par prendre langue avec les rebelles libyens, avant même la chute de Kadhafi. Comme elle le fait aujourd'hui avec l'opposition syrienne, dont la délégation d'une de ses composantes doit arriver à Pékin la semaine prochaine, alors que la Chine continue de soutenir Damas. «Afin de parvenir à une résolution politique de la question syrienne, la Chine œuvre de façon active et impartiale avec toutes les parties en Syrie», s'est justifié le ministère des Affaires étrangères. Aujourd'hui, la mauvaise passe de Washington peut permettre à Pékin de regagner du terrain dans la région.

Un autre commentaire du Global Times tire même de la colère déclenchée par le film anti-Islam une leçon allant au-delà de la diplomatie moyen-orientale. Les États-Unis doivent se montrer moins arrogants et apprendre à «respecter les autres cultures», martèle-t-il. Sous-entendu, admettre les fameuses «spécificités chinoises» en matière de système politique et de droits de l'homme. Et puis, il fait remarquer qu'il est difficile d'expliquer aux populations musulmanes que l'on ne peut rien faire contre la diffusion de tels films, en se réfugiant derrière la liberté d'expression. Comme quoi, la censure et les restrictions des libertés individuelles ont du bon…


Par Arnaud de La Grange