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La France "en guerre" et en deuil

le 13 Janvier 2015 à 23:39 | Lu 385 fois

La France "en guerre" et en deuil
La France, qui a vécu mardi une journée de recueillement en mémoire des familles des victimes des attentats de la semaine dernière, doit se préparer à une "guerre" contre le terrorisme et l'islamisme radical, a dit Manuel Valls.
A l'Assemblée nationale, après une Marseillaise chantée à l'unisson, une première depuis la victoire contre l'Allemagne en 1918, le Premier ministre a prononcé un discours sur les réponses à apporter aux tueries qui ont fait 17 morts.
"Oui, la France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l'islamisme radical", a-t-il dit devant un hémicycle qui, à droite comme à gauche, l'a applaudi.
Manuel Valls s'est engagé à un renforcement "exceptionnel" des mesures de renseignement et de surveillance de la mouvance djihadiste, sans précipitation.
Mais le Premier ministre a surtout prôné un examen de conscience de la classe politique et des représentants du culte musulman sur les "les échecs de l'intégration" et les dérives islamistes, les agresseurs de Charlie Hebdo et d'une supérette juive ayant revendiqué leurs liens avec la mouvance djihadiste.
"Je ne veux plus que dans notre pays il y ait des juifs qui puissent avoir peur et je ne veux pas qu'il y ait des musulmans qui aient honte", a-t-il lancé devant les députés.
La journée avait commencé par l'hommage rendu par François Hollande aux trois policiers "morts pour que nous puissions vivre libres" qui ont été décorés à titre posthume des insignes de la Légion d'honneur.
LA FRANCE "DEBOUT"
"Face à la barbarie, c'est le peuple de France qui s'est levé", a ajouté le président de la République en référence aux quelque quatre millions de personnes qui ont défilé dimanche dans toute la France. "Notre belle France, qui ne rompt jamais (...), elle reste debout."
En même temps avaient lieu à Jérusalem les funérailles des quatre victimes juives de la prise d'otages de vendredi dans un supermarché casher de Paris.
"L'antisémitisme n'a pas sa place en France", a déclaré la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, qui représentait François Hollande à cette cérémonie.
A Bobigny, dans la banlieue de Paris, avaient lieu parallèlement les funérailles du policer Ahmed Merabeh, "Français de confession musulmane, très fier de représenter la République française" selon le président français.
Il a été exécuté mercredi dernier d'une balle dans la tête par les frères Saïd et Chérif Kouachi qui venaient d'assassiner 11 personnes au siège de Charlie Hebdo.
"Moi je suis musulmane mais ma religion je la fais pour moi, pas pour les autres", a dit Yamina Zenaseni, qui était une de ses amies, portant dans le cimetière musulman de Bobigny un voile qu'elle n'arbore pas habituellement.
Les autorités musulmanes de France, victimes d'une cinquantaine d'actes contre leur religion depuis les attentats, ont d'ailleurs appelé leurs fidèles à ne pas réagir au numéro de Charlie Hebdo qui sortira mercredi en kiosque.
MAHOMET EN "UNE" DE CHARLIE HEBDO
On y trouve en "une" un dessin du prophète Mahomet la larme à l'oeil qui, sur un fond vert, brandit une pancarte "Je suis Charlie", mot d'ordre des soutiens à l'hebdomadaire depuis une semaine, sous le titre "Tout est pardonné".
Les auteurs de l'attentat ont dit au moment de fuir avoir "vengé le prophète", référence à la publication de caricatures de Mahomet dans le journal satirique.
Luz, qui a dessiné cette une -- Mahomet certes mais avant tout, pour lui, "un bonhomme qui pleure" -- a envoyé un message d'apaisement, après avoir raconté, les yeux embués, le retour à la vie du journal et son cheminement jusqu'à ce dessin.
Il a expliqué s'être rendu mardi aux cérémonies pour les trois policiers qui ont perdu la vie.
"Et à ce moment-là je me suis dit 'ouais, nous sommes encore Charlie, je suis Charlie, je suis flic, je suis juif, mais je suis aussi musulman, parce que les terroristes qui nous ont attaqués, ils veulent la haine entre les gens, ils veulent la haine aussi contre les gens qu'ils croient défendre."
Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rappelé que plus 10.000 militaires avaient été déployés dans toute la France et que 4.700 policiers et gendarmes ont été chargés de protéger les lieux de culte juif et musulman.
Ce déploiement est compatible avec la loi de programmation militaire mais un renforcement du rôle des réservistes doit être envisagé, a-t-il dit.
reuters