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La République du hangar (Par Cheikh Mbacké Guissé)

Pendant plusieurs jours, une centaine de Sénégalais et de Sénégalaises était parquée dans un hangar de l’aéroport Léopold Sédar Senghor avant qu’on ne leur annonce qu’ils ne verront pas la «Kaaba». Du moins, pas cette année.


Rédigé par leral.net le Dimanche 20 Septembre 2015 à 01:06 commentaire(s)|

La République du hangar (Par Cheikh Mbacké Guissé)
Pourtant, ils ont respecté toutes les formalités administratives, payé leurs billets et même, pour certains, laissé à leurs familles de l’argent pour les dépenses de la Tabaski qui devait les trou- ver au sein de Masjid al-Haram, là où a été érigé le Cube prodigieux. Mais leur rêve collectif s’est transformé en cauchemar individuel à cause de la folie irresponsable, de l’amateurisme et de la faillite générale de la Commission du pèlerinage.
Ainsi, «la République du hangar» a vidé les lieux avec un sentiment de honte suprême et d’amertume pour certains ex futurs pèlerins qui ne sa- vent pas comment affronter le regard de l’autre, cet enfer selon la formule sartrienne, celui-là à qui ils avaient fait leur au-revoir, en ignorant que leur pèlerinage commencerait et se terminerait à Dakar. L’inadmissible, le dégueulasse, c’est que le commissaire au pèlerinage prenne l’avion au moment où ces Sénégalais et Sénégalaises étaient dans un désespoir absolu. Un bon général se devait de rester, dans le hangar, près de ses «troupes», pour partager avec eux leur peine et les réconforter.
Qui plus, cette situation catastrophique, pour ne pas dire tragique, résulte de la gestion opaque et lamentable du commissariat général au pèlerinage qui a dépassé les quotas qui lui étaient accordés.
Ce n’est qu’en raison des liens séculaires qui le lient au Sénégal que l’Arabie saoudite a délivré des visas à certains pèlerins qui ont pu quitter Dakar, grâce à un avion affrété personnellement par le Chef de l’Etat. Cette intrusion salvatrice du Président Macky Sall, qui a pourtant nommé un ministre des Affaires étrangères ayant sous sa tutelle le commissariat général au pèlerinage, renseigne sur les carences objectives de tous ceux qui étaient impliqués dans le Hadji 2015. C’est un naufrage collectif et, les Affaires étrangères, tout comme le commissariat au pèlerinage, ont coulé.
Car, c’est la première fois, depuis que le pèlerinage est pèlerinage, que 131 personnes sont laissées en rade, faute de visa. A défaut de respecter ses engagements, la commission aurait dû rembourser, sur place, les pèlerins du public, qui n’ont pas pu voyager.
Mais voilà : non seulement le commissariat au pèlerinage a saucissonné sa feuille de route mais elle a fait montre d’une indifférence totale envers toutes ces personnes dont elle a brisé l’espoir.

Cheikh Mbacké Guissé





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