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La Section de Recherches de la Gendarmerie a mis fin aux agissements des escrocs camerounais

Les escrocs camerounais présentaient des pois chiches « rouges » comme des produits miracles contre le cancer et le Sida ! Le préjudice occasionné à des commerçants sénégalais se monte à des dizaines de millions de nos francs.


Rédigé par leral.net le Dimanche 7 Avril 2013 à 13:43 | | 2 commentaire(s)|

La Section de Recherches de la Gendarmerie a mis fin aux agissements des escrocs camerounais
Connaissez-vous les « pois chiches secs » ? C’est comme des « haricots blancs secs » mais minutieusement colorés en rouge, histoire de rendre le produit original et le présenter donc comme très rare et introuvable sur le marché. C’est en tout cas le modus opérandi trouvé par des escrocs pour faire passer ces graines comme étant des remèdes miracles censés guérir le cancer et le sida. Selon ces margoulins, c’est cette rareté qui justifie la cherté de ces pois chiches dont une seule graine — ou un seul pois — s’échangeait à 3.500 francs cfa. À prendre ou à laisser ! A l’arrivée, plusieurs commerçants qui en avaient commandé des millions fcfa dans l’espoir de les revendre à des toubabs et de faire ainsi des bénéfices faramineux, sont finalement tombés dans le panneau. Et ont perdu plusieurs dizaines de millions de francs dans l’arnaque. Une enquête rondement menée par les éléments du commandant Cheikh Sarr de la Section de Recherches de la gendarmerie nationale a permis de démanteler la bande composée de ressortissants camerounais.

Si c’était en France, on aurait dit que c’est une arnaque « made in africa » qui a ravagé Paris et ses magasins. Mais cette arnaque à grande échelle a eu lieu chez nous et ce sont des commerçants de Sandaga et autres hommes d’affaires sénégalais adeptes du gain facile qui se sont fait avoir en définitive par des lascars plus futés qu’eux. Ces businessmen ont été victimes d’une bande de ressortissants camerounais établis à Dakar et organisés en réseau. La matière première avec laquelle les escrocs font tourner leur machine de faux, c’est des pois chiches secs ! Ne rigolez surtout pas lorsque nous vous disons que ces « pois chiches secs » — ou petits pois comme disent nos compatriotes — sont des graines de haricots secs, mais colorées en rouge.

Cette astuce consiste à maquiller ces produits agro-alimentaires et à leur donner un aspect très rare sur le marché. Comme du diamant, tout ce qui est rare devient très cher ! Et surtout quand il s’agit d’un produit thérapeutique très efficace réputé soigner le cancer et le sida ! À la base des manœuvres frauduleuses des escrocs, un logiciel d’appels laissant apparaître l’indicatif de France ( 0033...). Au bout du fil, un Sénégalais du nom de Birahim Diouf se disant établi à Paris. De « France » où il se trouve — en réalité, il n’a jamais bpougé du pays de la Téranga — , Biram Diouf fouille dans son vaste carnet d’adresses. Il est à la recherche de commerçants et autres hommes d’affaires pouvant aider son patron français, M. Raymond Marie Jaune (défense de rire… jaune) à prospecter le marché sénégalais pour l’acquisition d’un produit très, très rare appelé « pois rouge ». « Pois Rouge » ? ne manquent pas de demander ses correspondants.

Birahim explique alors qu’il s’agit d’un produit considéré comme étant le meilleur remède au monde pour soigner les malades souffrant du cancer ou du sida. Et si M. Raymond Marie jaune est venu jusqu’à Dakar pour s’en procurer, c’est parce que le produit n’existe nulle par ailleurs que dans les pays sahéliens. Et pas dans n’importe quel pays ! Car l’un des rares fournisseurs qui possédait le peu de graines de « pois rouge » disponible, l’avait importé du Mali, et plus précisément des montagnes des Ifoghas occupées par les islamistes (et reprises récemment par les forces franco-tchadiennes). Une thèse plausible pour les plus dupes et les plus naïfs. Il ne faut pas leur en vouloir puisque ce produit présenté comme miraculeux n’est présenté sur aucun étalage de Sandaga. D’ailleurs, pour mieux gagner la confiance de certains commerçants de Sandaga mis au parfum de l’affaire, Biram Diouf leur a expliqué que son richissime patron français, actuellement en séjour à Dakar, est logé à l’hôtel Radisson.

Pour prouver que l’homme d’affaires toubab est bel et bien à l’hôtel indiqué, Biram Diouf a calé un rendez-vous pour quelques-uns d’entre eux. Auparavant, il a mis en contact les commerçants dont un certain Serigne Tine avec un troisième larron qui se trouve être l’homme qui détient le sésame, Ismaila Niang. D’ailleurs, c’est par le biais de ce fournisseur du nom de Ismaila Niang que les commerçants ont eu à voir pour la première fois de leur vie les produits tant recherchés. Pour eux, il s’agissait de graines miracles, mais en réalité, on l’a vu, c’étaient des « pois chiches secs » coloriés à l’aide d’une bombe de peinture à graffitis. Ainsi, Ismaila le fournisseur et l’acheteur Serigne Tine engagèrent un marchandage âpre sur le prix d’une graine de pois rouge sans pour autant que ce dernier, commerçant à Sandaga, sache que Ismaila Niang et Biram Diouf sont des complices qui s’entendaient comme larrons en foire. Il ignorait aussi que Ismaila, Biram et Raymond-le-toubab appartiennent à la même bande de malfaiteurs.

Toujours est-il que, dès que Serigne Tine a acheté un échantillon à raison de 3.500 fcfa la graine !, il s’est immédiatement rendu à l’hôtel Radisson pour y rencontrer le Français Raymond Marie Jaune. Une rencontre fructueuse. Car, dès que le toubab a vu l’échantillon, il a immédiatement manifesté sa satisfaction d’avoir finalement eu le bon produit qu’il cherchait désespérément dans plusieurs pays de la sous-région. Puis, il s’est lancé dans une longue explication savante sur les vertus supposées du « pois rouge » présenté comme un remède miraculeux testé sur des malades du cancer et du sida par de nombreux médecins européens. Croyant faire une belle opération, Serigne Tine joue la surenchère. À son richissime client français, il propose sa graine achetée quelques minutes auparavant au prix de 3500 francs à… à 10.000 fcfa. Soit trois fois le prix ! À prendre ou à laisser.

Naturellement, le toubab, qui disait avoir fait le voyage depuis la France uniquement pour s’approvisionner en « pois chiches rouges », était preneur ! Seulement voilà : étant donné la grosse quantité qu’il comptait acquérir, il fallait lui consentir un prix de gros. Marché conclu à 10 euros la graine, soit 6500 francs. Une somme que Raymond Marie Jaune remet séance tenante au commerçant de Sandaga. D’ailleurs, c’est sur la base du prix de 10 euros la graine que Serigne Tine et son client Raymond Jaune ont conclu un marché pour une livraison de 1.000 graines pour une valeur de 6.500.000 fcfa. Une commande ferme. Aussitôt sorti de l’hôtel, Serigne Tine, obnubilé par une telle commande génératrice de bénéfices, a immédiatement appelé Ismaila Niang pour un achat de 1.000 graines de « pois rouges ». Au téléphone, Ismaila fait mine de faire monter les enchères en parlant de rupture de stock.

Sur instance de Serigne Tine, il revient à de meilleurs sentiments. Marché conclu. Sur ce les deux hommes se sont donné au rendez-vous à la station Edk-Oil sise à Bargny. C’est dans ces conditions que Ismaila Niang a vendu un sachet contenant 1.000 « pois rouges » à Serigne Tine pour un prix forfaitaire de 2.100.000 fcfa. Un paiement cash ! La marchandise en poche, Serigne Tine file ventre à terre au Radisson Blu pour la livrer. Inutile de vous dire qu’il a failli piquer une crise cardiaque lorsque le réceptionniste de l’hôtel lui a annoncé le départ du toubab. Et le sol a failli se dérober sous ses pieds dès qu’il s’est rendu compte que le numéro de téléphone portable de son fournisseur Ismaila Niang est subitement devenu injoignable. Il venait de se faire avoir ! Malheureusement, il n’était pas le seul puisque plusieurs commerçants et hommes d’affaires de Sandaga ont vu rouge avec les « pois rouges ». D’où les nombreuses plaintes déposées à la Sûreté urbaine de la police et à la brigade de gendarmerie de Ouakam.

Saisis de l’affaire, les éléments de la Section de Recherches ont rondement mené des investigations ayant permis d’identifier et de localiser les nommés « Ismaila Niang » et « Oumar Camara ». Dès leur arrestation, les gendarmes se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas des Sénégalais, mais plutôt des Camerounais. Il s’agit en réalité des nommés Luisien Bauna Mvogo et Kamdem Christian. Quant à Raymond Jaune, il est bel et bien Français, mais métissé d’origine camerounaise. D’ailleurs, c’est lui qui se faisait passer pour Biram Diouf établi à Paris alors qu’il appelait à partir de Dakar avec un logiciel laissant apparaître l’indicatif de France. Pour un préjudice estimé à plusiueurs dizaines de millions fcfa, tous ces escrocs camerounais ont été arrêtés... Comme quoi, plus escroc que des Sénégalais, ça existe ! L’enquête se poursuit à Colobane.


Pape NDIAYE
« Le Témoin » N° 1119 –Hebdomadaire Sénégalais (Avril 2013)





1.Posté par barou le 07/04/2013 14:21 | Alerter
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hélas je confirme nous sommes un peuple naïf et cupide

2.Posté par dekendo le 07/04/2013 14:42 | Alerter
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Fi nguene di fek camerounais yi. ils sont plus escrocs que vous senegalais. you aimez l'argent rek.

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