Leral.net | S'informer en temps réel

La Turquie bloque les réseaux sociaux pour empêcher la diffusion de photos d'un procureur tué

le 6 Avril 2015 à 14:19 | Lu 510 fois

La Turquie bloque les réseaux sociaux pour empêcher la diffusion de photos d'un procureur tué

Les autorités turques ont ordonné lundi le blocage de Twitter,Facebook  et YouTube pour y empêcher la diffusion des photos d'un procureur tué la semaine dernière à l'issue d'une prise d'otage au tribunal d'Istanbul, ont rapporté les médias.

Un message de l'Autorité administrative des télécommunications (TIB) posté sur YouTube indique que cette interdiction, la première de grande ampleur depuis le blocage décrété il y a un an pour empêcher la diffusion d'accusations de corruption visant le gouvernement islamo-conservateur, a été ordonnée par "mesure administrative".

Selon le site internet du quotidien Hürriyet, cette mesure a été prise à la suite d'une décision de justice ordonnant le blocage de 166 sites ayant diffusé la photo du magistrat, dont Facebook, Twitter et YouTube.

Le procureur Mehmet Selim Kiraz a été retenu en otage le 31 mars pendant plus de six heures par deux militants armés d'un groupe radical d'extrême gauche turc, qui avait publié sa photo sur les réseaux avec un pistolet sur la tempe. Le magistrat et ses deux ravisseurs ont été tués après une intervention de la police.

Dès le lendemain, la justice turque avait ouvert une enquête contre quatre journaux turcs accusés d'avoir reproduit cette photo sur leur site internet ou dans leurs colonnes.

Depuis un an, le gouvernement turc a multiplié les mesures controversées pour tenter de museler internet et les réseaux sociaux, coupables d'avoir diffusé des allégations de corruption visant M. Erdogan et plusieurs de ses membres.

En mars 2014, M. Erdogan avait ordonné le blocage momentané de Twitter et Facebook.

Le Parlement turc a voté le mois dernier une disposition qui autorise le gouvernement à bloquer un site internet sans l'aval de la justice, une disposition qui avait pourtant été censurée par la Cour constitutionnelle l'an dernier.