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La chaîne Channel 4 fait tester l'ecstasy à un ex-député

le 21 Septembre 2012 à 11:22 | Lu 534 fois

En Grande-Bretagne, une émission pseudo-scientifique controversée cherche à vérifier les effets de la drogue de synthèse.


La chaîne Channel 4 fait tester l'ecstasy à un ex-député
La chaîne de télévision anglaise Channel 4 donne de l'ecstasy aux participants à une émission prétendument scientifique destinée à tester les effets de la drogue. Un ex-député, une vicaire, un ancien membre des SAS, l'acteur Keith Allen et l'écrivain Lionel Shriver font partie du casting du programme intitulé Drugs Live: The Ecstasy Trial, dont le premier épisode sera diffusée mercredi 26 septembre.

L'émission, controversée avant même sa diffusion, sera présentée par John Snow, très sérieux présentateur du journal télévisé du soir de la chaîne privée, habituée des programmes à sensation. Des associations de lutte contre la toxicomanie dénoncent le risque de montrer de façon voyeuriste la drogue de synthèse sous un jour favorable. «Il y a beaucoup de risques associés à la prise de MDMA (nom de la molécule de l'ecstasy) et nous ne voulons pas que quiconque conclue après avoir vu le programme que prendre du MDMA soit bénin», critique Simon Antrobus, directeur de l'association Addaction.

«Donner une information équilibrée et étayée»
Channel 4 assure que l'émission «ne cherche évidemment pas à rendre glamour l'usage de drogue». L'étude menée par l'émission est conduite par le professeur David Nutt, ancien président d'un comité gouvernemental sur l'usage des drogues, remercié après avoir affirmé que l'alcool et le tabac étaient plus dangereux que le LSD, l'ecstasy et le cannabis.

L'ancien député libéral démocrate Evan Harris estime qu'il s'agit de donner au public «une information équilibrée et étayée» sur la drogue. «Pour prendre part à l'expérience, il fallait avoir pris de l'ecstasy au moins une fois sans avoir connu de troubles. Sans dévoiler mon histoire personnelle de l'ecstasy, j'étais qualifié. Il n'était pas évident pour moi de dissocier quand je prenais la MDMA ou un placebo. Mais il était clair que je ne délirais pas», raconte l'ancien élu.


Par Florentin Collomp