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La crise contraint Athènes à réorganiser sa police

le 2 Août 2012 à 11:41 | Lu 363 fois

Le gouvernement veut alléger les escortes des responsables politiques pour renforcer la lutte contre la délinquance.


La crise contraint Athènes à réorganiser sa police
Enlisé dans la crise et confronté à une hausse de la délinquance, Athènes envisage de muter quelque 1500 policiers chargés d'escorter ministres, élus locaux et chefs de parti pour les affecter à la lutte contre la criminalité. Si cette proposition aboutit, seuls le président de la République, le premier ministre et les magistrats de la Cour suprême auront à l'avenir droit à une protection rapprochée digne de ce nom. Les hommes politiques de moindre rang devront se contenter d'un dispositif allégé.

Spolios Kirketos, président du syndicat de la police, juge cette initiative indispensable. «Il y a actuellement une gabegie énorme et injustifiée de l'argent public, explique-t-il. Certains ministres ou hommes d'affaires profitent du sys­tème pour avoir dix, voire trente policiers qui les protègent, au lieu de louer des gardes du corps privés.»

Les déboires économiques du pays engendrent, selon de nombreux experts, une crise sociale favorisant l'augmentation de la délinquance. Chaque jour, la presse relate les crimes, agressions et cambriolages qui empoisonnent les grandes villes, les îles et les villages.

Penelopi, une habitante du quartier de Patissia, dans le centre d'Athènes, avoue ainsi craindre de partir en vacances cet été. «Tout d'abord, nous n'avons pas les moyens, mon mari et moi-même, de nous offrir une escapade estivale. Mais je suis surtout terrorisée à l'idée de voir mon appartement cambriolé. L'alarme ou la porte blindée ne font plus reculer les voleurs. Et, personnellement, mes seuls objets de valeur vivent avec moi, dans ces ­65 mètres carrés», confie-t-elle. Les statistiques publiées par le ministère de la Protection civile alimentent cette ­angoisse latente. Si l'augmentation globale des crimes et délits n'est pas alarmante, le nombre de cambriolages de domicile enregistrés à Athènes aurait doublé entre 2010 et 2011 dans la région d'Athènes.

Apaiser la grogne sociale
Aux yeux de certains policiers, cette réorganisation cosmétique vise à apaiser la grogne sociale qui vise les élites du pays et risque de connaître son apogée avec l'annonce de nouvelles mesures d'austérité, d'ici à la fin de l'été. «Il n'y a plus de temps à perdre, et c'est la seule solution puisque l'État doit réduire les embauches, renchérit Spolios Kir­ketos. Il faut dépasser la grogne des confrères», estime-t-il.

Le gouvernement a également décidé de tripler le nombre de ses gardes-frontières avec la Turquie, dans le nord-est du pays. Le renfort prévu, qui porte sur quelque 1200 policiers, vise à parer à un éventuel afflux d'immigrés venant de Syrie dans ces prochaines semaines.

«Si la mutation de policiers permet d'économiser quelques milliers d'euros, suffira-t-elle à freiner le phénomène?» s'interroge Natasa Petroulia, avocate spécialisée en criminologie. «Il faut que le gouvernement se décide enfin à avoir une politique migratoire et surtout une meilleure formation des policiers, qui sont parfois très jeunes et disposent de peu de moyens pour les motiver dans le bon sens. Il y va de l'intérêt national», conclut-elle. Fin août, ce projet de réforme devrait être soumis à l'approbation du président du Parlement, Evangelos Meimarakis.



Par Alexia Kefalas


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