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La guerre de positions fait rage à l'UMP

le 26 Juillet 2012 à 11:58 | Lu 622 fois

Fillon et Copé, les deux principaux candidats, engrangent leurs derniers soutiens avant les vacances.


La guerre de positions fait rage à l'UMP
Pour comprendre l'effervescence qui règne actuellement à l'UMP, il faut garder à l'esprit que deux événements distincts se produiront lors du congrès de novembre. D'abord, l'élection d'un président du parti ; ensuite, la mise en place de «mouvements».

Actuellement, il y en a sept en gestation, en comptant La France droite de Nathalie Kosciusko-Morizet, seule parmi les candidats à avoir créé son propre «mouvement». Le Rassemblement gaulliste de Roger Karoutchi est clairement copéiste, mais les trois autres sensibilités comptent pour le moment dans leurs rangs des partisans des deux favoris de la course à la présidence.

C'est le cas par exemple du RHI, le Rassemblement des humanistes et indépendants, dont Jean-Pierre Raffarin et Jean Leonetti ont, avec d'autres figures centristes ou libérales, posé les fondations avant l'été. Raffarin a choisi Copé alors que Leonetti, même s'il ne s'est pas prononcé officiellement, penche pour Fillon.

Chez les libéraux, regroupés sous le nouveau label de Droite moderne, en attendant une éventuelle fusion avec le RHI, Hervé Novelli devrait soutenir Jean-François Copé tandis que Gérard Longuet, lui, envisage de rallier François Fillon. Au sein de La Droite populaire, Lionnel Luca est filloniste et Thierry Mariani copéiste. Geoffroy Didier et Guillaume Peltier, cofondateurs de La Droite forte, n'ont pas pris position.

Fillon comme Copé sont assurés d'obtenir les 7924 signatures de militants nécessaires pour se présenter. Ce qui n'est pas le cas des trois autres candidats déclarés à ce jour, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Dominique Dord. L'union faisant la force, Henri Guaino a approché NKM pour lui proposer de se présenter en «ticket» avec lui. Mais comme l'ex-ministre de l'Écologie n'a aucune envie de jouer les numéros deux derrière l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, les pourparlers n'ont, jusqu'à présent, pas abouti.

Ralliement possible
Les «petits» candidats pourraient cependant choisir de se rallier à l'un des deux «grands». Il est peu probable que Nathalie Kosciusko-Morizet se rapproche de François Fillon: l'ex-premier ministre a promis le poste de secrétaire général à Valérie Pécresse, au grand dam de Laurent Wauquiez, autre filloniste de choc. Dominique Dord, qui n'a pas les mêmes ambitions que l'ancienne ministre de l'Écologie, pourrait rejoindre François Fillon sans avoir une place dans son «ticket». Quant à Bruno Le Maire, il est historiquement plus proche de Jean-François Copé, avec lequel il a formé le groupe des «mousquetaires», mais il n'est pas certain que leur amitié survive à un affrontement qui n'en est encore qu'à ses prolégomènes.

» La bataille Copé-Fillon électrise les jeunes UMP

• Fillon n'envisage pas la défaite
L'ancien premier ministre ne doute pas de sa victoire: il succédera à Nicolas Sarkozy au poste de président de l'UMP, comme le lui promettent tous les sondages réalisés auprès des sympathisants du parti. Et peu importe si le secrétaire général active ses réseaux dans les fédérations. «Copé est le candidat de l'appareil, Fillon est celui des militants», affirme son entourage. Contrairement à son rival, François Fillon a constitué son équipe. Les fonctions de Laurent Wauquiez et d'Éric Ciotti ne sont pas définitivement attribuées, mais Valérie Pécresse compte bien être la prochaine secrétaire générale de l'UMP

• Le Maire: «Débattre du fond»
L'ex-ministre de l'Agriculture, que Jean-François Copé avait chargé d'élaborer le projet de l'UMP pour 2012, a décidé de continuer sur sa lancée. «J'ai apporté des propositions de fond et je suis pour l'instant le seul», fait-il valoir. Ce qui agace passablement François Fillon (lire nos éditions du 24 juillet) mais qui lui vaut, aussi, le soutien de parlementaires peu désireux de devoir choisir dès la rentrée prochaine leur candidat pour 2017. Bruno Le Maire a obtenu mercredi le soutien de deux députés, Laure de La Raudière (Eure-et-Loir) et Antoine Herth (Bas-Rhin), qui se sont ajoutés à la vingtaine de sénateurs déjà engagés derrière lui.

• NKM:«La parole aux militants»
Nathalie Kosciusko-Morizet, qui se revendique «gaulliste et sarkozyste», estime que l'UMP doit concentrer ses efforts sur les municipales de 2014. Selon elle, «la reconquête passe par là». Un postulat auquel les candidats à la présidence du parti adhèrent tous. En revanche, elle est la seule à proposer une véritable «décentralisation» de l'organisation de l'UMP, y compris financière. Pour que «les militants aient la parole», NKM propose que les fédérations du parti soient dotées de moyens réels. Son ancien conseiller Jérôme Peyrat, président du comité départemental de l'UMP Dordogne, est chargé de recueillir les parrainages.

• Dord: «Éviter l'explosion»
Le trésorier de l'UMP, député maire d'Aix-les-Bains (Savoie), a justifié sa candidature mercredi en expliquant que, s'il est élu, il garantira la «neutralité» du processus de désignation du candidat à la prochaine présidentielle. «Si l'UMP est présidée demain par l'un de nos présidentiables de 2017, écrit-il, nous courons incontestablement le risque de l'explosion, car il est peu probable que les autres présidentiables acceptent de voir l'appareil s'organiser pendant quatre ans au bénéfice du seul nouveau président du mouvement. (…) Les tentations et les tentatives fractionnistes apparaîtront.»

• Copé: candidat sans l'être
Secrétaire général et décidé à le rester jusqu'au démarrage de la campagne officielle, le 5 octobre à minuit, Jean-François Copé n'est pas encore candidat à la présidence de l'UMP. Mais la campagne acharnée qu'il mène dans les fédérations et auprès des parlementaires ne laisse subsister aucun doute sur ses intentions. Même si les sondages le donnent loin derrière le favori, François Fillon.

Le secrétaire général ne s'étant pas encore déclaré, il entretient le suspense sur les deux personnalités qui pourraient constituer son «ticket». Le nom de Michèle Tabarot, députée des Alpes-Maritimes, n'a pas été confirmé.


Par Judith Waintraub