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La mal gouvernance libérale : les métastases d’un cancer en phase terminale

« C’est du cinéma » ! C’est la réponse laconique que j’ai faite à un journaliste d’une radio privée de la place, qui demandait mon point de vue sur le limogeage du Ministre délégué chargé du budget et les demandes d’explications que le président de la République a distribuées à certains ministres. Réponse qui a apparemment laissé le journaliste sur sa faim. S’il y a encore des compatriotes qui accordent un crédit aux initiatives politiciennes de Me Wade, je refuse d’en faire partie. Je n’attends rien de cet homme en matière de lutte contre la mauvaise gestion. C’est le premier mauvais gestionnaire du pays. Cet homme, dont le nom est étroitement associé à des scandales aussi gravissimes que la rocambolesque rénovation de l’avion de commandement, la gestion calamiteuse des fonds spécifiques, le très nébuleux « protocole de Reubeuss », le fonds taïwanais qui s’est volatilisé, cet homme-là n’est pas prêt à sanctionner la mauvaise gestion. Je n’attends rien de cet homme qui, au contact d’un de ses premiers attributs comme président de la République, se serait écrié : « Nos soucis financiers sont terminés. » N’oublions surtout pas la manière dont lui et son « fils d’emprunt », ont géré les audits. Ibrahima Sarr (ex-Dg de la poste), qu’il accusait publiquement d’avoir détourné 25 milliards de francs Cfa et à qui il promettait fermement la prison, s’est retrouvé comme par miracle avec un non-lieu. Il en a été de même d’autres très mauvais gestionnaires sévèrement épinglés par la Cour des Comptes, l’Inspection générale d’État et des cabinets d’audit privés. Comble de forfaiture, certains d’entre eux trônent aujourd’hui au niveau le plus élevé de la haute administration.


Rédigé par leral.net le Mercredi 13 Août 2008 à 09:16 | | 3 commentaire(s)|

La mal gouvernance libérale : les métastases d’un cancer en phase terminale
Je n’attends vraiment rien de cet homme qui a créé la scandaleuse Anoci et placé à sa tête son fils et le secrétaire général de la présidence de la République. Cette Anoci qui a géré dans l’opacité la plus totale des centaines de milliards de francs Cfa et qui échappe à tout contrôle ! Il ne m’inspire aucune confiance, cet homme qui ne supporte pas qu’on parle de corruption au Sénégal. Nos amis du Forum civil en ont vécu plusieurs fois l’expérience. Au tout début de l’Alternance, Me Wade ne ratait aucune occasion pour leur tirer copieusement dessus et les traitait de politiciens « cachés » ou « encagoulés ». Mais, comme il ne pouvait pas continuer de toujours nier l’évidence, les circonstances l’obligeaient parfois à admettre, la mort dans l’âme, l’existence de la corruption au Sénégal. Il jouait alors sur les mots : « Il y a la corruption au Sénégal, mais le Sénégal n’est pas un pays corrompu. Et celui qui le dira, je l’attaquerai au tribunal. »1 Sous sa gouvernance, la corruption se portera donc toujours à merveille, car il la considère comme quelque chose de normal. N’est-ce pas lui-même qui répondait, le plus naturellement du monde, à une question d’un journaliste sur les nombreux scandales qui n’épargnaient même plus la justice : « Ces scandales que l’ont dénonce sont une preuve de vitalité démocratique. Ils existent dans tous les pays. Ce sont des accidents de parcours qui finiront par être absorbés dans l’évolution du Sénégal. » Il faisait cette réponse devant des magistrats de haut rang, lors de la rentrée des Cours et Tribunaux de l’année 2006. C’est le même homme qui, présidant les travaux de l’assemblée générale de l’association nationale des présidents de conseils ruraux le 9 janvier 2007 (cf journal parlé de 20 heures de ce jour) et interpellant certains d’entre eux qui vendaient des terres sans en avoir la compétence, fit la déclaration suivante : « Si j’avais suivi la loi, certains d’entre vous iraient en prison. »

Waaw, que peut-on encore attendre de cet homme en matière de lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics ? Rien, vraiment rien, puisqu’il les entretient publiquement et les encourage. Je reste convaincu que si le Fonds monétaire international n’avait pas tapé vigoureusement sur la table, le scandale qui est à la base du limogeage du Ministre délégué chargé du budget et des demandes d’explications du président de la République n’aurait jamais été porté à la connaissance du grand public. Il aurait été étouffé comme les nombreux autres qui l’ont précédé. Me Wade n’avait vraiment pas besoin des mesurettes qu’il a prises pour nous jeter la poudre aux yeux. Il devrait remettre purement et simplement tout le dossier à la Justice et la laisser faire son travail en toute indépendance.

Il ne faut surtout pas qu’il nous braque sur ce dernier scandale. Á tous les niveaux de nos différentes institutions, nos pauvres finances publiques sont très mal gérées : à l’Anoci comme à l’Apix, dans les nombreuses agences comme dans les collectivités locales. J’ai l’habitude de lancer un défi à Me Wade et je le réitère ici avec force : si nos finances publiques avaient fait l’objet d’un audit indépendant partout où elles sont gérées, et que la Justice fût saisie de tous les cas de faute de gestion caractéristique, de nombreux ministres, directeurs de services et d’agences, maires, présidents de conseils régionaux et ruraux iraient en prison. Me Wade le sait si bien qu’il inhibe les différentes structures de contrôle. Abdoulaye Faye, Papa Diop, Lamine Thiam, Salif Ba, Bocar Sadikh Kane, pour ne donner que leurs exemples, ne sortiraient jamais indemnes d’un audit approfondi par un cabinet privé du Conseil régional de Dakar, de la Marie de Dakar, du budget de l’Assemblée nationale, des chantiers du « Cœur de ville » de Kaolack, de l’Université du Futur africain et de nombreux autres du Pcrpe, de la Marie de Pikine. Peut-être même, iraient-ils en prison pour de longues années. Il en serait probablement de même pour Me Ousmane Ngom, Habib Sy, Oumar Sarr et de nombreux autres.

Je le répète donc avec force : Me Wade, comme à l’accoutumée, fait du cinéma. Sa préoccupation première n’a jamais été et ne sera jamais de lutter contre la mauvaise gestion, puisque lui-même est le premier mauvais gestionnaire de la gouvernance libérale. Il se préoccupe plutôt de s’enrichir et de distribuer des sinécures : de gros salaires, des indemnités substantielles (500 000, 800 000, 900 000) à une catégorie très restreinte de Sénégalaises et de Sénégalais2. Il ne se soucie guère de ses très nombreux autres compatriotes, qui vivent des situations particulièrement difficiles. Aujourd’hui, des secteurs importants, principalement les secteurs sociaux, vivent les heures les plus graves de leur histoire. La pêche, le tourisme, l’agriculture, l’école sont malades, très malades. Les hôpitaux sénégalais, qui croulent sous le poids d’énormes dettes, sont à l’agonie. Il faut, pour s’en convaincre, lire l’interview accordée au quotidien Le Populaire du samedi 9 août 2008 par le Pr Cheikh Tidiane Touré, médecin-colonel, chef du service chirurgie de l’hôpital Le Dantec. Même les membres de la Commission de la Santé et de l’Action sociale de l’Assemblée nationale se sont rendus à l’évidence et ont reconnu le délabrement des hôpitaux publics sénégalais. Pendant ce temps, Me Wade entretient à coût de milliards des centaines de parasites. Avec ces « dépassements budgétaires », en réalité des dépenses non autorisées par le parlement qui défraient la chronique, les députés ont fini de convaincre de leur inutilité. C’est maintenant que les enquêtes parlementaires ont véritablement leur sens. Malheureusement, ceux qui ont la fâcheuse habitude de nous en administrer des quantités industrielles pour des futilités, se sont curieusement réfugiés dans un silence de cimetière.

L’Assemblée nationale devrait donc être notablement dégraissée. Quatre-vingts à quatre-vingt-dix parasites suffisent largement pour le « travail » qu’ils font. Quant au sénat, il doit être rapidement supprimé. C’est vraiment l’un des plus gros scandales de la gouvernance libérale. Pour s’en convaincre, rappelons que l’hôpital Aristide Le Dantec, cet important hôpital national (cf interview du Pr Touré), ne bénéficie que d’une subvention annuelle d’un milliard deux cents millions de francs Cfa. Le budget annuel du sénat est, pendant ce temps, de neuf milliards. C’est plutôt le montant qu’avance la presse. Neuf milliards pour entretenir cent sénateurs, dont les 65 sont nommés par le président de la République, parmi ses courtisans. Les 35 autres sont des élus bleus (j’y comprends le seul élu d’AJ qui est plus soumise désormais que le Pds). Les membres du bureau pléthorique de ce sénat ont les mêmes avantages que les ministres : 2 000 000 de francs de salaire, une 4x4 rutilante, 1 000 litres de carburants, 500 000 francs de « facilité téléphonique », etc. Quant aux présidents de commissions, ils se retrouvent avec 1 800 000 de salaire, sans compter la 4x4 et les autres « facilités ». Le sénateur simple s’en tire avec 1 300 000. Les membres du bureau et des commissions sont dotés, en plus de la 4x4, d’une superbe Peugeot 607 ou 608 (je ne sais plus).

Pour mesurer à sa juste valeur le scandale que constitue le sénat, arrêtons-nous sur quatre sénateurs pris au hasard : Sokhna Dieng Mbacké, Bachir Kounta, Aïda Ndiongue, Sidy Dieng, tous les quatre membre du bureau ou présidents de commissions.

Sokhna Dieng était une dioufiste invétérée. Elle régnait presque en maîtresse, avec son compère d’alors Babacar Diagne, sur la télévision nationale. On retient d’elle la soirée électorale du 28 février 1988, organisée par le Ministère de l’Intérieur, avec les seuls journalistes des médias publics. On se souvient encore et en particulier de ses rires moqueurs et provocateurs, qui ont été l’une des causes des manifestations violentes du lendemain. La maison de son père a échappé de peu à la furie des manifestants qui lui en voulaient à mort. Au lendemain du 19 mars 2 000, elle s’est retirée chez elle, tout en continuant de percevoir son salaire (à ne rien faire), jusqu’à ce que Me Wade la nomme sénatrice, pour s’attirer les bonnes grâces de son époux de marabout et de ses milliers de talibés.

On se souvient aussi que Bachir Kounta animait certaines émissions en wolof de la télévision nationale. Il se plaisait, en terminant ses émissions, à encenser Diouf et à foudroyer l’opposition. Bàyyi leen soxar te baña yee fitna. Abdu Juuf Yalla kofi tek, kenn munu ci dara, etc. Autrement dit, il ne ratait aucune émission pour traiter Me Wade et les autres de méchants et d’incendiaires.

Aïda Ndiongue fut la présidente de la très active Association des Amis de Jean Collin, de ce Jean Collin qui jurait que Me Wade ne serait jamais président de la République du Sénégal. Institutrice de son état, Aïda a très tôt déserté les classes et s’est mise au service du Parti socialiste qui lui a tout donné. Elle prétend aujourd’hui n’avoir pas bénéficié des délices du pouvoir socialiste et a, au contraire, avalé beaucoup de couleuvres. Reconvertie bleue dès le lendemain du 19 mars, elle s’emploie avec un zèle rarement égalé, à « démarcher » ses anciens camarades, n’hésitant pas à aller pécher jusqu’à Nguéniène, le fief d’Ousmane Tanor Dieng. C’est à elle également, que Me Wade doit l’un de ses nombreux surnoms : Haamaan.

Quant à Sidy Dieng, c’est lui qui a porté sur les fonts baptismaux le fameux Comité de soutien à l’action de Wade (Cosawa, ou quelque chose de ce genre). Son grand « mérite », c’était de « pondre » toutes les semaines une contribution, pour encenser Me Wade. Il en fait d’ailleurs de moins en moins, maintenant que son objectif est atteint.

Voilà les quatre mousquetaires qui sont grassement entretenus aujourd’hui par Me Wade, à travers le sénat budgétivore. Pratiquement tous les sénateurs ont la même histoire : c’est des Sokhna Dieng ou des Sidy Dieng. Ce sont des gens qui n’apportent presque rien au pays et nous coûtent pourtant aussi cher.

Le jeune sénateur de mon village (Koki), de surcroît président du Conseil rural, est doté, aujourd’hui de trois véhicules (une 4x4, une Peugeot 607, une L 200) stationnés chez lui. Pendant ce temps, le centre de santé n’a pas d’ambulance. L’important Centre d’appui au développement local non plus n’a pas de véhicule depuis de longues années. En plus de ces trois véhicules, le jeune sénateur président de commission bénéficie d’un salaire d’un million huit cent mille (1 800 000) et d’une indemnité en sa qualité de président du Conseil rural. Tant d’avantages pour un seul individu et son entourage immédiat (son gangoor), au détriment de toute la population. Et c’est ainsi que cela se passe dans toutes les localités du pays.

Les scandales de la gouvernance libérale ne se situent donc pas au seul niveau de la mauvaise gestion de nos finances publiques. Il faut les chercher aussi au niveau de la répartition de celles-ci. C’est un crime que de détourner nos maigres ressources. C’en est un autre de payer des gens à ne rien faire. Le peuple devrait se révolter contre le sénat, dont le budget ne sert qu’à entretenir des courtisans composés pour l’essentiel de transhumants et d’autres individus dont le seul mérite est de chanter à tue-tête les louanges de Me Wade. Au détriment de nos hôpitaux en déliquescence, de nos différents services régionaux, départementaux et locaux en décrépitude.

La mal gouvernance libérale est un tout. Ses métastases n’épargnent aucun secteur de la vie nationale. Il appartient à chacun et à chacune d’entre nous de la combattre avec la dernière énergie. Il nous revient surtout de barrer coûte que coûte la route aux deux fils – au fils biologique comme au « fils d’emprunt » - de l’homme responsable de cette situation catastrophique. La gouvernance de l’un ou de l’autre ne serait que le prolongement du cancer qui nous empeste l’existence depuis le 1er avril 2 000.

Mody Niang, e-mail : modyniang@arc.sn



1.Posté par Ababacar Fall-Barros le 13/08/2008 16:32 | Alerter
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Waaw goore waay, Moody !!!

2.Posté par sndiagne le 13/08/2008 19:51 | Alerter
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yalna nanou yallah dolli souttara


3.Posté par tata le 14/08/2008 11:39 | Alerter
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Elire wade a été notre grande erreur
Mais nak tôt ou tard il va partir le plutôt
sera meilleur pour notre sunugal
Wade wor nagnou ,on disait que djibo kâ
est un traitre Wade est le pire
yalla nanou yallah djapalé té moussol ci gni

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