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La performance du "Dakarois" Benoît Hamon saluée (aussi) par ses adversaires

Rédigé par Massene Diop le 19 Mars 2017 à 18:24 | Lu 1579 fois

En meeting à Bercy, le candidat socialiste a fait parler de lui, et même au delà de ses soutiens.


POLITIQUE - Celui qui veut "faire battre le cœur de la France" aura au moins réussi faire battre celui de Bercy. Car de l'avis de nombreux observateurs, et pas forcément de son bord politique, Benoît Hamon a réussi son pari, lui qui était attendu au tournant  dans une campagne qui dévissait et qui voyait Jean-Luc Mélenchon accentuer la pression à son encontre.

 

"Je veux d'abord le dire solennellement: le parti de l'argent a trop de candidats dans cette élection. Ce parti de l'argent a plusieurs noms, plusieurs visages, il a même plusieurs partis", a lancé le vainqueur de la primaire de la gauche, ciblant Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron.

 

Une allusion à peine voilée à la célèbre tirade de François Hollande, lors de son discours du Bourget en 2012, contre la finance, un "ennemi" qui n'a ni "nom", ni "visage". Mettant beaucoup d'énergie et réussissant à électriser la foule à force de références prisées à gauche, Benoît Hamon semble tenir son meeting référence.

 

Aurore Bergé, élue LR et ex-membre de l'équipe d'Alain Juppé ayant rejoint Emmanuel Macron, l'a reconnu sur Twitter. "Hamon fait son Bourget. Et c'est réussi. Et puis ça fait du bien de parler de la France et des projets que l'on porte", a-t-elle écrit. Plus étonnant, l'identitaire Damien Rieu, chargé de communication de Marion Maréchal Le Pen, a lui salué la "mise en scène du meeting", qu'il trouve "frais et dynamique".

 

"Discours très réussi de Benoît Hamon qui complique la tâche de ceux qui veulent quitter le PS pour aller chez Emmanuel Macron", note François-Xavier Bourmaud, Grand reporter au service politique du Figaro. Ce dernier estime dans un second tweet que le candidat PS a "peut-être éloigné la perspective du croisement des courbes avec Jean-Luc Mélenchon".

L'ex-présentatrice du Grand Journal, Maitena Biraben, a elle aussi été bluffée par la performance de cet "excellent tribun".

Outre les impressions de chacun, Benoît Hamon a fait plusieurs annonces qui ne laisseront pas insensibles les électeurs de gauche. Il a notamment fustigé la très polémique "clause Molière", en faisant référence à la reconstruction de la France après-guerre.

Aussi, il a promis un référendum sur le droit de vote des étrangers dès le lendemain de l'élection (très vieille promesse présidentielle à gauche).

Pour rassembler au delà de son seul socle, le candidat PS a rendu un hommage appuyé à François Hollande, Bernard Cazeneuve et au ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

"Je veux (...) saluer trois personnes qui tout au long de ce quinquennat ont fait primer le service de l'Etat et la protection des Français sur toute autre considération, je vous demande de saluer comme ils le méritent, le président de la République François Hollande, le Premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian", a-t-il déclaré, évitant d'en faire de même pour Manuel Valls, qui l'a attaqué ce dimanche dans la presse.

"Nous allons faire le bruit"

En puisant dans l'histoire de France, Benoît Hamon a exhorté ses partisans à y croire jusqu'au bout. "Imaginez d'ailleurs si un bel esprit était allé voir les révolutionnaires de l'An II qui à Valmy faisait trembler le sol (...) en leur disant: 'soldats, faites un peu moins de bruit, les sondages donnent le duc de Brunschwig gagnant'. Alors nous allons faire du bruit dans cette élection. Le bruit de la multitude, de la multitude qui veut être entendue", a-t-il lancé.

"Nous allons faire le bruit immense de l'espérance qui vient (...) Parce que nous sommes la gauche, nous ne croyons pas à la fatalité d'un monde condamné à l'injustice sociale, avant sa destruction écologique. Nous ne croyons pas à la fatalité d'une élection par défaut, par dépit, par déprime. Nous sommes fatigués de voter contre. Nous voulons voter pour", a-t-il poursuivi, sous un tonnerre d'applaudissement.

Source huffingtonpost