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La place Tahrir dans le doute sur la santé de Moubarak

le 20 Juin 2012 à 14:15 | Lu 376 fois

REPORTAGE - Un noyau dur de manifestants soupçonne une manipulation des militaires pour désamorcer la colère des islamistes.


La place Tahrir dans le doute sur la santé de Moubarak
Sur la place Tahrir encore occupée par des milliers de manifestants venus dénoncer le «coup d'État» institutionnel perpétré par l'armée, les informations contradictoires sur l'état de santé de Hosni Moubarak ont été accueillies mardi soir avec un mélange de stupeur et de scepticisme.

Lorsque l'agence officielle Mena a annoncé la «mort clinique» du Raïs, des cris de joie et des coups de klaxons ont d'abord retenti, accompagnés par des tirs de feu d'artifice. Puis une partie des contestataires a quitté la place tandis qu'un noyau dur décidait de prolonger la manifestation, soupçonnant «une nouvelle ruse» des militaires au pouvoir.

«Je pense que ces fausses rumeurs sont propagées par les services de renseignement pour faire retomber la pression et démobiliser les manifestants», expliquait mercredi matin Mohamed Abou Of, un militant salafiste qui, comme quelques dizaines d'activistes, a passé la nuit sur la place Tahrir. «Les généraux sont très malins, soutient pour sa part Ashraf Mohamed, fonctionnaire d'une trentaine d'années. Chaque fois que la rue se mobilise, ils distillent ce genre de rumeur en espérant qu'elles vont nous faire rentrer chez nous. Or, nous sommes déterminés à manifester aussi longtemps qu'il le faudra pour contraindre les militaires à remettre leurs pouvoirs aux civils.»

Depuis sa condamnation à vie pour son implication dans la mort de plusieurs centaines de manifestants en janvier 2011, les rumeurs sur une brusque dégradation de l'état de santé de Hosni Moubarak se sont multipliées. À plusieurs reprises, les avocats du Raïs ont d'ailleurs demandé qu'il soit autorisé à quitter la prison de Tora pour être admis dans une unité hospitalière.

Son fils en «dépression nerveuse»
Mardi soir, l'ex-président âgé de 84 ans a été transféré en urgence à l'hôpital militaire de Maadi à la suite d'une attaque cérébrale. À en croire l'un de ses avocats, cité par le journal officiel al-Ahram, la détérioration de son état de santé serait liée aux conditions de détention qui lui sont imposées.

L'annonce de sa mort clinique, démentie dans la soirée par des sources militaires égyptiennes, aurait plongé son fils Gamal dans un état de «dépression nerveuse», croit par ailleurs savoir le quotidien gouvernemental al-Akhbar.

«Tout ça, c'est sans doute du cinéma pour lui éviter un deuxième procès, sourit Hazem Mohammed, jeune avocat croisé place Tahrir. Mais s'il meurt vraiment, il faudra que les Frères musulmans acceptent de suspendre leurs manifestations au moins le temps des obsèques.» Samed Arafa, qui a voté pour le général Ahmed Chafiq au second tour de la présidentielle, se dit pour sa part convaincu que Hosni Moubarak est à l'article de la mort. «Il est grand temps que les islamistes suspendent leur agitation et laissent le pays retrouver une certaine stabilité», s'agace-t-il.

Mercredi matin, la plus grande confusion continuait d'entourer l'état de santé du Raïs. Une source médicale citée par l'AFP indique qu'il se trouverait dans le coma après avoir été placé sous appareil respiratoire. Selon la télévision d'État, un bulletin de santé devrait être rendu public dans les prochaines heures.


Par Cyrille Louis


1.Posté par C2M le 20/06/2012 16:08 | Alerter
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Mort ou vivant, n'est pas un problème, que le grand seigneur lui pardonne ses méfaits
l'essentiel c'est que l'Egypte réussisse pour son choix, quant au prochain président...
bonne chance !...

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