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La satisfaction de Mario Monti

le 29 Juin 2012 à 11:52 | Lu 601 fois

Le président du Conseil italien juge l'accord trouvé dans la nuit à Bruxelles «très important pour l'avenir de l'Union européenne et de l'euro».


La satisfaction de Mario Monti
De notre correspondant à Rome

Vu d'Italie, deux facteurs ont concouru à faire plier l'inflexible Angela Merkel et ses alliés de circonstance, à commencer par le premier ministre finlandais Jyrki Katainen qui avait précédemment tiré à boulets rouges sur les propositions italiennes.

En premier lieu, la détermination du président du Conseil italien qui s'était présenté au sommet avec en poche un véritable ultimatum; du jamais vu venant de l'Italie. Ultimatum répété lors de la première séance de discussion, Mario Monti menaçant de bloquer tous les accords pouvant sortir du sommet si aucune mécanisme de stabilité financière susceptible de bloquer la folle course des taux d'intérêt sur les dettes souveraines n'était arrêté. Mario Monti en avait averti Angela Merkel en aparté avant le sommet. Leur entretien, debout, au milieu de la salle, en dit long sur l'intensité de la confrontation. Sur les photos prises de loin et publiées ce matin dans la presse italienne, les deux chefs de gouvernement sont tendus et ponctuent leurs échanges de gestes énergiques, loin des sourires complaisants qu'ils ont l'habitude d'échanger devant les caméras. En séance, Mario Monti a tout de suite trouvé un allié de poids en la personne du conservateur espagnol Mariano Rajoy, qui partage les mêmes préoccupations.

L'appui de Hollande
Le deuxième facteur qui a pesé en faveur de Mario Monti a été l'appui que lui a apporté François Hollande. En arrivant jeudi matin à Bruxelles, le président français avait souligné «l'absence d'entente sur les aides à court terme qu'il fallait apporter à l'Italie et à l'Espagne». Depuis son arrivée à l'Élysée, François Hollande ne manque pas une occasion de se démarquer de l'axe franco-allemand suivi par Nicolas Sarkozy. Il l'avait fait le 14 juin en venant à Rome pour rencontrer Mario Monti une semaine avant le sommet à 4 (Allemagne, Espagne, France et Italie) du 22 juin, toujours à Rome. Pour les commentateurs italiens, cet appui marqué aux pays «du club Med» parait constituer l'amorce d'un rééquilibrage en Europe.


Par Richard Heuzé