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La totalité du Ndiguel en question : Au delà de la parité, Touba, tout haut dans le politique au Sénégal - Par Dr Cheikh Fall Thiara


Rédigé par leral.net le Mercredi 21 Mai 2014 à 13:14 | | 1 commentaire(s)|

La totalité du Ndiguel en question : Au delà de la parité, Touba, tout haut dans le politique au Sénégal - Par Dr Cheikh Fall Thiara
Le processus de différenciation en cours entre la dimension temporelle et spirituelle du mouride dans sa dévotion ne validerait-il pas l’effritement du ndiguel théorisé par C. TOLIBOR ? Le ndiguel est constitutif et consubstantiel du mouridisme, il jauge la vitalité du lien entre le disciple et le souverain dans son respect comme dans sa violation. Le respect du ndiguel témoigne aussi bien de l’ardeur que de la vitalité du mouridisme et l’érige comme force politique s’il devrait être mobilisé lors d’une élection. Sa violation potentielle constitue un moment privilégié pour le souverain de légitimer son trône en démontrant ses capacités à maitriser les événements en les assujettissant. Cette dimension s’exprime dans le « Dogou ». Cette maitrise témoigne de la singularité de cette ferveur inouïe caractéristique du mouridisme et s’est vérifiée à des degrés différents de Serigne Fallou à Serigne Saliou. Quelle grille de lecture mobiliser pour comprendre la propension à la restriction du caractère sacré du ndiguel , et la profanation qui en procèderait pendant les périodes électorales entrainant une non décision le 25 Mars 2012? Face à la déliquescence de la sacralité, le ndiguel aussi bien dans sa dimension métaphysique qu’anthropologique a été toujours préservé dans sa totalité et fait sens chez le mouride. Cependant, la dispersion du pouvoir mouride correspond au règne des petits fils, avec une polyarchie latente qui valide la naissance de champs semi autonomes. Dans cette ambiance apparaissent des espaces virtuels de dévotion dont le statut et l’identité en construction restent à préciser avec une nécessité de reterritorialisation des enjeux. Ainsi le respect du ndiguel est un acte de reliance, sa violation est une épreuve pour le souverain. Quelle communauté n’a pas besoin de renouveler sa capacité de reliance en revitalisant son système socio culturel et l’ensemble des rituels associés comme repères et instruments de mesure de la dynamique de reliance ? L’absence de ndiguel corrobore l’idée que la véritable décision c’est la non décision mais son corolaire c’est la tendance à la réduction du mouridisme dans sa dimension symbolique en le vidant de sa force politique réelle. Analyser ce phénomène reviendrait à questionner le règne des petits fils. Dans ce contexte précis nous observons des velléités de sécularisation avec une contestation latente de la posture de Touba dans le processus de légitimation du pouvoir politique au SENEGAL. Cependant l’état moderne que nous avons importé est historiquement daté et géographiquement situé. Le principe de sécularisation (séparation du religieux et du politique ou séparation du spirituel et du temporel) qui le caractérise est obtenu grâce à des conflits permanents entre la papauté et la royauté. Ceci pour démontrer que la sécularisation ne se décrète pas (quel dénouement dans la problématique de la parité contestée par TOUBA ? la délicatesse de cette problématique nécessite de la précaution). Car l’articulation du religieux avec le politique s’est faite de façon différente en occident. En se basant sur la carte conceptuelle de ROKKAN qui a mobilisé la variable culturelle (religieuse) et la variable économique pour expliquer les trajectoires des états en EUROPE après la chute de l’empire ROMAIN au 5iéme siècle ; nous validons ainsi la dimension polymorphe du mode d’articulation entre ces 2 variables et la nature du politique qui en procède. Des lors situer TOUBA comme variable religieuse pour penser l’état sénégalais nécessite d’invoquer la sociologie interprétative historique du politique au SENEGAL. Ce faisant nous comprendrons ainsi la ruée vers TOUBA à la recherche du sceau de la légitimité estampillé par le khalife. Cette posture de Touba est justifiée par la singularité de la doctrine mouride. Au lieu de vouloir lui ôter cette posture, ne devrions pas nous inscrire dans une temporalité dont l’horizon indéfini et indifférencié nous astreignent à observer les dynamiques internes et externes qui marquent l’institutionnalisation en cours ? Cette institutionnalisation intègre le renouvellement du mode d’articulation, de fonctionnement et de déploiement du mouridisme dans le tissu socio- politique. Ce renouvellement se fera- t-il dans le sens du renforcement de l’influence de Touba ou dans le sens contraire ? Quoi qu’il puisse advenir l’expérimentation de cette perspective correspond au règne des petits fils.

DOCTEUR CHEIKH FALL THIARA
MAITRE ES SC PO






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