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La transhumance : De la révolte à l’opportunisme – Par Moustapha Mbaye

Transhumer pour gommer une gestion gribouilleuse ou pour continuer à bedonner son ventre a toujours était une salissure sur le tissu politique de notre pays. La transhumance agite la problématique de la vertu en politique. Assimilés à des bêtes, certains politiques préfèrent les herbes sauvages trouvées dans le pré du pouvoir.


Rédigé par leral.net le Mardi 7 Avril 2015 à 10:38 | | 2 commentaire(s)|

La transhumance : De la révolte à l’opportunisme – Par Moustapha Mbaye
Quitter son parti pour un autre n’est point une entorse en politique. Le champ politique avec ses remous affecte souvent les compagnonnages. A cet effet, le départ peut être un moyen de révolte où le leader claque la porte pour ne pas se laisser écraser. Ce fut le cas avec les premiers transhumants notés au Sénégal, au milieu des années 70, avec le ralliement spectaculaire de Laye Diop Diatta qui était un militant socialiste. Il a rallié le camp libéral à la fin de l’année 1977, après avoir été écarté de la course au poste de secrétaire général de sa coordination. Il fut accueillit à bras ouverts par les libéraux. Il sera positionné à la 19eme place sur la liste de la députation de son nouveau parti. Il fut recalé de justesse aux élections législatives de 1978, car le PDS était parvenu à faire élire, lors de sa première participation à un scrutin national un nombre total de 18 députés. Ce qui faisait dire à Wade que la présence de Laye Diop Diatta à la 19eme place a fait que Léopold Sédar Senghor a décidé arbitrairement que le PDS n’aurait pas plus de 18 élus. Au début de l’année 1978, Amadou Bocar Mbow de Sokone, victime d’un ostracisme, quitte le parti socialiste. De même que Mactar Ndiaye. Ainsi donc ces premiers cas de « transhumance » observés au milieu des années 70 ont été des moyens de faire face à une injustice ou à un ostracisme.

Avant 2000 il y a eu certes, des départs du coté des libéraux, mais avec l’avènement de Me Wade, la transhumance est devenue un sport national pour les politiques. Dans la logique d’affaiblir le parti socialiste, il a accepté dans ses rangs ses anciens adversaires même les plus virulents. D’innombrables caciques du régime socialiste ont troqué le vert contre l’or, parce que tout simplement, ils halètent quelques mois après la chute en 2000. D’aucuns plus feutrés, ont emprunté la voie de la fusion absorption qui passe par la création d’un mouvement ou d’un parti politique. Cette voie de contournement nouvellement prisée par les politiques porte préjudice aux honnêtes citoyens qui créent leur mouvement pour participer au jeu politique. Après constat de la récurrence des faits, c’est tout à fait normal que le sens commun extrapole. Par conséquent, il est aberrant de voir Macky Sall lui emboiter le pas. Force est de constater que ces théâtres organisés pour rallier le parti présidentiel n’emballent pas les électeurs, sans quoi Maitre Wade ne serait pas défait. Ceux qui transhument le font soi pour échapper au sabre de la dame justice, soi pour échapper à la famine parce qu’ils sont des politiciens de profession.

Finalement le politicien est perçu comme un arriviste téléguidé par ses intérêts crypto personnels qui fait du wax waxétt au vu et au su de tous, qui ravale ses vomissures sans rechigner, qui dupe à tout bout de champ…Ce tableau sombre n’honore guère l’échiquier politique Sénégalais. Pourtant il y’a parmi eux des hommes intègres, dignes et vertueux qui, pour rien au monde ne vendent leur âme au diable. Par malheur, la goutte infestée a fini par empoisonner la marre : ils sont tous logés à la même enseigne.

moustapharts@gmail.com








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