La ville de Niafunkè en proie aux violences

Vendredi 17 Août 2012 - 11:52

Les habitants de Niafunké sont en colère. Depuis une dizaine de jours, des bandits armés, les anciens rebelles MNLA - le Mouvement national pour la libération de l’Azawad, aujourd’hui convertis au mouvement islamiste d'Ansar Dine - perturbent la vie quotidienne de cette petite ville située sur le bord du fleuve Niger au sud est de Tombouctou : rackets de piroguiers, vols de motos, restrictions de liberté. Ce mercredi 15 août dans la soirée, la situation a dégénéré lorsqu'un jeune homme a refusé la fouille des bagages de sa jeune épouse. Bilan : au moins une jeune femme touchée par balles à l'épaule.



La ville de Niafunkè en proie aux violences
Le climat est tendu entre jeunes et les hommes d'Ansar Dine au point que le comité des sages de la ville s'est réuni pour tenter d'apaiser les esprits.
Selon des habitants de la ville, les tirs de kalachnikovs ont résonné jusque tard dans la nuit mercredi 15 août 2012 à Niafunké. Les hommes d'Ansar Dine lourdement armés ont cherché à disperser les manifestants réunis devant le poste de police islamique. Ils demandaient la libération d'un jeune homme qui a refusé que l'on fouille les bagages de son épouse.
Ce jeudi 16 août au matin, les maîtres de la ville ont repris les fouilles des maisons, et ont arrêté plusieurs manifestants.
A la mi journée, les chefs de quartiers et les chefs traditionnels réunis dans un comité de crise ont rencontré les responsables d'Ansar Dine. Selon un membre de ce comité, le dialogue est difficile avec ces hommes armés, anciennement MNLA, aujourd’hui Ansar Dine. Un mouvement constitué de jeunes bergers touaregs la plupart illettrés, nous explique-t-on.
Ces derniers sont accusés de racketter les populations, particulièrement les piroguiers qui font la liaison avec Mopti. A chaque passage, les piroguiers et les passagers sont rançonnés, et fouillés, souvent avec violence explique un habitant qui a participé à la manifestation mercredi soir.
Les hommes armés n'ont pas concédé grand chose : les fouilles et vérifications vont continuer, ont-ils assuré au comité des sages. Seule concession : les paysans pourront rejoindre leurs terres sans être inquiétés.
Quant au jeune homme arrêté mercredi 15 août au soir : il restera en détention jusqu'à la venue d'un kadi, un juge traditionnel. Il risque de passer les fêtes du ramadan sous les verrous.
Des informations qui font craindre aux plus anciens de nouveaux heurts avec une jeunesse qui crie désormais ouvertement son ras-le-bol.
Source: RFI



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