Le journaliste a déploré le manque de professionnalisme et l’empressement du régime de l’époque de condamner Abdoulaye Wade ce qui a permis a ce dernier de retourner l’opinion en sa faveur. Il déclare dans le journal le Quotidien « nous avons eu la chance d’avoir un appel qui revendiquait l’assassinat de Me Séye. Je peux dire aujourd’hui sans aucun doute qu’il s’agit de la voix de Clédor Sène (condamné à 18 ans de prison avant d’être gracié par Wade). Nous avions gardé l’enregistrement en lieu sûr. Nous avions la preuve de l’existence de cet enregistrement. Wade avait organisé une conférence de presse pour orienter les journalistes vers la piste socialiste. Cela nous paraissait irréaliste que Abdoulaye Wade puisse être le commanditaire. J ai eu beaucoup de regrets après. J ai eu le sentiment que nous avions beaucoup contribué à l’époque à entériner l’idée qu’il ne pouvait pas y avoir de commanditaire cette affaire au niveau du Pds. (….). J ai passé plus de dix jours à enquêter en Gambie. Je suis allé dans tous les lieux où les armes étaient achetées, j’ai rencontré tous les gens qui ont aidé Clédor et les autres à acheter les armes. J’ai lu tous les rapports de la Police, j ai vu le véhicule qui a été saisi. En plus, Pape Ibrahima Diakhaté (un de ceux qui étaient arrêtés avec Wade et Clédor Séne) a parlé dans mon livre. Trois personnes qui ont participé à l’assassinat m’ont parlé dans ce livre. Je n’ai aucun doute aujourd’hui que ça a été mijoté et décidé au plus haut sommet du Pds. Sinon Wade ne serait pas donné la peine de les gracier et de faire voter une loi d’amnistie (Loi Ezzan). C’était manifestement l’affaire Me Séye qui le préoccupait »dixit le journaliste.







