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Latif coulibaly, la peste et le choléra - Par Gallo Tall

En réponse à une interpellation de la présidente de Amnesty internationale, adressée au gouvernement et largement relayée par la presse nationale et même au-delà, le ministre porte-parole du régime du président Macky Sall a cru devoir réagir par la polémique.


Rédigé par leral.net le Mardi 20 Mai 2014 à 17:44 | | 7 commentaire(s)|

Latif coulibaly, la peste et le choléra - Par Gallo Tall
Sous forme d’une comparaison en pire des défaillances de l’actuel régime par rapport au précédent. Comme qui dirait Latif semble insidieusement poser le paradigme du choix entre la peste et le choléra. L’image est certes effroyable mais elle n’est pas aussi exagérée puisqu’on parle des dérives portant sur les droits de l’Homme. Car, une seule violation du droit humain pendant un seul jour durant un règne de 2 ans, 12 ans ou 4 ans n’en est pas moins une régression intolérable pour toute société aspirant à la liberté, à la démocratie et au progrès. Une seule violation du droit humain pendant un seul jour durant 2 ans, 12 ans ou 40 ans est aussi méprisable, inacceptable et déplorable.

Venons-en aux faits.

Le jeudi 08 mai dernier, le journal Le Quotidien, entre autres, titre : « Droits humains, autorisations de marches, … Amnesty EPINGLE Macky ». La présidente de Amnesty-Sénégal, Mme Nafi Samba Ka, ajoute : « Macky est allergique aux manifestations. Wade était plus réceptif aux droits humains »

Kawteef ! Une telle analyse, un tel constat, une telle remarque, une telle indignation, horripilent le nouveau Hérault du mackysme triomphant. Le porte-parole (parcimonieux, muselé ou autocensuré, c’est selon…) par ailleurs ministre de la Bonne Gouvernance voit rouge ! C’est de la « mauvaise foi » ou tout au plus de « l’ignorance », s’emporte l’ancien contempteur du président Wade, dont le dernier brûlot porte sur la mort tragique du jeune Abdoulaye Wade Yingou, victime d’un malaise lors des émeutes de Yeumbeul en 2011.

C’est ce même ministre porte-parole qui avait condamné de manière péremptoire un Commissaire de police de classe exceptionnelle – 40 ans de carrière !-, radié depuis, pour avoir osé dénoncer un trafic de drogue dans la hiérarchie de la police. Depuis, un agent de l’Ocrtis a été arrêté… par la gendarmerie, en flagrant délit de trafic de drogue. Entretemps, le malheureux commissaire Cheikhna Cheikh Saadbou Keita a rallié le… Pds, pour ouvrir une nouvelle page de sa vie faite d’engagement et de patriotisme. Une vie de 40 ans de sacrifices que le zélé porte-parole du gouvernement est loin d’égaler’ eu égard à son jeune âge et à ses maigres états de service au bénéfice de la Nation.

Ce même ministre de la Bonne Gouvernance (incolore, inodore et sans saveur sauf pour les adeptes des innombrables et interminables séminaires à… Saly. tchippirry !!!), qui siège avec le « discriminé positif » Haidar el Aly, un nazi tropicalisé mal intégré, qui envoie Karim Wade à Kédougou, alors qu’il n’est même pas encore jugé. Le même tristement impopulaire dilettante amateur de sensations fortes à travers ses lucratives et permissives plongées sous-marines, qui vient de soulever des… vagues de Nget Ndar’ à Cap Skiring, en passant par les débarcadères et quais de pêche de Lompoul, Kayar, Rufisque, Mbour, Thiaroye, Yarakh, Térou Baye Sogui, Soumbédioune, Ouakam, Ngor, Yoff, etc. Une levée de boucliers, sans précédent, suite au bradage et/ou braconnage de notre mer et ses ressources au profit de l’Union européenne.

Ce même Libano-Sénégalais dont le fils a été sauvé, in extremis, de la prison, grâce au (nouveau) bras long de papa, dans le dossier du Port de Dakar qui a conduit l’ancien Dg Bara Sady et d’autres aux arrêts. Le même Ali, premier ministre d’origine libanaise, comme il aime à se vanter, qui a pris un avion jusqu’à Cap Skiring pour épouser une belle Diola, dit-on. Ce même Haidar écolo qui a fait arraisonner des bateaux-pirates russes et non français, avec un grand ramdam médiatique, avant de faire acte « d’indulgence » pour leur faire payer (seulement) quelques 400 millions alors qu’ils devraient en casquer pour plus d’un milliard, etc, etc.

Autant d’actes qui n’indignent point notre ministre de la Bonne Gouvernance. Mais, il suffit que Doing Business interpelle notre gouvernement sur ses points faibles, sources d’incompétitivité, ou que Amnesty alerte sur le recul en matière de droits humains, pour le néo-apériste Latif monte sur ses grands chevaux pour clouer au pilori un organisme aussi réputé et respecté qu’Amnesty, sentinelle de la liberté partout dans le monde. Dire qu’il a bâti sa fameuse réputation sur la dénonciation des dérives supposées ou réelles du régime de Wade, jusqu’à penser être candidat contre ce même Wade avant de devenir un simple militant… zélé de l’Apr, là-bas, à Sokone.

Pis, après une comptabilité macabre des victimes de violence ou de violation de leurs droits sous le régime de Wade, « le scientifique » donneur de leçons universelles et ce, dans tous les domaines – ubiquité oblige !- va même jusqu’à évoquer le Mca comme unité de mesure de la Bonne Gouvernance garente des droits humains sous Macky Sall. Catastrophe et renversant comme argument « scientifique », si l’on sait que le Mca a été acquis sous « le diable en démon » Wade !!!

De mal en pis, Latif « le scientifique » cite pèle-mèle, dans sa rétrospective morbide et cynique, les prédécesseurs de Mme Nafi Samba Ka à la tête d’Amnesty, Me Demba Ciré Bathily et Seydi Gassama, pour étayer sa contre-attaque. On voit donc que les défenseurs des droits de l’Homme ne sont crédibles que lorsqu’il critique les autres, en l’occurrence Wade. Mais, dès qu’il s’agit du gouvernement de Macky, c’est de « la mauvaise foi» ou de « l’ignorance ». Ainsi pense le Savant Latif. Allélouia, ainsi soit-il.

Et pourtant, si Latif était constructif et soucieux de la rupture – un autre slogan en désuétude, teuss !- il aurait pu lire attentivement le premier paragraphe incriminé qui dit, je le cite : « Figurant dans les libertés civiles et politiques consacrées dans la Constitution de 2001, le droit de manifester est souvent interdit depuis quelques semaines. Cela provoque l’indignation des structures de droits de l’Homme dont Amnesty international qui initiait hier à l’Ucad une sensibilisation sur la question. Notant des « avancées » sous le régime de Abdoulaye Wade malgré des « dérives » lors de ces dernières années de règne, la présidente de cette organisation de promotion des droits humains déplore les interdictions systématiques des marches constatées depuis un certain temps. « La liberté de manifester est un droit qui est aujourd’hui consacré par toutes les Constitutions dans tous les pays démocratiques mais qui aujourd’hui pose problème », fait remarquer Nafi Samba Ka ».

Mieux, il aurait pu appeler Amnesty et les autres organismes des droits de l’Homme, y compris le nouveau fonctionnaire Alioune Tine moins zélé, moins prolixe et moins tonitruant ces derniers temps –la fameuse muselière gouvernementale est passée certainement par là- pour recueillir leurs observations, leurs critiques, leurs inquiétudes, leurs suggestions et recommandations. A cette occasion, il se serait fait signaler que le Comité sénégalais des droits de l’Homme est rétrogradé à la classe B depuis quelques mois, soit après le départ du « diable » Wade !

A cette même occasion, il se ferait dire qu’après Kékouta Sidibé à Kédougou, après Kolda, Saint-Georges en Casamance, Thiès avec le sapeur Chérif Ndao, Rebeuss par deux fois, entre autres et en moins de 2 ans, c’en est trop et ça n’augure rien de bon pour un régime élu pour effacer tout ce qu’il y avait de répréhensible et de hideux sous les anciens régimes libéral et socialiste. Malheureusement, « les dérives » notées à la fin du régime de Wade par Amnesty se sont exacerbées, de manière inquiétante, seulement en début de mandat courant. Comme qui dirait, c’est la continuité de l’Etat… dans la violation des droits humains.

Mais, il y aura toujours des défenseurs zélés de régime qui n’hésiteront pas à choisir cyniquement entre la peste d’hier et le choléra d’aujourd’hui. Dieu que le pouvoir corrompt et rend souvent amnésique.


Gallo TALL, Ujtl, Comité directeur du Pds

Post Scriptum :
1- Dans la même édition du samedi 10/dimanche 11 mai courant, où « Latif rejette Amnesty », il est signalé « une nouvelle victime de sévices à l’entrainement à Thiès, le sapeur Bourama Diémé. Un autre Chérif Ndao ? » La parole est (encore) à la dénégation, pardon, à la défense !
2- Le nouveau Code de la presse, la faillite du gouvernement matérialisée par la démission spectaculaire de la directrice des Impôts et Domaines, la famine dans le monde rural, avec plus de 670 mille personnes touchées, entres sujets brûlants, ne trouvent grâce aux yeux de notre vertueux ministre porte-parole du gouvernement.






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