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Le 19 mars 2011, et après* ?

La manifestation du 19 mars 2011, sans nul doute, marquera pendant fort longtemps, l'histoire de la contestation d'un régime dans notre pays. Elle est aussi, à classer, aux archives des très grandes réussites organisationnelles. Puisqu'elle n'émanait pas du pouvoir en place, ni de l'opposition politique, mais de la « société civile », pour mobiliser tant de monde. Drôle d'anniversaire, pour un président de la République, en exercice pour le fêter. A défaut, de communion, dans une certaine allégresse, avec ses concitoyens, il reçoit de ceux-ci, en cadeau, l'expression d'une certaine exaspération. Par des slogans entre autres « y en a marre ; ou Wade dégage ; ou le peuple est dehors, ou Wade na dème ». Attitudes qui résument une crise de confiance envers ses dirigeants, d'une société en désarroi, et en doute, qui ne se reconnait plus en celui, qu'elle avait porté à la magistrature suprême.


Rédigé par leral.net le Jeudi 31 Mars 2011 à 02:12 | | 6 commentaire(s)|

Par essence, mener un combat politique, relève avant tout, des femmes et des hommes politiques (des politiques). Cela semble, devenir une exception, la société civile s'est de facto substituée à ceux-ci, pour se positionner en objecteur critique du pouvoir. Pour causes, les évènements, faits, ou actes politiques les plus saillants, depuis bien longtemps, dans la vie sociale et politique du pays, sont à mettre au crédit de « citoyens apolitiques » (le mouvement, de serigne Mansour Sy Djamil ; les marches des Imams, contre les délestages électriques; la manifestation du 19 mars 2011…). Ces démarches citoyennes, s'avèrent indispensables face à des politiques « en panne d'idées » au sens large. Car, il échoit à chacun d'entre nous, d'apporter sa contribution pour préparer, construire et avancer, dans la voie du bien collectif, et en particulier de la gagne en 2012. C'est pourquoi, il nous parait normal et essentiel, qu'elle (l'opposition politique) soit suppléée en cas de défaillance, par la société civile, notamment en initiant, ou en participant à des débats, ou à des actions pour la refondation du Sénégal de demain. Et l'action de Sidy Lamine Niass, s'inscrit pleinement dans cette visée, et logique.

Selon nous, l'inertie est le terreau d'une défaite probable aux prochaines élections. Par conséquent, après que Sidy Lamine Niass ait montré la voie, avec cette démonstration de force, comme d'ailleurs d'autres avant lui, à un niveau moindre (à l'exemple des marches des Imams), les politiciens de métier devraient se ressaisir, pour enfin remplir leur rôle d'opposants politiques, que de le sous-traiter par inaction aux membres de la société civile. Qui, se positionnent face au pouvoir, pour lui signifier les désaccords, mécontentements, ou ressentis du peuple, comme dans toute société démocratique. C'est pourquoi, nous les invitons prestement à prendre le relais, pour le temps qui nous sépare des élections. Pour non seulement poser des actes, et faire échec aux « wade », mais encore, pour maintenir la pression sur le chef de l'Etat. Et continuer à le faire douter, pour l'obliger à limiter, voire circonscrire ses « métadérives », et ses caprices de gâteux président.
Avec ses dépenses vraiment somptuaires, ce qui est difficilement compréhensible, dès l'instant que le pays traverse une très sévère crise économique, depuis longtemps. Ainsi, après avoir réfectionné l'ancien avion présidentiel « la Pointe de Sangomar » avec des milliards (de l'argent public), le voilà s'offrir un « nouvel » avion ». De plus, l'argent investi entre autres, dans la construction du nouvel aéroport Blaise Diagne de Diass, n'est pas, une absolue nécessité, comme l'aéroport Léopold Sédar Senghor n'est pas, de nos jours, saturé par le trafic aérien. Donc, ces sommes pouvaient être investies, dans du productif pour faire travailler les nombreux jeunes désœuvrés dans nos villes, et dans nos villages, qui auraient bien voulu donner, du sens à leurs vies en s'occupant professionnellement.

Le président Wade aime dire, qu'il n'a pas d'opposition en face de lui, ce qui n'est pas tout à fait faux. Parce que, celle-ci (l'opposition politique) est atteinte d'aphonie, souffre d'un manque cruel d'initiative, et d'une criante absence de pugnacité. D'autant qu'elle n'a jamais su capitaliser, ou exploiter les mécontentements des populations, ni su fédérer, autour d'elle les mécontents. Ce qui ne fut pas le cas, de l'opposant Abdoulaye Wade qui savait, non seulement être le relais des frustrations de ses compatriotes. Mais, surtout, savait être quelquefois l'instigateur de certaines agitations dans le pays (l'ancien président de la République Abdou Diouf sera de notre avis). Et pour causes, la manifestation (du 19 mars 2011), initiée et organisée par Sidy Lamine Niass était plus du ressort des leaders politiques, ou de l'un d'eux, que d'un membre de la société civile.

Par contre, si le président de la République considère qu'un opposant politique doit être forcément un politicien de métier. En pareil cas, il se trompe d'analyse, en ce qu'il mésestime vraiment le poids de la majorité silencieuse. Si la marée humaine qui a déferlé le 19 mars dernier à Dakar par exemple, était composée pour la plupart de non politiques, ou d'apolitiques. Ce sont de potentiels opposants politiques, qui portent discrètement en eux, l'expression de leur volonté politique (la carte d'électeur).

Aussi, au-delà du manque, de tons appropriés, et/ou de verbes justes, des politiques pour convaincre, et faire adhérer le plus grand nombre à leurs discours. Selon nous, la désaffection, ou la déception des citoyens, de la politique en général, s'expliquerait en partie, par le fait que certains politiciens sont assez éloignés des préoccupations du peuple, et sont presque coupés des réalités vécues au quotidien. Ce « dégoût » est plus accentué, la population ayant le sentiment, à juste raison, qu'ils (les politiques) sont incapables de répondre à leurs attentes, et soucis. Mais encore, la plupart du temps, certains d'entre eux se servent avant de penser à les servir. Cela est encore tellement patent, depuis l'accession du président Abdoulaye Wade, au pouvoir. Alors qu'ils vivaient chichement avant 2000, beaucoup de membres ou sympathisants, du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), n'ont jamais été aussi à riches (Awa Ndiaye, Farba Senghor, Lamine Faye…), pendant ce temps, la pauvreté ne cesse de croitre au sein de la population.
Au terme de notre analyse, un certain nombre de questions nous interpelle, après l'appel du 19 mars 2011. A savoir son initiateur/organisateur (Sidy Lamine Niass) serait-il plus excédé, que les politiciens de métier, de la situation exécrable économiquement, politiquement, et/ou socialement du pays ? Ou encore, ne craignait-il pas, à ce qu'il soit sérieusement porté atteinte à son « habeas corpus » ?
De notre questionnement, nous invitons l'opposition politique, en moins d'un an des élections présidentielles, à réoccuper le terrain de la contestation, des revendications, et des propositions. Et surtout, aller au contact, et à la rencontre du peuple, à l'image de Macky Sall. Faute de quoi, le risque de discrédit, ou de désintérêt de nos concitoyens, à la politique va s'accentuer de plus en plus. Et cela ne profitera in fine qu'au régime en place. De même, au sein des coalitions (à l'exemple de Benno Siggil Senegaal), de notre point de vue, ces membres seraient mieux inspirés, d'une part de réfléchir sur un programme politique, et de gouvernement avec des propositions claires, compréhensives et sérieusement bien définies. Et d'autre part, d'éviter de s'empêtrer dans de sempiternels débats de leadership « partitaire », avec d'incessantes palabres de détermination du nombre de candidatures éventuelles.

Daouda N'DIAYE

Juriste/Analyste politique (France)

*Article dédié à Suzanne N'DIAYE



1.Posté par ABDOULAYE le 31/03/2011 09:58 | Alerter
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Daouda, merci encore pour ta contribution avec une analyse très pertinente. je prends à chaque fois plaisir à te lire. Tu as raison de te poser la question de l'inaction de nos politiciens, et avec eux WADE est encore là pour 20 ans.
Sinon pourquoi, tu ne milites pas dans les partis politiques? Courage.

2.Posté par CYD le 31/03/2011 10:50 | Alerter
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LE TRIOMPHE DE LA DEMOCRATIE SENEGALAISE

L’an 11 de l’alternance a vécu. Ce Samedi 19 mars 2011 restera pour jamais gravé dans la mémoire de tout ce qui milite en une démocratie véritable. En effet, le test grandeur nature de notre jeune démocratie a triomphé ; oui là on craignait le pire en croyant une pensée frileuse de ce qui s’est passé en tripoli ; au Caire, en Tunis à Abidjan, des capitales qui s’embrasent à leur faveur des contestations toujours contenues et qui ont fini par libérer leur peuple parfois à la prise de sang d’honnêtes citoyens.Donc disais-je le pire a été évité de justesse d’une décision de dernière minute qui a sauvé l’irréparable peut être qui allait se produire.
Le chef de l’état, gardien de la constitution, a par le biais de son ministre de l’intérieur « autorisé » toute manifestation prévue pour fêter cette date historique. C’est là son devoir, il doit être au dessus de la mêlée, sortir de sa tête magique de politicien averti des décisions qui sauvent le pays. Loin des propos de va t’en guerre aussi bien du coté du pouvoir que de l’opposition le 19 Mars a été fêté dans la pluralité expressive, la liberté d’exercer son droit de marche dans la paix….Alors que la foule de Sidi Lamine Niass président du groupe de presse Wal fadjri grossissait faisant craindre le pire, des forces de l’ordre moins zélées que d’habitude géraient la situation avec beaucoup de responsabilité et de sérénité. Il en était ainsi à travers tout le pays.
Le peuple a besoin d’être compris il n’est pas « sauvage » il faut laisser le citoyen exploser ses frustrations dans un cadre pacifiquement organisé. Le chef de l’état doit être le chef du peuple et non d’un parti pour prendre certaines décisions. Car dans le parti existeront des « incendiaires » qui veulent toujours en découdre alors que le parti au pouvoir n’a pas besoin de ça.
La vitalité de notre jeune démocratie a pour la première fois montrée toutes ses dents dehors, des dents de triomphe et de victoire. Car le 19 Mars dernier, Il n’ya pas eu qu’un seul vainqueur… la démocratie.
Ni le pouvoir, ni l’opposition n’a gagné.
Vive La démocratie sénégalaise !!!!
Cheikh Yaba Diagne Enseignant à Mbacké

3.Posté par le 31/03/2011 11:46 | Alerter
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Je pense que le seul but recherché dans la journée du 19 Mars,est de donné une opignon collective dune franche de la population sénégalaise.Et c'est important pour chaque sénégalais.

4.Posté par ablaye le 31/03/2011 13:57 | Alerter
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L'analyse de la réussite des événements du 19 mars par l'opposition ou le pouvoir est assise sur le nombre de personnes présentes. Mais quel est le rapport avec les futurs détenteurs de carte d'électeurs. On ne tient pas compte de cette majorité silencieuse qui n'est pas sortie ce jour. Mais pourquoi elle n'est pas sortie ? Une chose est sure, un malaise profond existe entre les politiques et les populations. Une rupture de confiance est en cours de consolidation. Qui va en tirer profit ? Chaque camp politique croit à son accendant avec des argumentaires dépassées et n'accrochant plus. Il existe dans les deux camps des personnes en qui on ne peut plus avoir confiance et le malheur elles sont à coté de ceux qui veulent être élus. Leur arrogance, l'étalement de leur richesse, leur participation à problèmes de moeurs qui répugnent le peuple font que leur rejet par le peuple ne être compris que par les intelligents. Mais pour faire plaisir aux candidats potentiels, on leur fait croire le contraire de ce qu'ils voient eux mêmes. Mais pour diriger ce peuple il faudra un président ayant des connaissances spirituelles très élevées, et non celui qui dépend d'un quelconque marabout si ce n'est son quide spirituel.

5.Posté par GEORGES le 31/03/2011 15:10 | Alerter
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Une analyse qui permettra à l'ensemble des sénégalais de prendre conscience que la politique est l'affaire de tous. Et que si nous voulons prendre notre destin en main, nous devons bousculer les politiciens de métiers pour qu'enfin ils font leur travail d'opposant.. Et si personne ne fait front à la famille WADE, nous seront bientôt des morts vivants.

6.Posté par LATYR le 01/04/2011 11:23 | Alerter
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Il me semble que l'analyse qui est faite ici est d'une grande objectivité. A moins d'avoir un problème avec l'auteur, en pareil cas, la critique est plutôt subjective. Parconséquent, nous devons encourager tous ceux qui prennent le temps de réfléchir et d'écrire pour nous éclairer.

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