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Le Boundou réclame plus de dignité


Rédigé par leral.net le Jeudi 5 Février 2015 à 18:49 | | 0 commentaire(s)|

Comme nous avons coutume de le faire à l’occasion de chaque rencontre ou sortie publique, commençons d’abord par rappeler que le Collectif du Boundou, signataire de ce texte, est une structure absolument apolitique – en dépit du fait qu’il compte en son sein des encartés de tout bord politique. Ces membres se sont engagés, depuis sa création, à œuvrer àl’amélioration des conditions économiques et sociales des populations du Boundou en cherchant à remédier aux inégalités et à la marginalisation dont souffre la région depuis 1960 ; une situation d’autant plus injustifiée que la région renferme des potentialités de grandes valeurs : on entend parler depuis quelque temps du projet d’exploitation du fer de la Falémé... Mais, il est clair qu’aujourd’hui, la marge qui sépare cet espace des autres régions en termes de progrès économique n’est un mystère pour personne. Nous vivons à la périphérie de tout, hélas ! Les répercussions de ce retard se feront sentir aussi longtemps que notre engagement politique et citoyen restera amorphe.

« Engagement », voilà donc le mot qui nous amène droit au but : il y a quelques jours, certains de nos membres, précisément les Bundunkoobe qui militent à l’APR, ont exprimé leur mécontentement au parti et à ses dirigeants au regard des engagements non tenus depuis 2012 vis à vis de leur région. En effet, Il semblerait que leur affiliation à l’APR, ou du moins leur motivation à soutenir avec ferveur Macky Sall, reposait sur des termes clairs, dont la contrepartie pour le Boundou serait de bénéficier de plus de considération, d’investissements et de politiques de réduction de la pauvreté. Bien attendu , le Collectif du Boundou salue l’initiative des « apéristes » de la Cellule d’Amandiers, les encourage, mieux, les incite à ne jamais baisser la garde, y compris dans l’éventualité où cette histoire de promesse envers le Boundou serait infondée. D’ailleurs, nous n’avons que faire des pactes et promesses, car comme le disent les politiciens mystificateurs, « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

Inscrivons simplement l’action de ces camarades sur le compte du devoir citoyen, celui-là même qui les autorise de facto à exiger des comptes et à réclamer la justice sociale,ou tout autre droit dès l’instant que celui-ci manque d’être respecté. Oui, un peu de reconnaissance, un peu de « démocratie économique » aussi ! Par ici, entendons la démocratisation des investissements publics à l’échelle de l’ensemble du pays, autrement dit une harmonisation de la politique économique du pays, mais aussi des plans de développement (PSE, par exemple), de sorte que toutes les régions se sentent impliquées dans le projet global de la Nation (sénégalaise). La fortification du sentiment national est strictement arrimée aux problématiques d’égalité et d’équité ; à ce titre la question casamançaise et l’ensemble des crises sahéliennes, liés ou supposés liés à ces questions, doivent servir de leçon à tous.

​Pour être clair, notre région est simplement le parent pauvre de la politique économique du Sénégal depuis la période coloniale. Nous sommes passés à côté des investissements du FIDES (Fonds de développement économique et social) au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (1946-1952), mais aussi à côté de tous les plans quadriennaux post -coloniaux (1961-1981).

Les études ont montré que les inégalités territoriales au Sénégal, comme dans la plupart des pays de l’ex-empire colonial français remontent aux sources de la politique économique coloniale. Mais, en vouloir à la colonisation d’avoir créé des inégalités territoriales au travers des investissements, c’est simplement oublier le principe même sous-tend la colonisation : la rentabilité économique. Autrement dit, on investit dans les régions susceptibles d’apporter immédiatement de la valeur ajoutée à la métropole. Le passage de la situation coloniale à la situation postcoloniale implique des changements qui ont manqué de profondeur au Sénégal, de L.S. Senghor à Macky Sall. Nous laissons donc aux partisans« l’impérialisme primaire » de porter la responsabilité à la colonisation. Pour le Collectif du Boundou, les seuls responsables de la marginalisation chronique de notre région sont l’État du Sénégal et ses autorités politiques. Il ne faut pas dédouaner les Africains de leur action effective dans l’histoire. Si le Boundou est dans une situation de marginalisation, voire d’involution, cela s'explique par le manque de vision politique.

C’est peu dire donc que les membres de l’APR d’Amandiers, ont fait preuve de courage et de citoyenneté active en considérant qu’être sénégalais ne suffit plus à obtenir le droit à la considération, mais qu’il faille aller l’arracher. Ce qu’ils réclament aujourd’hui (ils ne s’en cachent pas), c’est une participation effective à la vie politique du pays. Ils comptent parmi eux des intellectuels de haut niveau, qu’ils espèrent bien voir occuper des postes de responsabilité au Sénégal – ce sera une grande première car la marginalisation historique continuelle ne l’a jamais permis auparavant – ; ils ont des projets structurés, ils veulent les voir financés ; ils vivent dans une région en involution, ils veulent la voir mise en valeur, avec des investissements durables. Bref, ils veulent que l’injustice qui n’a que duré soit corrigée.


In Fine, être oublié par un seul régime peut effectivement être qualifié « d’oubli », mais quand l’oubli s’étend sur la longue durée et sur plusieurs générations de chefs d’État, « l’oubli » n’est rien moins que du « mépris ». À partir de ce moment, c’est la question même de la « pleine citoyenneté » qui est purement et simplement remise en cause. Et, face au mépris, la réaction se doit d’être ferme. Le discours doit être aussi clair que celui tenu par les camarades d’Amandiers.
La pudeur en toute situation nous empêchait de réclamer quoi que ce soit par le passé. Les conséquences de ce comportement sont connues : nous n’avons rien ! Ailleurs, nous l’avons vu, l’heure est à la construction des autoroutes de dernière génération : « Ila ceci... Ila cela... ». Le temps passe, les générations se renouvellent, la conscience citoyenne se renforce, luttons donc pour le Boundou ! Unis, on y arrivera pour peu qu’on s’en donne la peine.

Vives nos camarades de la Cellule APR d’Amandier, vive le Boundou, vive le Sénégal

Paris Le 04 Février 2015
​​​​​ Collectif Pour la Promotion du BOUNDOU






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