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Le Conseil de l'Europe adopte un rapport sur la mort de 63 migrants en Méditerranée

le 24 Avril 2012 à 15:36 | Lu 333 fois

Au mois de mars 2011, 63 migrants d'origine subsaharienne qui tentaient de fuir les combats en Libye mouraient noyés en Méditérannée. Qui est responsable de la mort de ces migrants ? Après enquête, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a tenté de répondre à cette question. Le Conseil a adopté mardi 24 avril un rapport soulignant de nombreux dysfonctionnements.


Le Conseil de l'Europe adopte un rapport sur la mort de 63 migrants en Méditerranée
Il souligne d'abord la responsabilité de l'OTAN, qui "n'a pas réagi aux signaux de détresse" dans une zone militaire qu'elle contrôlait. Dès juillet 2011, onze organisations de défense des droits de l'homme, y compris Human Rights Watch, avaient interpellé les autorités de l'OTAN. Mais l'Organisation n'est pas considérée seule responsable du drame. Les autorités chargées des opérations de recherche et de sauvetage en mer, les pays dont les navires battaient pavillon dans la zone, les autorités libyennes et les trafiquants sont aussi pointés du doigt.

"UNE MALHEUREUSE SUITE D'ÉVÉNEMENTS", SELON L'OTAN

A la veille de ce débat, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, avait déclaré à Bruxelles que le "tragique accident" en question semblait avoir "résulté d'une malheureuse suite d'événements". "Nous avons empêché un massacre de la population libyenne, et, en mer, les navires alliés ont participé au sauvetage d'environ 600 personnes", a-t-il dit, cité par sa porte-parole.

Dans son rapport, le Conseil de l'Europe déplore qu'"en 2011, au moins 1 500 personnes [aient] perdu la vie en cherchant à traverser la Méditerranée". Dans le cas "particulièrement effrayant" ayant motivé son enquête, une petite embarcation ayant quitté Tripoli avec 72 personnes à bord s'était finalement échouée deux semaines plus tard sur la côte libyenne avec seulement neuf survivants.

L'assemblée a demandé à l'OTAN et aux Parlements nationaux des Etats concernés de mener des enquêtes pour répondre aux questions qui restent en suspens. "La législation et les pratiques relatives au secours en mer comportent toutes deux des lacunes, auxquelles il faut remédier", a observé Mme Strik.

Mercredi 11 avril, neuf associations avaient annoncé avoir saisi le procureur de la République de Paris d'une plainte contre X : la plainte, déposée au nom de quatre survivants, visait l'armée française qui, selon les associations, "ne pouvait ignorer le péril pesant sur cette embarcation".