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Le FLN rafle la mise aux législatives algériennes

le 12 Mai 2012 à 11:19 | Lu 589 fois

Les partis islamistes n'ont pas réalisé la percée espérée après le printemps arabe.


Le FLN rafle la mise aux législatives algériennes
Les législatives algériennes du 10 mai 2012, arrangées par le pouvoir comme toutes les élections, devaient apporter la preuve que le printemps arabe est soluble dans la démocratie organisée à Alger. Avec une participation plus forte que celle du dernier scrutin de 2007 et la victoire éclatante du Front de libération nationale (FLN), le parti de l'indépendance, jadis parti unique, aujourd'hui parti présidentiel, demeure le maître du jeu politique. Contre toute attente, les observateurs n'ayant pas prévu cette vague, il a obtenu 220 des 462 sièges à pourvoir.

La poussée des islamistes, qui était censée s'inscrire dans le mouvement régional, a en revanche été contenue. Les partis de l'islam «modéré», à commencer par ceux réunis dans «l'Alliance pour l'Algérie verte» n'obtiennent que 48 députés, c'est-à-dire moins que les 52 sièges que comptait le MSP, fer de lance de cette alliance, dans la précédente législature. Contrairement à ce qui s'est passé en Tunisie, Égypte et Maroc, les islamistes apparaissent même comme les premiers perdants de ces élections.

Le RND, un parti issu du FLN en 1997 avec lequel il partage une identique proximité avec le pouvoir, arrive en deuxième position, comme en 2007. Il passe de 61 à 68 députés. C'est un surplace, pour ne pas dire un tassement. La nouvelle assemblée (462 sièges) a en effet été augmentée de 73 députés par rapport à l'assemblée sortante issue des urnes en 2007 (389 députés), une vingtaine de partis ayant vu le jour à la veille du scrutin du 10 mai.

Le Front des forces socialistes (FFS), qui revenait dans l'arène politique après avoir boycotté les élections depuis plus de 15 ans, réussit son pari. En obtenant 21 sièges, le plus vieux parti d'opposition en Algérie, centrée sur son fief de Kabylie et la capitale, devrait pouvoir constituer un groupe dans la prochaine Assemblée. Voilà ce que n'était pas parvenu à réaliser son frère ennemi, également issu de la Kabylie, le RND, qui avait obtenu 19 sièges en 2007, et cette fois-ci boycottait les élections.

Refus de participation
Comme on ne change pas une équipe qui gagne, l'alliance gouvernementale pourrait très bien être reconduite, la redistribution des postes, à commencer par celui de premier ministre, pour tenir compte des corrections électorales opérées le 10 mai, n'ayant qu'un intérêt relatif dans un pays dirigé par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Tel est bien le premier vainqueur de ces élections, qu'il avait lancées en avril dernier pour clore politiquement le chapitre ouvert, dans le sillage du printemps arabe, par les manifestations d'Alger de janvier 2011. Évidemment, les partis islamistes, qui étaient associés à cette alliance, pourraient bien faire payer leur mauvais score par un refus de participer à une nouvelle aventure ministérielle. Mais le FLN et son allié RND sont dans une telle position de force qu'ils peuvent désormais se passer des islamistes pour gouverner.

Avec la victoire du FLN, l'autre message adressé par le pouvoir concerne la participation. Celle-ci a atteint 42,90 %, soit un taux plus élevé que les 35,67 % des dernières législatives de 2007. Ce sont les résidents vivant à l'étranger qui ont le moins voté (14 % de participation). Sans eux, le taux de participation s'élèverait à 44,38 %, un niveau moindre que celui des législatives tunisiennes et égyptiennes de 2011, mais sensiblement égal à celui enregistré la même année au Maroc (45,40 %). Cette barre symbolique des 45 % avait été visée lors de la campagne, tant par le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, que par Bouguerra Soltani, le chef de file des islamistes de l'Alliance Algérie verte. Sur ce point, le patron du MSP avait vu juste. Il s'est en revanche laissé abuser en croyant que les islamistes deviendraient la première force politique d'Algérie.