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Le Gabon sur une poudrière en attendant l'issue juridique de la présidentielle

Rédigé par Massene Diop le 13 Septembre 2016 à 21:56 | Lu 1349 fois

Alors que la Cour constitutionnelle instruit les recours déposés à la suite de la réélection contestée d’Ali Bongo, la crainte de nouvelles violences reste vive dans la capitale gabonaise.


Carena a été arrêtée lors de l’assaut contre le QG de Jean Ping après la proclamation des résultats de la présidentielle au Gabon, remportée par Ali Bongo. Elle raconte cette nuit de violences qu’elle redoute de voir se répéter.

Un millier de partisans de l’opposant gabonais Jean Ping ont participé samedi 10 septembre à une "marche blanche" à Libreville, deux semaines après la réélection d'Ali Bongo Ondima à la présidence du Gabon. Hommes et femmes de tous âges s’étaient réunis au quartier général de leur candidat pour rendre hommage aux "combattants de la liberté morts pour la patrie" – trois selon les autorités, entre 50 et 100 selon le camp Ping.

Carena, pourtant fervente supportrice de Jean Ping, n’a pas osé se joindre à la marche. "Je ne suis pas encore prête à retourner dans le QG et dans ses environs", explique-t-elle à France 24.

Au total, 800 personnes ont été interpellées à Libreville selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, qui a dénoncé les violences et pillages qui ont suivi l’annonce des résultats électoraux. Coupés du monde - " ils ont bien pris soin de débrancher les télévisions ", note Carena -, interdits de prévenir leurs proches, les détenus ont été maintenus en captivité sans être informés des faits qui leur étaient reprochés

Crainte de nouvelles violences

Le 7 septembre, soit une semaine après son arrestation, Carena a été relâchée après avoir comparu devant la justice gabonaise. "On nous a reproché d’avoir participé à un attroupement non armé. J’ai été fichée, puis relâchée. Mais d’autres ont été emprisonnés", ajoute la jeune femme qui, depuis, reste sur ses gardes et s’attend à de nouvelles violences. Le calme est pourtant revenu dans les rues de Libreville, mais il reste précaire.

"Il n’y a pas de gros déploiements policiers comme avant l’annonce des résultats, mais les forces de l'ordre sont toujours visibles dans les rues de Libreville, notamment les bérets verts de la Garde républicaine", témoigne Sébastien Németh, envoyé spécial de RFI à Libreville, qui constate une nervosité latente.

SOURCE FRANCE 24


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