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Le Père Noël est une vraie ordure


Rédigé par leral.net le Samedi 27 Décembre 2008 à 15:07 | | 0 commentaire(s)|

Le Père Noël est une vraie ordure
LES GUIGNOLS DE LA REPUBLIQUE OU LES SYMBOLES DU MAL

A l’heure où Kédougou s’endigue dans la violence, on se pavane tranquillement dans les rues de Paris

Le Père Noël est une vraie ordure


Bonjour Père Noël, ou plutôt, Papi Noël, j’espère ne pas troubler votre repos paisible et angélique dans les hôtels luxurieux de Paris, en cette veille de Noël. Tout d’abord, permettez-moi de vous souhaiter un joyeux Noël, malgré le cadeau ensanglanté que vous venez de nous faire à Kédougou, nous vous en sommes très reconnaissants. Je ne serai pas long, permettez-moi donc d’aller droit au but. Je tenais seulement à vous rafraîchir la mémoire en vous rapportant des nouvelles du bled, des infos qui certainement vont beaucoup vous ‘plaire’. Je sais à quel point vous adorez les contes de fées ; dommage, ceci n’en est pas un. L’ange de la mort a encore frappé, pas loin de chez nous, en Guinée. Permettez-moi de vous faire une petite confidence : en ce moment même, il est à la recherche de personnes âgées, de vieux séniles qui ont trahi, et qui pensaient ne jamais payer la dette. Lorsque l’ardoise est trop chargée, il faut penser à l’effacer, évidemment. Vous n’avez rien à craindre, Papi Noël, cet émissaire est si gentil et si compatissant à l’égard du troisième âge à qui il aime faire des cadeaux, surtout à la veille de Noël… Lui, au moins, il tient ses promesses, et arrive toujours à point nommé. Le Père Noël, les Guinéens y croient dorénavant, car il vient de leur faire un superbe cadeau ; il vient de leur rendre un très grand service, comme il a rendu service aux Irakiens il y a deux ans, peu après Noël… Après Bokassa, Mobutu, Saddam Hussein et autres, le dictateur guinéen, pardon, le président Konté vient de passer à la trappe. Un séisme violent vient de le foudroyer, à l’heure où il ne s’y attendait pas. Paix à son âme, il était si jeune, à 74 ans, malgré sa santé précaire.

A Paris, Noël se fête en famille : à Kédougou, dans un bain de sang

C’est honteux, c’est terrible et c’est terrifiant, le spectacle odieux auquel les Sénégalais ont eu droit, en cette veille de Noël. En tout cas, cela n’a rien de prometteur pour cette nouvelle année qui s’annonce, avec des foyers de tension un peu partout, jusque dans les confins du pays. Les jeunes de Kédougou attendaient du père Noël des câlins et de cadeaux qu’il leur avait promis depuis 2000. A la place, ils ont eu droit à des tirs ciblés et des tickets gratuits pour un séjour illimité au cimetière oriental du Sénégal. Oui, ils ont eu droit à des bavures policières, pardon, militaires. Les forces de…désordre ont encore frappé ; ces vautours ont eu droit à un festin, évidemment, c’est leur cadeau de Noël ; il faut bien que leurs armes servent à quelque chose. Ils ont eu le droit de l’utiliser face aux jeunes de Kédougou, comme cela a été le cas, aux campus de Dakar et de Saint-Louis, il y a quelques années. La famille de Balla Gaye ne nous démentira pas. La date du 23 décembre 2008 restera à jamais gravée dans la mémoire des Sénégalais, suite au crime odieux perpétré par les gorilles du président, sur la vaillante « jeunesse malsaine » de Kédougou qui a osé défier l’Etat et son autorité. Ceci n’est que le reflet du ras-le-bol d’une jeunesse désemparée et désorientée, et dont l’avenir est plus que jamais hypothéqué par les guignols de la république. Une ville en état de siège, une fumée noire à tous les coins de rue, des jeunes qui courent dans tous les sens, un scénario…apocalyptique. Des jeunes désœuvrés et sans défense se retrouvent devant des chiens furieux, dressés pour tuer, des vampires assoiffés de sang qui n’ont pas hésité à sucer le sang deux pauvres malheureux. Voilà les maux qui gangrènent notre république malade de l’alternance.

Les symboles du mal, au cœur de la république

Il nous semble que le mal, de nos jours, est personnifié ; il est incarné par des individus logés dans les entrailles de notre république en plein processus de ‘monarchisation’. Bravo au ministre de l’information dont la brillante expertise a permis de confondre des impacts de balles réelles, avec un corps « gentiment » piétiné par des manifestants. Pour en arriver à une confusion pareille, il faut nécessairement souffrir de dyslexie mixte, au point de cracher de telles conneries devant les caméras de la machine à propagande. Un beau jour, le ridicule finira bien par tuer. Un peu de respect, de retenue et de compassion était nécessaire pour les familles des victimes. Devant une évidence, lorsqu’on ne sait pas quoi dire, on se doit de la fermer gentiment. Evidemment, le syndrome Voldemort surgit toujours là ou l’on s’y attend le moins. Le prix Nobel du mensonge, de la désinformation et de l’intoxication revient de plein droit à Aziz Sow et aux gorilles du président. Lorsque des repris de justice surplombent les parlements non représentatifs des Sénégalais…Lorsqu’un ancien conseiller du sanguinaire Mobutu Sesse Seko (et assassin du juge Borrel) devient le premier flic du Sénégal, il est tout à fait normal et compréhensible que gorilles tirent à bout portant sur les manifestants qui ne demandent que l’assurance d’un lendemain meilleur. Décidément, la dernière sortie d’Abdoulaye Wade a étonné plus d’un, une sortie digne d’un spectacle de Gad El Maleh. Il est bien doué pour la comédie, notre guignol, pardon, le président que nous avons réélu en 2007.

One old Man Show : Papi Noël, quand tu nous divertis !

Voilà encore un des signes précurseurs de l’effondrement imminent du château de cartes sur lequel est à genoux le régime libéral. A l’heure où Sina Sidibé succombe aux balles de la répression, à l’heure où Kédougou sombre dans une violence aveugle pour devenir « une ville à feu et à sang », à l’heure où des jeunes menacent de transformer Kédougou en une Casamance bis, papi Noël est encore absent du territoire. Et que fait-il en ces durs moments de détresse ? Eh bien, figurez vous qu’il se pavane tranquillement dans les airs et dans les rues de Paris, comme à son habitude, en train de divertir les vautours de la génération du concret, regrettant amèrement son « bol de riz » que ses anciens collaborateurs auraient tenté de lui subtiliser… Même sa bonne humeur, Papi Noël préfère la réserver aux expatriés. En tout cas, ce n’est pas l’humour qui lui manque. En parlant d’ « hyène « et de « lion », Papi Noël reconnait que le Sénégal est devenu une vraie jungle où règne la loi du plus fort. Heureusement pour lui, il y a toujours une bande d’imbéciles inconscients, toujours prêts à applaudir à ses spectacles de divertissement. Papi, même un élève de CP comprend que ce bol de riz, vous le réservez à votre fils… Un bol de riz, voilà tout ce que notre cher Sénégal représente pour vous, Papi Noël. C’est l’unique raison pour laquelle après vous être bien régalé, vous jugez judicieux de passer le bol de riz à votre fils, pour qu’à son tour, il se remplisse le ventre, jusqu’à se rassasier. Soyez conscient que ce bol de riz, même l’âne de la république le mérite plus que votre fils. Il devrait donc y renoncer alors qu’il est temps. Figurez-vous que ce riz que vous êtes en train de cuisiner pour votre fils, c’est du riz de mauvaise qualité, un riz indigeste, amer, et difficile à avaler. Ne vous en faites pas, papi Noël, ce bol est trop précieux pour que nous le cédions au premier imbécile qui débarque de nulle part. Nous sommes prêts à défende ce bol jusqu’au dernier grain de riz.

« Je dirais à ta maman que tu as échoué, que tu auras échoué là où l’échec était plus difficile que la réussite. »

Ainsi s’exprimait Coumba Marguérite Fall, à propos du sommet de l’OCI sur lequel Papi Noël comptait pour propulser son fils au sommet de la république. Même Marwane Ben Yahmed a été déçu, lui qui pronostiquait sur la réussite du sommet pour nous vendre l’image du prince mal famé, en quête désespérée de légitimité et de reconnaissance. Bienvenue chez les loosers. Lorsqu’on n’est incapable de faire preuve d’originalité pour traiter un sujet de mémoire, évidemment, on a recours au plagiat… Nous préférons l’original à la copie. Permettez-nous tout de même, de souhaiter bon vent à votre fils, même s’il persiste à nous forcer à le supporter. Les personnes qui n’ont de passé n’intéressent pas la république que nous sommes. Papi Noël, la marchandise que vous voulez nous vendre est avariée ; pire, elle est nocive, voire toxique. Et le monde aura beau changer, les chats ne pondront pas.

Après les grands projets, place aux Très Grands Projets de monarchisation

Quand la monarchie inspire la république…


« Nous en avons suffisamment fait, les très grands projets » : permettez-moi de vous citer, Papi Noël. Encore merci pour la franchise. Pour ceux qui, comme vous, à cause de la maladie d’Alzheimer, ne se rappellent pas vos grands projets qui ont charcuté les institutions de la république les unes prés les autres, en voici un petit rappel : 14 remaniements constitutionnels en moins de huit ans, un sénat illégitime dont vous nommez 67 pour cent des membres ; une assemblée nationale soumise et dont vous venez de ‘décapiter’ le président rien que pour des règlements de comptes politiques, une police judicaire instrumentalisée et qui devient un vrai cauchemar pour les journalistes et honnêtes citoyens, une classe maraboutique devenue de vrais prostituées soumises, une justice très partisane qui vous donne carte blanche, qui valide toutes vos décisions par simple coup de téléphone, et j’en passe, la liste est loin d’être exhaustive. Ces grands projets vous ont permis de faire passer des lois sataniques comme la loi des imbéciles qui vient d’éventrer notre parlement fantôme où les députés font allégeance et jurent au nom du Père, du Prince et de la Sainte Vert. Vous avez aussi réussi à déstabiliser et discréditer toute candidature potentielle à la magistrature suprême, afin de faire place au fils biologique. Tous les concurrents ont été mis hors jeu. En un mot, les Très Grands Projets consistent à parachever le processus de monarchisation de la république, afin que le fils puisse succéder au père, comme le Togo l’a si brillamment réussi. Seulement, le Sénégal n’est pas le Togo, et Faure Gnassingbé est loin d’être votre fils. L’histoire politique du Sénégal retiendra les mésaventures du petit prince mal famé qui, perdu dans ses délires incontrôlés, voulait succéder à son père. Lorsqu’on croit au père Noël, on se croit même capable d’engendrer son géniteur. Eussiez-vous disposé de toute la richesse de Richard Attias ou des pétrodollars du Golf, votre coup d’Etat ne passera pas, en aucune manière. Nous préférons porter un âne à la tête de la république, plutôt que de céder devant la monarchie rampante.

Vive la Monarchie, et bonne année, Papi Noël.

Momar Mbaye

mbayemomar@yahoo.fr






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