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Le Président Abdou Diouf a eu tort d’instaurer le multipartisme intégral au Sénégal

Le journal français le monde, jugé très sérieux, dans sa livraison du 18 Décembre 2015, a donné une information faisant état d’un financement supposé de la campagne électorale de l’opposition en 2012 par Lamine DIACK ancien Président de l’IAAF à travers des fonds d’extraction russe. Selon la presse nationale, le journal le monde a obtenu cette information à partir du procès-verbal d’audition du juge d’instruction. Cette information, s’il est avéré qu’elle est extraite du procès-verbal du juge d’instruction est normalement frappée du sceau de la confidentialité. Donc, comment le journal le monde a-t-il pu être en possession de cette information ? Pourquoi a t’il décidé de la diffuser maintenant ? Qu’est-ce qu’il gagne en la diffusant ?


Rédigé par leral.net le Lundi 21 Décembre 2015 à 09:39 | | 2 commentaire(s)|

Ce qui est certain, la diffusion de cette information par le journal le monde a jeté le trouble sur la scène politique sunugalien. Pénible est de constater par le truchement des comptes rendus quotidiens de la presse que la corruption se développe de façon exponentielle et tentaculaire dans le monde en touchant pratiquement tous les secteurs.
Au Sénégal, pour stopper la progression de la corruption et ses effets néfastes sur les comportements et l’économie, l’Etat du Sénégal, sous l’impulsion du Président de la République M. Macky SALL a réactivé la Cour de Répression de l’Enregistrement Illicite (CREI) et mis en place l’Office National de Lutte contre la Corruption (l’OFNAC.)

En effet, les résultats respectifs obtenus par les deux instruments nationaux depuis leur mise place par l’Etat du Sénégal sont à tout point de vue appréciables mais discutables. Cependant, je tiens à souligner que parmi les prérogatives de l’OFNAC, il y a la déclaration de patrimoine dont les membres du gouvernement, responsables de budget sont assujettis. Cette disposition prérogative ou de compétence de l’OFNAC règle en amont le problème de l’enrichissement illicite des membres du gouvernement en exercice.

L’affaire Lamine DIACK ancien Président de l’IAAF nous renseigne sur un point important qui a été laissé en rade dans l’arsenal des moyens de prévention de la corruption : celui du financement des partis politiques. Sur ce, un obstacle de taille à la dimension du Kilimandjaro se dresse sur le chemin du financement des partis politiques. C’est le nombre pléthorique et incalculable de partis politiques qui dépasserait deux fois cent partis politiques. Or avec un nombre aussi important de partis politiques qui pullulent comme des champignons, il est impossible de mettre en place un système de financement cohérent sans au préalable assainir le milieu en revoyant les conditions d’attribution de récépissé aux partis politiques.

A mon humble avis, l’instauration du multipartisme intégral par l’ancien Président de la République M. Abdou DIOUF dans les années 80 a marqué le début du chaos dans la scène politique. Et pourtant, certains hommes politiques nous ont souvent présenté le multipartisme intégral comme un signe de vitalité de notre démocratie. Naturellement, il est important de souligner que cette perception a été fortement influencée par l’environnement politique régional et sous régional africain de l’époque d’avant et d’après les années 90 marqué par la dictature et les partis uniques.

Concernant le droit à la création de parti politique, j’estime que l’importance ne se trouve pas dans le fait d’avoir ce droit de créer son propre parti politique mais plutôt dans le fait de ce qu’on en fera de son parti politique, une fois qu’il aura été créé. Pour moi, le multipartisme intégral ne peut être considéré comme un élément de mesure crédible de la qualité de l’état de notre démocratie.

De nos jours, certains partis politiques sont transformés par leurs leaders en bouclier contre les poursuites judiciaires de l’Etat ou en moyens d’ascension sociale par le biais de la pseudo- association de forces électorales. Devant conquérir le pouvoir conformément à leur mission première et naturelle, force est de constater que certains partis politiques ont simplement renoncé à leurs ambitions premières de conquérir le pouvoir en devenant d’éternels partis de soutien changeant constamment de fusil d’épaule en fonction de leurs intérêts personnels de parti ou de quelques membres du parti.

Bref ! En laissant à chacun le droit de créer son parti politique, l’ancien Président de la République M. Abdou DIOUF a créé l’anarchie sans le vouloir. Je pense qu’il a eu tort d’instaurer le multipartisme intégral au Sénégal sans penser à l’encadrer. En résumé, qu’est-ce que ce multipartisme intégral nous a apporté depuis qu’il a été instauré dans les années 80 ? Une pléthore de partis politiques sans lendemains, une augmentation des charges et de difficultés pour organiser les élections, un manque de visibilité du paysage politique et la mort des idéologies relatives à la gouvernance républicaine.

Mais à la décharge de l’ancien Président de la République M. Abdou DIOUF, croyant bien faire, il s’est lourdement trompé, je crois sincèrement de bonne foi, en instaurant le multipartisme intégral au Sénégal.

De 1960 aux années 90 dans un continent africain dominé par les régimes politiques de partis uniques, sous le génie politique et l’impulsion de l’ancien Président de la République M. Léopold Sedar SENGHOR, le Sénégal, des 1974, a instauré, lui seul en Afrique le multipartisme sur la base de l’idéologie politique encadrée : socialisme, libéralisme et de communisme.

Sur le chapitre du financement des partis politiques au Sénégal, si l’ancien Président de la République M. Abdou DIOUF n’avait pas instauré le multipartisme intégral, au jour d’hui, on n’aurait pas assisté à cette situation chaotique de pléthore de partis politiques dont certains n’existent que nom, du coup, il serait plus facile d’envisager la question présentement, avec moins de difficultés. Désormais, créer un parti politique est un droit politique acquis depuis les années 80. En le rappelant, je voudrai juste souligner la difficulté qui existe à remettre en cause ce droit sans soulever un tollé de protestation du peuple des politiciens.

Le financement supposé de la campagne électorale de l’opposition en 2012 par Lamine DIACK ancien Président de l’IAAF a laissé pantois plus d’un Sénégalais du fait de l’effet de surprise mais aussi et surtout du fait que la plus part d’entre nous l’avaient placé sur un piédestal. Lamine DIACK, un homme hors de soupçon ! Un homme parfait, incapable de corruption !

En mettant en cause l’opposition d’hier (de 2012) au pouvoir au jour d’hui, (depuis 2012) certains hommes politiques pensent que c’est l’image du Sénégal qui a pris un sacré coup sur la tête avec des implications de perception négatives sur la façon dont désormais les autres nous regarderaient. Ce que je crois, la façon dont nous nous regardons entre citoyens sénégalais est beaucoup plus importante que la façon dont les autres nous regardent sous l’aune de leurs intérêts.

Et paradoxalement, nous nous sommes toujours considérés comme les meilleurs en Afrique et dans le monde. Je ne voudrai pas commettre l’erreur de dire « que nous sommes un peuple béni de Dieu » ; mais que nous sommes un peuple d’exceptions ou exceptionnel par le fait que nous avons un pays qui s’appelle le Sénégal où chrétiens et musulmans vivent en parfaite harmonie où il n’y a jamais eu de coup d’Etat militaire où nous avons enregistré deux alternances politiques pacifiques à la magistrature suprême. Que sais-je encore !

Enfin, pour terminer, sur la question de financement supposé de l’opposition de 2012 par Lamine DIACK ancien Président de l’IAAF, je voudrai souligner avec force à ce que je sache, le pouvoir du Président Macky SALL ne lui a pas encore renvoyé l’ascenseur au cas où les allégations qu’on lui a prêté indirectement auraient été vraies. Comme vous le savez, l’objectif recherché par ceux et celles qui soutiennent les campagnes électorales, c’est de bénéficier en retour des avantages et des privilèges en échange. Sur ce plan, je ne pense pas que notre pays soit pris en otage par ceux ou celles qui auraient soutenu la campagne électorale de l’opposition en 2012 au pouvoir depuis 2012.

Baba Gallé DIALLO
Réalisateur
Email : bbgd70@yahoo.fr
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