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Le Président nigérien Mahamadou Issoufou affirme avoir déjoué un coup d'État

le 18 Décembre 2015 à 09:35 | Lu 850 fois

Une tentative de putsch a été déjouée au Niger, a annoncé jeudi à la télévision nationale le président Mahamadou Issoufou, qui briguera un deuxième mandat lors de la présidentielle prévue en février 2016.


Le Président nigérien Mahamadou Issoufou affirme avoir déjoué un coup d'État

 

Un coup d'État a-t-il été évité au Niger ? C’est ce qu’a affirmé le président nigérien Mahamadou Issoufou, au cours d'une allocution à la télévision nationale, jeudi 17 décembre, pour justifier une vague d'arrestations de militaires à travers le pays.

"Le gouvernement vient de déjouer une tentative malheureuse de déstabilisation des institutions", a déclaré le président dans un message traditionnel diffusé à la veille des cérémonies de l'indépendance du pays.

Vague d'arrestations

Les réseaux sociaux et la presse locale avaient évoqué lundi des arrestations de militaires, informations qui n'avaient jusqu'à présent pas été confirmées par les autorités.

"L'objectif de ces individus animés par je ne sais quelle motivation était de renverser les institutions démocratiquement élues en utilisant les moyens mis à leur disposition par le peuple pour assurer sa sécurité", a ajouté Mahamadou Issoufou. Ces derniers "envisageaient notamment d'utiliser la puissance de feu des moyens aériens", a-t-il précisé.

Un "funeste complot contre la sûreté de l'État"

Cette annonce intervient moins de trois mois d’une élection présidentielle qui doit se tenir le 21 février 2016. Candidat à sa propre succession, Mahamadou Issoufou, élu en 2011, briguera un second mandat lors de ce scrutin.

"Alors que toutes les institutions, qui en ont la charge préparent activement les élections afin que le peuple nigérien puisse faire son arbitrage dans la transparence, une poignée d'individus qui ont la tête dans les années 1960 ont décidé de substituer leur propre arbitrage à celui du peuple souverain", a ajouté le président nigérien.

"Les principaux auteurs de cette folle aventure ont pu être tous identifiés et arrêtés à l'exception d'un seul en fuite. La situation est calme et sous contrôle, l'enquête en cours permettra d'identifier les autres acteurs et complices éventuels de ce funeste complot contre la sûreté de l'État", a-t-il conclu.

Tensions entre le pouvoir et l’opposition

Parmi les personnes arrêtées selon la presse et les réseaux sociaux figurent le général Souleymane Salou, 62 ans, ancien chef d'état-major des armées sous le régime militaire du Général Djibo Salou (2010), auquel Mahamadou Issoufou avait succédé au pouvoir, le lieutenant-colonel Idi Abdou Dan Haoua, commandant de la base aérienne de Niamey et le Commandant Naré Maidoka, chef du 1er bataillon d'artillerie de Tillabéri, une ville située à une centaine de km à l'ouest du pays et proche de la frontière avec le Mali.

En 2011, le président Issoufou avait déjà annoncé dans un message à la nation avoir déjoué un coup d'État. Selon les autorités, dix militaires dont des officiers avaient alors été arrêtés pour "tentative de renversement du régime" et "tentative d'assassinat du chef de l'État".

Les relations sont tendues entre le pouvoir et l'opposition  à l'approche des élections de février. Mardi, l'opposition a suspendu sa participation au comité sur l'audit du fichier électoral réclamant des experts internationaux et critiquant les délais trop courts. En août, l'opposition avait rejeté le calendrier fixé par la commission électorale, dénonçant une absence de "consensus". Elle avait auparavant critiqué la Cour constitutionnelle, qui valide les candidatures et les résultats des élections, pour son "allégeance" au président.

En outre, les opposants accusent le président Issoufou de provoquer des scissions au sein de leurs formations pour assurer sa réélection, alors qu'un des principaux opposants Hama Amadou, candidat à la présidentielle, est emprisonné depuis son retour au Niger il y a trois semaines. Il est accusé de trafic présumé de bébés avec le Nigeria mais l'opposition dénonce un "procès politique".

Avec AFP