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Le Ps et la prochaine Présidentielle : Ousmane Tanor Dieng à la croisée des chemins

Longtemps adulé, Ousmane Tanor Dieng fait face, depuis quelques temps, à des critiques sur sa gestion du Ps. La pomme de discorde : la candidature du parti à la prochaine élection présidentielle. Certains estiment qu’il est temps de trancher le débat.


Rédigé par leral.net le Samedi 25 Juillet 2015 à 09:10 | | 4 commentaire(s)|

Est-ce le début de l’implosion au Parti socialiste ?

Depuis quelques temps, des voix s’élèvent pour critiquer ouvertement la gestion de cette formation politique par l’actuel Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng. Longtemps adulé par ses camarades de parti, le maire de Nguéniène est de plus en plus poussé vers la sortie. La pomme de discorde ? La candidature du parti à la prochaine élection présidentielle. Pour le Secrétaire général, « la question de la candidature sera vidée au moment opportun ».

C’est ainsi qu’il avait réagi, il y a quelques jours, sans doute pour couper court au débat. Même si OTD laissait également croire à une éventuelle candidature des Socialistes au prochain scrutin présidentiel à l’occasion de la mise en place du nouveau Comité central au mois de décembre dernier. « Le but de tout parti politique est de conquérir le pouvoir...Le Ps fera tout pour revenir au pouvoir », disait-il, lors de cette rencontre.

Propos qu’il a répétés tout dernièrement, à l’occasion d’une rencontre à la Maison du parti, sous les applaudissements des camarades. Sauf que ces gages du Secrétaire général n’ont pas convaincu. Certains perdent patience au fur et à mesure qu’approche le scrutin présidentiel. Ils estiment qu’il est temps que le parti tranche officiellement le débat. Le suspense a trop duré à leurs yeux.

«Le Parti socialiste doit impérativement vider la question liée à la candidature du parti... Il le faut et c’est nécessaire. Il ne faut pas que les gens fuient le débat. Le fait de mettre de côt́é cette question va nous permettre de savoir sur quel pied danser surtout que nous devons aller sur le terrain et participer à la massification de nos rangs», soutient Aliou Ndoye, le maire de Dakar plateau par ailleurs Secrétaire à l’Education et à la Formation au Ps.

D’autres vont plus loin, en demandant le départ d’Ousmane Tanor Dieng de la tête du parti. «Ousmane Tanor Dieng doit quitter la tête du Ps », martèle sans ambages, le député-maire de Dalifort, Idrissa Diallo.

Selon lui, c’est la première fois, depuis l’indépendance, que le Ps perd le département de Mbour ; ajoutant qu’à la place du Secrétaire général, il aurait cédé la place. «Quand Ousmane Tanor Dieng commence à perdre sa base, c’est inquiétant pour le parti », explique-t-il.

Le maire de la Médina, Bamba Fall a également une position très tranchée. «Je ne crois plus en Ousmane Tanor Dieng. Il ferme les yeux lorsque le pouvoir met les bâtons dans les roues du PS », affirmait ce proche du maire de Dakar, Khalifa Sall. Bamba Fall pense qu’avec l’affaire de l’emprunt obligataire de la ville de Dakar, Tanor aurait dû faire face à Macky et exiger que Khalifa Sall obtienne gain de cause.

Le cas Aissata Tall Sall

« Il (Ousmane Tanor Dieng) devrait se montrer plus solidaire avec les membres du Ps en proie à des difficultés notamment vis-à-vis du pouvoir », poursuit-il, en déplorant la discipline de parti qui fait défaut. « Le parti parle de manière discordante à l’Assemblée nationale, sans pour autant établir une ligne de conduite concertée », déplore le maire de la Médina. Il est catégorique s’agissant de la candidature du maire de Dakar à l’élection présidentielle. « Khalifa Sall sera candidat », assène-t-il.

Même Barthélémy Dias, connu pour sa proximité avec l’édile de Nguéniène, a récemment levé un coin du voile concernant le débat sur la candidature du Ps à l’élection présidentielle: « Si Dakar propose un candidat au parti, je soutiendrais ce candidat », soutient-il. Lui aussi pense que l’heure est venue de trancher.Il faut souligner que Bamba Fall, Idrissa Diallo et Alioune Ndoye sont réputés être proches de Khalifa Sall.

Les trois maires étaient tous membres de la coalition « Takhawou Ndakaru » formée par le maire de la ville de Dakar, lors des dernières élections locales. De là à insinuer que c’est Khalifa Sall qui tire les ficelles, il y a un pas que les analystes n’ont pas encore franchi.

Énigme

Ces critiques contre le Secrétaire général du Ps interviennent dans un contexte de tension entre la mairie de Dakar Plateau et les marchands ambulants d’une part et d’autre part entre la mairie de Mermoz Sacré Cœur et les propriétaires des panneaux publicitaires. Des tensions qui ont valu des convocations devant la justice aux maires Barthélémy Dias et Alioune Ndoye. Ce que l’édile de Sacré Cœur a qualifié de complot politique.

L’autre évènement qui a mis à nu les profondes divergences au sein du Ps constitue le vote, il y a quelques jours, de la loi fixant à 15 le nombre de députés nécessaire pour former un groupe parlementaire. Un vote qui a vu le Ps se diviser en deux camps avec un groupe qui a voté pour et un autre qui a voté contre. Une situation qui en dit long sur la discipline de parti. Récemment, le porte-parole du Ps, Abdoulaye Wilane, a dû monter au créneau pour remettre les pendules à l’heure face à certaines déclarations jugées en déphasage avec la ligne de conduite du parti.

« Le seul habilité à parler en toutes circonstances au nom du parti, c’est notre Secrétaire général Ousmane Tanor Dieng. En dehors de lui, il y a les instances régulières qui fournissent les points de vue que le porte-parole que je suis porte à la connaissance des Sénégalais », soulignait-il.

Cette réaction du maire de Kaffrine faisait suite à une sortie au vitriol du Mouvement Jeunesse pour le Socialisme et la Démocratie contre l’actuel régime.

Il y a enfin, le cas Aissata Tall Sall qui s’est mise en marge du parti depuis le dernier congrès qui a permis de prolonger le bail d’Ousmane Tanor Dieng à la tête de cette formation. La mairesse du Podor, devenue un véritable électron libre, n’assiste même plus aux réunions de sa formation politique.

A la tête du Ps depuis bientôt 20 ans, Ousmane Tanor Dieng a, jusque-là, réussi à préserver le parti d’une implosion ; en dépit des crises qui l’ont secoué par le passé (départs de Djibo Ka, Moustapha Niasse, Mbaye Jacques Diop, Robert Sagna, etc.). Réussira-t-il une fois de plus à sauver l’unité du parti ?

C’est toute l’énigme.

Le Soleil






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