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Le Salvador veut croire à la paix des gangs

le 23 Juillet 2012 à 14:02 | Lu 383 fois

Le nombre d'assassinats a été divisé par trois après un accord controversé entre les deux principales bandes rivales.


Le Salvador veut croire à la paix des gangs
Il s'appelle Viejo Lin - le «Vieux Lynx». Il a gagné son surnom à l'âge de 8 ans dans les rues de Los Angeles. Aujourd'hui, à 50 ans, il est considéré comme le chef de la mara 18, forte de plusieurs dizaines de milliers de membres au Salvador. Les crimes les plus horribles lui sont attribués. Incarcéré, il a été condamné en 2008 à quarante ans de prison pour le meurtre et la décapitation d'une femme. «Je ne la connaissais même pas. En plus, le tronc a été retrouvé sur le territoire de la Salvatrucha. Comment j'aurais laissé un tronc en territoire ennemi?» interroge-t-il.

Passionné d'histoire de France, Viejo Lin, de son vrai nom Carlos Mojica, préfère parler de De Gaulle que des activités délinquantes de sa pandilla. La violence et la cruauté des deux principales maras du Salvador, la 18 et la Salvatrucha, ont fait de ce pays l'un de ceux où on enregistrait, il y a encore quelques semaines, le plus d'assassinats au monde. Car depuis le mois de mars, le nombre de morts violentes a été divisé par trois. On est passé de quinze assassinats par jour à cinq, grâce à un «accord de paix» entre les deux «pandillas». Soit quelque 300 vies sauvées chaque mois. Entre 2002 et 2011, le nombre annuel d'assassinats était passé de 2346 à 4374 malgré les plans de répression de plus en plus durs adoptés par le pouvoir. La population carcérale a, elle, plus que doublée, passant de 11.451 en 2003 à 25.400 en 2011.

Le ministre de la Justice et de la Sécurité, David Munguia Payés, assure que son gouvernement n'a pas négocié directement avec les bandes. «Le gouvernement a tout fait pour faciliter le dialogue sans jamais renoncer à poursuivre les délinquants.» Et si les autorités ont autorisé le transfert des chefs mareros dans des prisons à la sécurité plus allégée, «cela s'est fait dans le cadre strict de la loi, pour leur permettre de communiquer plus facilement les ordres à leurs troupes», alors qu'une telle transmission est impossible dans les prisons de haute sécurité.