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Le Sénégal, Quatre leviers stratégiques pour relancer le secteur touristique

Rédigé le Samedi 26 Janvier 2013 à 01:53 | | 1 commentaire(s)

Le tourisme peut contribuer à la réalisation des objectifs économiques, mais aussi sociaux et environnementaux d’une nation. Ainsi, le tourisme, particulièrement dans un pays à tradition touristique comme le Sénégal, peut avoir des effets particulièrement bénéfiques sur l’emploi et la croissance économique. Dans les pays à tradition touristique, il ne faut pas douter de l’importance stratégique d’une politique du tourisme. Il s’agit donc de garantir des conditions-cadre favorables au développement positif du secteur. Des mesures d’incitation sont nécessaires de la part de l’Etat, notamment à cause des échecs de marché et des coûts de transaction élevés dans la production et de la commercialisation touristique.



Le Sénégal,  Quatre leviers  stratégiques  pour relancer le secteur touristique
La politique du tourisme a besoin aujourd’hui d’une stratégie claire et autonome, qui fixe des principes de planification et de développement. Ces principes doivent permettre la mise en place des conditions-cadre, et d’un véritable programme d’encouragement, stimulant et soutenant les initiatives opérationnelles de l’économie privée. Ainsi, il est impératif de soutenir l’innovation et la coopération, notamment au niveau de la promotion touristique.
Objectifs d’une nouvelle politique du tourisme

Il est primordial pour un pays comme le Sénégal d’avoir une politique du tourisme explicite. Or, dans l’intérêt de laisser jouer la concurrence librement et de laisser le marché s’autoréguler, cette politique doit se limiter à l’amélioration des conditions générales de la branche, et à l’encouragement touristique. L’objectif premier de cette nouvelle politique du tourisme doit être l’augmentation de la compétitivité de la destination.
La base de la politique sénégalaise du tourisme se trouve dans la conception même du tourisme.
Cette conception que souligne le rapport sur les assises du secteur (2002) a fourni les bases de la politique du tourisme pour deux décennies. Or, avec les changements technologiques et économiques de ces dernières années, il est devenu nécessaire de remodeler la politique du tourisme.
La nouvelle politique du tourisme sénégalaise doit impérativement prendre en compte de nouveaux stratégies et instruments que nous déclinerons suivants quatre leviers.
1- Créer des conditions favorables
Travailler pour une meilleure acceptation du tourisme: l’attitude de la population autochtone est un élément essentiel de la qualité du produit touristique. Il s’agit d’encourager les Sénégalais à surmonter l’attitude critique qu’ils peuvent avoir face au tourisme.
Favoriser l’innovation: s’adapter aux nouveaux défis de la concurrence internationale nécessite des moyens financiers pour la recherche et le développement, et pour le conseil aux entreprises touristiques. Il faut rajeunir l’offre et relancer la demande par un comportement novateur.
Améliorer les conditions-cadre internationales: il faut défendre les intérêts du Sénégal sur la scène internationale, notamment en encourageant la libéralisation du tourisme, et en empêchant par exemple les restrictions de devises et développer une politique intelligente de réciprocité des visas d’entrées. Il faut en outre faciliter les transferts de capitaux et les investissements, tout en collaborant avec les autres pays de la sous-région.
2- Renforcer la présence sur le marché
Renforcer l’image de marque du Sénégal : stimuler la demande grâce à des efforts de communication. L’image de marque est un gage de qualité pour le visiteur. Les prestataires de services sont appelés à coopérer sous la bannière de la destination, unité concurrentielle du tourisme. Développer des produits stratégiques: il s’agit de franchir le pas de la prestation individuelle vers les produits intégrés, agissant sous l’égide de la destination, tout en suivant l’évolution de la demande.
Améliorer la qualité des prestations: les prix des prestations touristiques au Sénégal sont relativement élevés. Il faut alors garantir une qualité de haut niveau pour assurer un excellent rapport qualité/prix. De nouveau, il faut dépasser la qualité individuelle pour focaliser sur la qualité globale de la destination.
Promouvoir l’utilisation de la télématique: assurer la présence du Sénégal sur les marchés électroniques, notamment Internet. Il faut promouvoir la destination de manière à ce que le client puisse à tout moment et depuis n’importe où accéder à des informations précises sur le tourisme du pays.
3-Améliorer l’attrait de la destination
Développer le capital humain: avec la création des écoles du tourisme et d’un diplôme de spécialiste en tourisme, les jeunes peuvent aujourd’hui se spécialiser dans le secteur. Il est primordial d’améliorer l’image et le prestige de ces formations afin d’assurer l’avenir de la branche.
Attirer une main d’œuvre motivée: vu les conditions de travail difficiles et les salaires souvent médiocres, les demandeurs d’emplois sont trop peu nombreux. Or, dans l’intérêt d’une culture de service indigène, il est important de rationaliser les travaux répétitifs et ennuyeux et d’améliorer l’image du secteur pour augmenter la part de la main d’œuvre.
Promouvoir le changement structurel dans le domaine de l’hébergement: donner à l’hôtellerie des moyens en terme de conseil d’entreprise, favoriser la rationalisation et la collaboration, pour améliorer la rentabilité de la branche.
Revaloriser l’infrastructure: le haut niveau de développement des infrastructures est l’un des atouts des pays qui réussissent dans le domaine. Il importe de maintenir et d’améliorer l’infrastructure existante.
Organiser le territoire, et assurer une exploitation durable de celle-ci: garantir la sauvegarde des paysages, qui sont le principal atout du tourisme sénégalais. La qualité de l’environnement doit devenir un pilier fondamental de l’offre touristique.
4-L’encouragement touristique
L’Etat peut contribuer activement à la création et au maintien de réels avantages concurrentiels dans le domaine du tourisme. Pour ce faire, il importe de faire une promotion efficace des destinations sénégalaises, et de renforcer la coopération, non seulement au niveau du marketing, mais aussi au niveau du développement des produits eux-mêmes. L’offre ne peut être complètement réinventée, étant donné que l’image, les installations et équipements, et le réseau organisationnel sont en place
depuis longtemps. Or, il est possible de repositionner le Sénégal comme une destination unique en son genre et de développer de nouveaux produits (ensemble de prestations de service).
Ce repositionnement passe nécessairement par l’innovation, au niveau de la palette des prestations, mais aussi au niveau de la communication marketing. La coopération entre prestataires, sous l’emblème de la destination, est également une nécessité. Ainsi, la coopération horizontale peut conduire à des économies d’échelle, donc à des baisses des coûts et des prix, et la coopération verticale à une convergence vers les objectifs de la destination. L’offre de la destination Sénégalaise est souvent considérée en partie vieille, ennuyeuse et dépassée, d’où l’importance d’une adaptation des produits aux nouvelles conditions du marché, afin d’améliorer sa compétitivité.
Conclusion
Le Sénégal doit continuer à garantir le plus haut niveau de qualité possible, dans tous ses produits. On ne peut réinventer le tourisme du pays, puisque les avantages comparatifs demeurent: un paysage idyllique, une infrastructure attrayant, un environnement préservé et un personnel hautement qualifié.
Dans cette situation, il est essentiel de soutenir des projets novateurs et d’encourager la collaboration entre entreprises touristiques. A ce titre, la déclinaison intelligente du concept de « Disso » cher à notre Ministre du tourisme pourrait être porteuse de valeur ajouté.Dans une prochaine intervention, nous reviendrons sur les instruments de relance de notre politique touristique.
Dr Bassirou NIANG, Doctorat en Sciences de Gestion-DRH SAPCO-Sénégal, Enseignant vacataire à l’université de THIES




1.Posté par professeur le 26/01/2013 08:41 | Alerter
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Il faut arreter la corruption c'est le premier frein du tourisme.
Il faut virer les policiers de la rue et les gendarmes et mettre des gens former à verbaliser, ainsi l'état gagnerait bcp d'argent et le gens feraient plus attention et les policiers et gendarmes iraient traquer les voleurs

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